Tête de jeune femme dessinée à la pointe de métal par Léonard de Vinci, conservée à Turin Acheter des reproductions sur Amazon

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Tom Gurney BSc (Hons) est spécialiste de l’histoire de l’art depuis plus de 20 ans
Page créée le 22 septembre 2026 / Mise à jour le 22 septembre 2026
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Tête de femme (Turin) de Léonard de Vinci

La Tête de femme (Turin) est un petit dessin à la pointe de métal de Léonard de Vinci, conservé à la Biblioteca Reale de Turin. Les Musei Reali le répertorient dans la famille de titres Volto di fanciulla, ou Tête de jeune femme, et le rapprochent de l’ange de La Vierge aux rochers de Léonard [1].

Ce dessin compte parce qu’il fait d’une pose simple l’une des premières recherches de Léonard les plus pénétrantes sur l’expression. Le buste d’une jeune femme est vu de dos ou partiellement par-dessus l’épaule, tandis que la tête se tourne vers nous. Le mouvement est discret, mais il suscite une présence psychologique immédiate. Le visage semble émerger de la feuille plutôt que peser sur elle.

Les Musei Reali décrivent cette feuille comme une étude pour l’ange de La Vierge aux rochers, exécutée à la pointe de métal avec des rehauts de blanc sur papier préparé [1]. Une page d’exposition du Ministero della Cultura la présente aussi comme un dessin autographe de Léonard provenant de la Biblioteca Reale, réalisé vers 1478–1485 [2]. La Morgan Library & Museum, qui l’a montrée dans son exposition Leonardo da Vinci: Treasures from the Biblioteca Reale, Turin, lui donne le titre anglais Head of a Young Woman (Study for the Angel in the 'Virgin of the Rocks'), la date des années 1480 et indique le numéro d’inventaire 15572 D.C. de la Biblioteca Reale [3].

Les sources permettent une lecture précise. Il ne s’agit ni du portrait d’une personne identifiée, ni d’une peinture achevée, ni d’un substitut direct à l’ange de l’une ou l’autre version de La Vierge aux rochers. C’est une étude préparatoire de tête, appréciée pour le léger mouvement du corps, le regard baissé et le déplacement maîtrisé que Léonard exprime en quelques lignes délicates.

En bref

  • ArtisteLéonard de Vinci
  • Titre français courantTête de femme (Turin)
  • Titres de référenceVolto di fanciulla / Tête de jeune femme
  • Numéro d’inventaire15572 D.C.
  • DatationFourchette selon les sources : 1478–1485, vers 1483–1485 ou années 1480
  • TechniquePointe de métal et rehauts de blanc sur papier préparé
  • CollectionBiblioteca Reale de Turin / Musei Reali
  • Œuvre liéeÉtude pour l’ange de La Vierge aux rochers

Sommaire

  1. Tête de femme (Turin) de Léonard de Vinci
  2. En bref
  3. Le dessin de Turin
  4. Une étude pour l’ange de La Vierge aux rochers
  5. Date et contexte
  6. Pointe de métal, papier et lumière
  7. Portrait, étude et présence psychologique
  8. Présentation et reproduction
  9. Pourquoi la Tête de femme (Turin) compte

Le dessin de Turin

La feuille appartient à la Biblioteca Reale de Turin, aujourd’hui intégrée aux Musei Reali. La notice de l’exposition de la Morgan l’identifie par le numéro d’inventaire 15572 D.C. et indique comme technique la pointe de métal avec rehauts de blanc sur papier préparé chamois [3]. Les Musei Reali décrivent la technique en termes proches : pointe de métal et rehauts de blanc sur papier préparé ocre clair [1].

Ces matériaux jouent un rôle essentiel dans l’effet produit. La pointe de métal ne se comporte pas comme le fusain ou une craie tendre. Elle laisse un trait fin et maîtrisé sur une surface préparée. Elle favorise la délicatesse, la maîtrise de la pression et une forme de patience disciplinée. Les rehauts de blanc permettent ensuite de saisir quelques éclats lumineux sans transformer la feuille en peinture pleinement modelée.

Léonard se sert de cette retenue pour créer une tête suspendue entre observation et invention. Le buste reste immobile, mais le cou et la tête pivotent. Les paupières sont légèrement abaissées. Le regard n’est pas insistant ; il est cependant assez direct pour nous attirer vers la feuille. Les Musei Reali soulignent ce contraste entre l’immobilité du buste et le mouvement de la tête, et désignent le regard comme le foyer du dessin [1].

Le dessin est économe, mais non mineur. Quelques traits maîtrisés définissent les épaules, la torsion du cou, la géométrie du visage et la direction des yeux. Léonard ne réalise pas une étude détaillée de costume : il cherche comment la posture, la lumière et le regard peuvent donner une présence à une figure.

Une étude pour l’ange de La Vierge aux rochers

La façon la mieux étayée de situer le dessin est de le rapprocher de l’ange de La Vierge aux rochers. Les Musei Reali établissent directement ce lien par le sous-titre Studio per l’angelo della Vergine delle rocce [1]. La Morgan l’identifie elle aussi comme une étude pour cet ange et précise que la tête a servi de modèle pour la peinture dite La Vierge aux rochers [3].

Il faut toutefois comprendre ce rapport avec nuance. Le dessin ne reproduit pas simplement un visage peint définitif. Il participe à la recherche d’une figure par Léonard : l’angle de la tête, le regard adouci, le mouvement de l’épaule au visage et la tonalité affective de l’ange. Il montre le type de réflexion préparatoire qui peut passer d’une petite feuille de papier à une composition peinte complexe.

La Vierge aux rochers existe en plusieurs grandes versions ; le dessin de Turin ne saurait, à lui seul, résoudre toutes les questions qu’elles soulèvent. Son intérêt est plus précis. Il nous laisse voir Léonard explorer la présence de l’ange avant, ou parallèlement à, la peinture achevée. La feuille ne fournit pas seulement une tête : elle éprouve une relation entre le corps, le regard et le spectateur.

C’est pourquoi ce dessin s’inscrit dans la pratique plus vaste de Léonard dessinateur. Dans ses meilleures études de figures, la préparation est rarement une copie mécanique. L’étude devient un lieu où mouvement, caractère et lumière se construisent ensemble. La tête de Turin offre l’un des exemples les plus gracieux de cette démarche.

Date et contexte

La datation doit rester une fourchette plutôt qu’une année fixe. La présentation des Musei Reali sur Google Arts & Culture donne à la fois « vers 1483–1485 » et la fourchette plus large « 1478/1485 » ; le texte date le dessin de 1478–1485 [1]. La page du Ministero della Cultura emploie une formulation voisine et le situe approximativement entre 1478 et 1485 [2]. La Morgan propose la datation plus générale des années 1480 [3].

Ces différences ne posent pas problème si elles restent visibles. Elles situent la feuille entre la fin des années 1470 et les années 1480, au moment où Léonard passait de sa formation florentine et de ses premiers travaux indépendants au monde visuel plus complexe de Milan. Le rapport avec La Vierge aux rochers l’attire naturellement vers les débuts milanais de l’artiste ; les Musei Reali comparent néanmoins l’enchaînement de la pose et de la rotation de la tête à des dessins réalisés par Léonard à Florence entre la fin des années 1470 et le début des années 1480 [1].

La feuille se situe ainsi à un seuil fécond. Elle regarde vers la discipline du dessin florentin, qui formait la main par des techniques exigeantes et un trait précis. Elle annonce les figures atmosphériques et psychologiquement intenses de la maturité de Léonard. La tête est petite, mais la question artistique est vaste : comment un mouvement du corps peut-il devenir un mouvement de l’esprit ?

Pointe de métal, papier et lumière

Les Musei Reali signalent que le papier apparaît aujourd’hui brun clair : cette teinte résulterait d’un changement survenu avec le temps, plutôt que du seul choix de couleur initial de Léonard [1]. L’aspect actuel de la feuille relève donc autant de son histoire matérielle que de la technique originale de l’artiste.

Le trait de pointe de métal agit avec cette surface transformée. De fines marques définissent le visage, le cou et les épaules. Les rehauts de blanc font ressortir certaines formes. L’image semble flotter, notamment là où les contours sont légers ou incomplets. Au lieu de donner la même force à chaque partie, Léonard laisse le spectateur achever ce que le dessin suggère seulement.

Cette économie fait partie de la sophistication de la feuille. Le visage n’est pas surdécrit. Chevelure, paupières et mouvement de la tête sont marqués avec assez de précision pour retenir la figure, mais aussi assez de réserve pour qu’elle reste vivante. Les Musei Reali décrivent le dessin comme faussement simple et soulignent son intensité psychologique [1]. Cette formule correspond à l’expérience de la feuille : petite, silencieuse et difficile à oublier.

La technique permet aussi de distinguer ce dessin des études postérieures, plus douces, exécutées à la craie. La pointe de métal apporte une structure froide et claire. Elle résiste aux effets d’atmosphère estompée. Léonard lui donne pourtant de la souplesse. La tête n’est pas un exercice de sécheresse, mais une étude de la façon dont la délicatesse peut porter l’émotion.

Portrait, étude et présence psychologique

Le titre Tête de femme peut laisser croire à un portrait. Mieux vaut parler d’une étude de tête, sauf lorsqu’on suit explicitement une source précise. Aucune des sources de référence utilisées ici n’identifie le modèle comme une femme nommée, et le dessin ne doit pas être présenté comme un portrait d’après nature.

La feuille peut néanmoins donner l’impression d’un portrait. Les paupières abaissées, le mouvement vers nous et les épaules bien tenues créent une forte présence. Les Musei Reali situent le dessin dans l’évolution du traitement psychologique des figures chez Léonard [1], mais aucune source utilisée ici ne donne de nom au modèle.

C’est l’un des grands talents de Léonard dessinateur. Il sait rendre une forme inachevée ou préparatoire émotionnellement complète. Le dessin n’a pas besoin d’un nom, car son intérêt réside dans un devenir : une figure émerge du papier, un regard s’ajuste, une expression angélique se cherche.

La feuille de Turin aide aussi à comprendre pourquoi les dessins de Léonard ne sont pas secondaires par rapport à ses peintures. Ce ne sont pas de simples notes privées destinées à des œuvres achevées ou perdues. Ce sont des lieux où la pensée de l’artiste devient visible sous une autre forme. Ici, l’étude est à la fois un objet de travail et une expérience complète pour le spectateur.

Présentation et reproduction

Le dessin a été présenté dans des cadres institutionnels, notamment lors de l’exposition de la Morgan consacrée en 2013–2014 aux œuvres de la Biblioteca Reale de Turin [3]. La page du Ministero della Cultura mentionne aussi sa participation à l’exposition Da Botticelli a Mucha en 2025 et le décrit comme une œuvre majeure du nouvel Spazio Leonardo à la Galleria Sabauda [2].

Ces indications ne doivent pas être transformées en affirmation d’une exposition permanente sans nouvelle vérification auprès de la collection. Les œuvres sur papier sont souvent présentées de manière sélective, notamment pour limiter leur exposition à la lumière et répondre aux besoins de conservation. Le plus sûr est de dire que le dessin appartient à la Biblioteca Reale, dans le contexte des Musei Reali, et qu’il a figuré dans de grandes expositions institutionnelles.

L’identité du dessin apparaît le plus clairement lorsque les reproductions sont rattachées à la notice de la Biblioteca Reale et des Musei Reali. Noms de fichiers, cadrages et états de couleur peuvent varier ; chaque reproduction doit donc être vérifiée à partir des données citées sur l’objet, au lieu d’être tenue pour évidente.

Cette précaution compte particulièrement parce que des études de têtes semblables de Léonard se confondent facilement dans les noms de fichiers, les images recadrées et les reproductions dérivées. La Tête de femme (Turin) doit rester distincte de La Scapigliata conservée à Parme et des autres études de têtes liées à son atelier et à ses suiveurs.

Pourquoi la Tête de femme (Turin) compte

La Tête de femme (Turin) compte parce qu’elle concentre l’art de la figure de Léonard sur quelques centimètres de papier. L’artiste y trouve l’expression par le mouvement, le regard et la retenue plutôt que par des détails narratifs. Le sujet est calme, mais le dessin n’est pas passif. Il nous invite à remarquer l’instant précis où une tête commence à devenir une présence.

La feuille éclaire aussi le rapport entre les dessins et les peintures de Léonard. Son lien avec l’ange de La Vierge aux rochers lui donne un aboutissement célèbre, mais elle n’est pas importante uniquement à cause du tableau. Elle montre Léonard en train de penser vers cette peinture. La présence de l’ange commence comme une expérience de posture, de lumière et d’attention.

C’est ce qui fait de la feuille de Turin l’une des petites œuvres les plus utiles du groupe Léonard. Elle relie les premiers exercices de dessin, la pointe de métal, La Vierge aux rochers, une psychologie proche du portrait et la discipline du regard. Elle enseigne aussi une leçon sur l’art de Léonard : nul besoin d’une échelle spectaculaire ou d’un modèle célèbre pour qu’une œuvre soit essentielle. Parfois, toute la réussite tient à une paupière baissée, un cou qui pivote et l’impression qu’une pensée vient de traverser un visage.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la Tête de femme (Turin) ?
C’est un dessin de Léonard de Vinci conservé à la Biblioteca Reale de Turin, connu dans les sources italiennes sous le titre Volto di fanciulla [1].
La Tête de femme (Turin) est-elle un portrait ?
Mieux vaut la considérer comme une étude de tête plutôt que comme le portrait d’une personne nommée : les principales sources n’identifient pas le modèle.
Quel est son lien avec La Vierge aux rochers ?
Les Musei Reali et la Morgan la décrivent comme une étude pour l’ange de La Vierge aux rochers [1] [3].
Quand Léonard a-t-il réalisé ce dessin ?
Les sources diffèrent : les Musei Reali et le Ministero della Cultura le situent entre la fin des années 1470 et le milieu des années 1480 ; la Morgan indique plus largement les années 1480 [1] [2] [3].
Quelle technique Léonard a-t-il employée ?
Les sources décrivent une pointe de métal, ou punta metallica, avec des rehauts de blanc sur papier préparé [1] [3].
Où se trouve aujourd’hui la Tête de femme (Turin) ?
Le dessin appartient à la Biblioteca Reale de Turin, dans le contexte des Musei Reali [2] [3].
Les images de cette page sont-elles définitivement vérifiées ?
Les reproductions doivent être comparées aux données citées de la Biblioteca Reale et des Musei Reali, notamment si le cadrage ou les couleurs diffèrent.

Discussion

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Références

  1. Google Arts & Culture / Musei Reali, Volto di Fanciulla — Studio per l’angelo della Vergine delle rocce.
  2. Ministero della Cultura, Da Botticelli a Mucha. Bellezza, natura, seduzione.
  3. The Morgan Library & Museum, Leonardo da Vinci: Treasures from the Biblioteca Reale, Turin.