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par
Tom Gurney BSc (Hons) est spécialiste de l’histoire de l’art depuis plus de 20 ans
Page créée le 22 septembre 2026 / Mise à jour le 22 septembre 2026
E-mail: tomgurney1@gmail.com / Téléphone: +44 7429 011 000

Portrait d’homme à la sanguine (autoportrait présumé) de Léonard de Vinci

Portrait d’homme à la sanguine (autoportrait présumé) est le titre français retenu ici pour le dessin à la sanguine de la Biblioteca Reale de Turin, largement connu comme l’autoportrait de Léonard de Vinci. C’est l’une des images les plus reconnaissables associées à son nom : un homme âgé aux longs cheveux, à la barbe flottante, aux yeux enfoncés et à l’expression sévère et intériorisée. Le dessin est devenu presque indissociable de l’idée populaire de Léonard comme vieux maître, inventeur et philosophe.

Les sources institutionnelles soutiennent le titre traditionnel sans exclure la prudence. Les Musei Reali présentent la feuille sous le nom d’Autoritratto, ou Autoportrait, et les documents d’une exposition récente la décrivent comme le célèbre autoportrait de Léonard, réalisé dans ses dernières années [1]. Une présentation des dessins de Léonard à la Biblioteca Reale publiée par le Ministero della Cultura précise que le visage d’un vieil homme est considéré comme son autoportrait [4]. La tradition est forte, mais l’identité du modèle ne doit pas être traitée comme un fait documentaire définitivement établi.

Cette page suit donc le titre établi tout en qualifiant l’identification. Le dessin est connu comme l’autoportrait de Léonard et a façonné la manière dont des générations se représentent l’artiste âgé. Il ne faut pourtant ni le considérer comme une preuve certaine de son apparence exacte ni comme un portrait pris sur le vif dont les circonstances seraient directement attestées.

En bref

  • ArtisteLéonard de Vinci
  • Titre courantPortrait d’homme à la sanguine (autoportrait présumé)
  • Connu commeAutoportrait de Léonard / Autoritratto
  • Identité du modèleTraditionnellement identifié ou considéré comme l’autoportrait de Léonard ; non démontré avec certitude
  • Date1517/1518 ou vers 1517-1518
  • TechniqueSanguine sur papier
  • Inventaire15571 D.C.
  • Lieu de conservationMusei Reali, Biblioteca Reale, Turin
  • PrésentationŒuvre fragile sur papier ; expositions ponctuelles seulement

Sommaire

  1. Présentation
  2. En bref
  3. Le dessin connu comme l’autoportrait de Léonard
  4. L’objet et la Biblioteca Reale
  5. Identité connue, traditionnelle ou présumée
  6. Vieillesse et Amboise
  7. Sanguine et caractère
  8. Fragilité, expositions et reproductions
  9. Réception et naissance d’une icône
  10. Pourquoi le portrait compte
  11. Détails commentés

Détails commentés du Portrait d’homme à la sanguine

La vue commentée maintient la prudence envers l’identification traditionnelle comme autoportrait tout en attirant l’attention sur l’arcade sourcilière, la barbe, le travail à la sanguine et les contours inachevés du vieil homme.

Vue commentée du Portrait d’homme à la sanguine avec quatre détails repérés 1 2 3 4

Détails du PORTRAIT D’HOMME À LA SANGUINE

Ces détails orientent l’observation du dessin tout en distinguant l’objet, les reproductions et l’identification traditionnelle comme autoportrait.

1

Yeux et sourcils

Les yeux et les sourcils donnent au dessin son intensité et nourrissent l’identification traditionnelle sans la prouver.

Détail des yeux et des sourcils du Portrait d’homme à la sanguine
2

Longue barbe

La barbe transforme la tête en étude de l’âge, du trait et du mouvement descendant.

Détail de la longue barbe du Portrait d’homme à la sanguine
3

Surface à la sanguine

Les lignes interrompues de sanguine et la teinte du papier contribuent à l’autorité visuelle du dessin.

Détail de la surface à la sanguine du Portrait d’homme
4

Épaule et bord inférieur

La partie inférieure montre combien peu de traits suffisent pour suggérer buste, posture et rotation de la tête.

Détail de l’épaule et du bord inférieur du Portrait d’homme à la sanguine

Le dessin de la Biblioteca Reale

Le dessin appartient à la Biblioteca Reale de Turin, qui fait partie des Musei Reali. L’exposition de 2024 des Musei Reali, L’autoportrait de Léonard : histoire et actualité d’un chef-d’œuvre, plaça la feuille au centre d’une présentation consacrée à son histoire, à sa célébrité et aux recherches toujours en cours [1]. Les documents qui l’accompagnent identifient l’objet comme l’Autoritratto de Léonard de Vinci, le datent d’environ 1517-1518, indiquent la sanguine sur papier comme technique et donnent le numéro d’inventaire 15571 D.C. [2].

Ces précisions situent la feuille dans une collection déterminée plutôt que dans une légende vague. C’est une œuvre fragile sur papier conservée dans une bibliothèque royale, dotée d’une référence d’inventaire exacte et soumise aux contraintes propres aux œuvres sur papier. On peut la rapprocher du dessin de paysage de Santa Maria della Neve, autre exemple de cette catégorie matérielle.

La technique joue un rôle central dans l’effet produit. La sanguine permet un trait chaud, interrompu, capable d’évoquer peau, cheveux, ombre et âge sans la densité de la peinture. Le visage barbu se construit par des marques fermes mais économes. Cheveux et barbe s’étendent en lignes agitées, tandis que le visage tient par l’arcade sourcilière lourde, le nez, les yeux et la bouche serrée. La feuille a l’autorité d’une image achevée tout en gardant l’immédiateté du dessin : la tête semble faite de pensée autant que de chair.

Des données publiques d’objet liées aux Musei Reali datent la feuille de 1517/1518 et décrivent la technique comme sanguine sur papier avec des traces de pierre noire [5]. La même datation tardive apparaît dans les documents de l’exposition de 2024, qui relient le dessin aux dernières années de Léonard en France, à Amboise, dans l’entourage de François Ier [1]. Des présentations plus anciennes ont parfois retenu une plage plus large, vers 1510-1515 ; sauf examen plus complet du catalogue justifiant un élargissement, les documents institutionnels actuels font de 1517-1518 la datation publique la mieux étayée.

Le numéro d’inventaire aide lui aussi à ancrer la discussion. Les documents de presse des Musei Reali identifient la feuille sous le numéro 15571 D.C. [2]. Ce détail peut sembler technique, mais il importe pour un dessin entouré de légendes. Il rappelle qu’il s’agit d’une feuille précise dans une collection précise, et non d’une simple image circulant dans les livres d’histoire de l’art et les reproductions en ligne.

La feuille est petite : les données d’objet communément citées lui donnent environ 33,3 × 21,3 centimètres. Cette échelle compte, car il s’agit d’une œuvre intime sur papier et non d’un grand portrait officiel. Sa monumentalité vient de la puissance de la tête et de l’histoire de sa réception, pas de sa taille physique.

Connu comme l’autoportrait de Léonard

Le nom célèbre façonne la perception de la feuille. Lorsqu’on l’aborde comme un autoportrait de Léonard, le front plissé, la longue barbe et le regard sévère peuvent sembler autobiographiques. Cette réaction contribue à la puissance moderne du dessin, mais peut aussi lui faire dire davantage que les preuves n’autorisent.

Les Musei Reali et les documents institutionnels associés présentent l’œuvre comme l’autoportrait de Léonard [1] [2] [5]. Le contexte de collection fourni par le Ministero della Cultura est plus réservé : il décrit le visage du vieil homme comme étant considéré comme son autoportrait [4]. Les deux formulations peuvent coexister : l’identité traditionnelle est centrale dans la réception du dessin, sans valoir pour autant identification documentaire assurée.

L’expression « connu comme l’autoportrait de Léonard » est donc importante. Elle reconnaît le titre et la longue tradition institutionnelle, tout en évitant l’affirmation plus forte selon laquelle la feuille serait un relevé vérifié du visage de l’artiste.

Cela ne diminue pas l’importance du dessin. Au contraire, cette tension le rend plus intéressant. L’œuvre n’est pas seulement une possible ressemblance de Léonard ; elle est aussi une image à travers laquelle sa légende s’est construite. Le visage du vieil homme est devenu une sorte de raccourci visuel pour l’esprit de la fin de la Renaissance : analytique, las, sévère, imaginatif et distant. Que l’on accepte ou non l’identification du modèle avec Léonard, le dessin a contribué à façonner son image mentale.

Cette distinction protège aussi Léonard d’une autre simplification. Le public contemporain souhaite souvent un visage unique, un récit unique et une réponse nette. Les traces conservées de sa carrière ne se prêtent pas toujours à cette clarté. Peintures inachevées, carnets dispersés, commandes incertaines, copies postérieures et œuvres dont le sens a évolué la composent. Le portrait à la sanguine appartient à ce monde complexe. Il offre une image porteuse de l’identité de Léonard depuis des siècles ; le récit le plus solide admet cependant l’interaction entre identité, attribution et réception. Voir aussi ses dessins.

Le titre Autoportrait agit donc à deux niveaux. C’est un titre muséal et de réception, le nom sous lequel l’œuvre est largement reconnue. C’est aussi une affirmation sur le modèle, et ce second niveau demande davantage de retenue. On peut garder visible le nom familier tout en aidant le lecteur à l’employer avec discernement. Il ne s’agit pas d’effacer le titre célèbre, mais d’apprendre à en mesurer la portée.

Une image de la vieillesse dans le contexte d’Amboise

L’exposition des Musei Reali de 2024 associa le dessin aux dernières années de Léonard, plaçant son exécution vers 1517-1518 et la reliant à son séjour à Amboise auprès de François Ier [1]. Ce contexte attire parce qu’il situe la feuille près de la fin de sa vie, après Florence, Milan et Rome, et après des décennies de déplacements entre commanditaires, cours, ateliers et projets inachevés.

Léonard mourut en France en 1519. Un dessin daté de 1517-1518 appartiendrait donc à l’ultime période de sa carrière. Il ne faut pas tirer des sources une scène sentimentale où le vieil artiste étudierait son propre visage, à moins qu’une preuve directe ne l’étaye. On peut dire plus sûrement que cette datation tardive renforce le lien de la feuille avec l’image de Léonard âgé.

Le dessin lui-même favorise cette association. La tête n’est ni jeune ni idéalisée. L’arcade est lourde, la bouche s’abaisse et la barbe crée une présence solennelle, presque prophétique. Le visage est légèrement tourné au lieu d’être présenté de face. Les yeux ne rencontrent pas simplement le spectateur avec aisance sociale ; ils paraissent regarder depuis une certaine distance.

Cette distance a contribué à rendre le dessin emblématique. Elle invite à imaginer un vieux Léonard retiré dans ses pensées. Mais le même effet demande de la prudence. Un dessin peut produire une intensité psychologique sans être une autobiographie littérale. Léonard maîtrisait l’étude des têtes, des expressions et des types humains. La force de cette feuille tient en partie à l’ambiguïté : elle semble personnelle tout en appartenant à une culture plus large de l’étude physionomique, des têtes de vieillards et du dessin expressif.

Le cadre d’Amboise exerce lui aussi une forte attraction narrative. Dans les dernières années de sa vie, Léonard n’était plus le jeune apprenti florentin ni l’artiste de cour ambitieux de Milan. C’était un artiste âgé dont la réputation, les carnets et les projets inachevés s’étaient accumulés pendant des décennies. Il est tentant de lire le dessin comme un résumé de cette vie. Un récit prudent peut reconnaître cette tentation tout en rappelant qu’un contexte historique n’est pas une page de journal intime.

C’est pourquoi la date compte davantage qu’une simple étiquette. Une datation tardive rapproche la feuille de la mort de Léonard et de sa dernière phase intellectuelle. Mais date et identité sont deux affirmations distinctes. Un dessin réalisé en 1517-1518 peut appartenir à son œuvre tardive sans prouver automatiquement que le visage est le sien. Maintenir cette séparation est la discipline essentielle de cette page.

Sanguine, vieillesse et caractère

La sanguine se prête particulièrement à un visage marqué par l’âge. Elle peut donner aux lignes une qualité à la fois structurelle et organique. Dans le Portrait d’homme à la sanguine, elle fait se déployer les poils de la barbe comme des fils et donne au visage une force sèche, burinée. Les traits des cheveux et de la barbe ne sont pas une description cosmétique lisse. Ils semblent chercher, suivre des directions et vivre.

Le visage s’organise autour d’une tension. Le front pèse sur les yeux. Le nez descend au centre de la tête avec une fermeté sculpturale. La bouche est petite et serrée. Autour de ces traits, barbe et cheveux s’échappent en longs mouvements interrompus. Ce contraste donne au dessin son autorité : le visage central reste maîtrisé, tandis que les cheveux et la barbe paraissent presque atmosphériques.

Cette structure explique en partie pourquoi l’image a si bien incarné la sagesse ou la méditation de la vieillesse. L’expression du modèle n’est pas théâtrale. Il n’y a ni geste dramatique, ni bouche ouverte, ni décor narratif. Le dessin offre plutôt immobilité et concentration. Un visage suffit à porter toute une idée de la vie intérieure.

Il ne faut pourtant pas transformer trop vite cette puissance visuelle en biographie. Un visage sévère ne prouve pas l’humeur de Léonard, et une longue barbe ne révèle pas sa personnalité. On peut regarder la feuille de près comme une image tout en maintenant l’interprétation visuelle distincte de l’identification historique.

L’apparente simplicité du dessin peut tromper. Une grande partie de son autorité vient de ce que Léonard omet. Aucun vêtement n’établit le rang social. Aucun bâtiment à l’arrière-plan ne situe la scène. Ni mains, ni outils, ni livres, ni instruments scientifiques n’indiquent une profession. Presque tout repose sur la tête. Cette concentration rend l’image exceptionnellement ouverte : on peut y voir un portrait, une étude de caractère, un emblème de la vieillesse ou une icône de la Renaissance.

Cette souplesse explique en partie la fécondité culturelle ultérieure de la feuille. Un portrait plus précis serait peut-être resté attaché à un seul modèle. Cette tête, sévère et assez générale pour porter une charge symbolique, a pu devenir le visage du génie de Léonard. L’incertitude même qui impose la prudence a aussi facilité sa diffusion.

Histoire de la collection et fragilité de la feuille

Le contexte de la Biblioteca Reale est essentiel à l’identité moderne du dessin. À propos d’une exposition romaine de 2015, le Ministero della Cultura indique que la feuille était conservée à la Biblioteca Reale de Turin et liée à la collection Volpato [3]. La même source décrit sa fragilité et les précautions entourant sa présentation. Elle mentionne un nettoyage à sec et des travaux de conservation réalisés avant l’exposition de 2015, ainsi que des conditions de conservation et de présentation historiquement restrictives en raison de son état [3].

La feuille appartient à la Biblioteca Reale et aux Musei Reali ; elle a été montrée lors d’expositions choisies. C’est plus précis que de laisser entendre qu’elle serait exposée en permanence. Les œuvres sur papier sont vulnérables à la lumière, aux manipulations et aux changements d’environnement ; leurs apparitions publiques sont donc souvent intermittentes.

Cette fragilité change aussi notre rapport aux reproductions. La plupart des gens connaissent le dessin par des images, pas par l’observation directe. Sa célébrité s’est construite par les estampes, les photographies, les livres, les expositions et les fichiers numériques. L’objet lui-même reste pourtant petit, sensible et matériellement particulier. La sanguine, le papier, les changements de surface et l’histoire de sa conservation font partie de l’œuvre.

Il ne faut pas confondre la célébrité publique du dessin avec le statut de chaque reproduction. Les pages d’images de Google Arts & Culture et des Musei Reali aident à identifier l’objet et son contexte institutionnel, mais toute reproduction doit encore être examinée selon sa source, son crédit et ses conditions de licence propres.

Les affirmations sur l’état de conservation doivent rester proches des sources. Les documents du Ministero della Cultura font état d’une attention particulière à la conservation et de manipulations limitées autour des expositions [3]. Sans source directe supplémentaire en conservation, le point essentiel est que la vulnérabilité matérielle de la feuille contribue à expliquer pourquoi on la rencontre rarement en personne.

Le contraste frappe : l’image se trouve partout comme icône, tandis que la feuille demeure un objet délicat dont la présentation doit être soigneusement gérée. Sa notoriété dépasse donc de loin sa disponibilité physique.

Copies, réception et naissance d’une icône

La force moderne du portrait dépend non seulement de la main de Léonard, mais aussi de sa réception. L’exposition des Musei Reali de 2024 présentait l’œuvre à la fois comme objet historique et comme icône contemporaine [1]. C’est le bon équilibre. La feuille est un dessin de la Renaissance, mais aussi une image dont les générations suivantes se sont servies à maintes reprises pour représenter Léonard.

Cette histoire de la réception explique pourquoi le dessin occupe une place différente de bien d’autres feuilles de Léonard. Une étude de mains, un paysage esquissé ou une figure peuvent être admirés pour leur maîtrise technique. Le portrait à la sanguine porte un poids supplémentaire : on attend de lui qu’il représente l’artiste en personne. Il est devenu le visage d’un nom.

Ce visage a largement circulé par la reproduction. On le trouve dans les livres, les musées, les documents scolaires et les collections numériques. Le vieil homme est devenu presque emblématique : Léonard philosophe, inventeur, scientifique, artiste et génie solitaire. Une part de cette image aide à comprendre l’histoire ; une autre relève de la fabrication du mythe. Le dessin se trouve au centre des deux.

La feuille est devenue le visage à travers lequel on imagine Léonard parce que son autorité visuelle, la tradition institutionnelle et la biographie moderne ont convergé. Sa célébrité n’est pas seulement une question d’attribution ; elle appartient aussi à une histoire de la réception.

Le dessin prend également place auprès des œuvres les plus célèbres de Léonard en tant qu’image façonnée par sa réception. La Joconde est liée aux questions d’identité et de reproduction ; La Cène à la fragilité, à la restauration et à l’imaginaire public. Plus petit et plus discret, le portrait à la sanguine porte lui aussi de grandes attentes : les spectateurs y cherchent Léonard lui-même, pas seulement une étude de vieillard.

La lecture la plus solide se tient entre deux extrêmes. Il ne faut pas écarter l’identification traditionnelle en autoportrait comme si l’histoire institutionnelle ne comptait pas ; il ne faut pas non plus répéter le vieux titre comme si sa répétition était une preuve. Il s’agit du célèbre dessin de la Biblioteca Reale connu comme l’autoportrait de Léonard, et son importance comprend l’histoire de ce nom.

Comment regarder le dessin attentivement

Un regard attentif commence par la tête plutôt que par sa légende. Le visage se tourne légèrement, ce qui lui donne plus de vie qu’un profil plat ou une étude de face. Les yeux reposent sous l’ombre de l’arcade. Le nez, la bouche et la barbe sont tracés avec une discipline qui empêche la tête de se dissoudre en lignes décoratives.

La barbe mérite une attention particulière. Ce n’est pas un simple signe d’âge, mais l’un des principaux événements visuels du dessin. Les longs traits créent rythme et mouvement autour de l’architecture plus fixe du visage. Cheveux et barbe agrandissent aussi la tête, qui paraît presque monumentale malgré les petites dimensions de la feuille.

La bouche est tout aussi importante. Elle n’exprime pas un récit évident. Elle est fermée, compacte et sévère. Avec le front et les yeux, elle donne au visage une intensité retenue. Le dessin n’invite pas à une intimité facile : il maintient le spectateur à une distance respectueuse.

Cette distance contribue à l’efficacité de la feuille comme image de Léonard. Elle permet d’y projeter pensée, mémoire et génie. Mais la meilleure lecture demeure double : regarder l’œuvre comme celle que l’on connaît traditionnellement sous le nom d’autoportrait de Léonard, et comme une tête de vieillard dessinée avec une force extraordinaire. La seconde lecture n’annule pas la première ; elle la garde honnête.

Pourquoi le Portrait d’homme à la sanguine compte

Le Portrait d’homme à la sanguine (autoportrait présumé) compte parce qu’il se situe à la rencontre de l’objet, de l’image et de la légende. Comme objet, c’est un dessin à la sanguine de la Biblioteca Reale, associé au numéro d’inventaire 15571 D.C. et au titre institutionnel Autoritratto [2]. Comme image, c’est une puissante étude de tête âgée, construite par le trait, la pression, l’ombre et la retenue. Comme légende, il est devenu le visage à travers lequel d’innombrables spectateurs imaginent Léonard.

On peut tenir ensemble ces significations sans les confondre. Le nom traditionnel d’autoportrait importe. La datation tardive et le contexte d’Amboise présentés par les documents de l’exposition de 2024 importent aussi [1]. La fragilité du dessin et l’histoire de ses présentations choisies, documentées par le Ministero della Cultura, comptent également [3]. Rien de cela ne transforme un titre célèbre en preuve sans réserve.

La réputation de Léonard s’est toujours située entre faits et imagination : œuvres documentées, projets inachevés, études techniques, mythes ultérieurs et projections modernes. Cette tête à la sanguine est l’un des lieux où ces couches se rencontrent le plus clairement.

Qu’on l’aborde comme l’autoportrait traditionnel de Léonard, comme une icône institutionnelle de la Biblioteca Reale ou comme une étude de l’âge et de la présence, le dessin récompense un regard lent. Sa force réside non seulement dans la possibilité que Léonard se soit dessiné lui-même, mais dans l’intensité soutenue d’un visage né de la sanguine, du papier et de la retenue.

Questions fréquentes

Le Portrait d’homme à la sanguine est-il certainement un autoportrait de Léonard ?
La feuille est connue comme l’autoportrait de Léonard, et des sources institutionnelles la présentent comme l’Autoritratto. L’identité du modèle doit néanmoins être formulée avec prudence : « connu comme », « traditionnellement identifié » ou « considéré comme », plutôt qu’établi avec certitude [1] [4].
Où est conservé le Portrait d’homme à la sanguine ?
Le dessin appartient à la Biblioteca Reale de Turin, aujourd’hui dans le contexte des Musei Reali [2] [3].
Quand le Portrait d’homme à la sanguine a-t-il été réalisé ?
Les sources soutiennent la datation 1517/1518, ou vers 1517-1518, qui le situe dans les dernières années de la vie de Léonard [1] [2] [5].
Quelle technique Léonard a-t-il employée ?
L’œuvre est répertoriée comme une sanguine sur papier ; des données d’objet complémentaires signalent également des traces de pierre noire [2] [5].
Pourquoi voit-on rarement le dessin en personne ?
Les documents du Ministero della Cultura décrivent la fragilité de la feuille, les soins de conservation et les restrictions de manipulation lors des expositions, fréquentes pour les œuvres sensibles sur papier [3].
L’image peut-elle être librement réutilisée ?
Cette page n’affirme disposer d’aucune autorisation de reproduction. Les pages des Musei Reali et de Google Arts & Culture aident à identifier l’objet ; toute reproduction ou réutilisation exige un examen distinct [5].

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Références

  1. Musei Reali, Leonardo’s Self-Portrait. History and contemporaneity of a masterpiece. Voir la source
  2. CLP et Musei Reali, page de presse L’Autoritratto di Leonardo. Storia e contemporaneità di un capolavoro. Voir la source
  3. Ministero della Cultura, Direzione generale Biblioteche, L’autoritratto di Leonardo da Vinci, a Roma per la prima volta. Voir la source
  4. Ministero della Cultura, Biblioteca Reale, présentation de la collection des dessins de Léonard. Voir la source
  5. Google Arts & Culture et Musei Reali, Autoritratto / Leonardo Self-Portrait. Voir la source