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Cheval cabré et guerrier à cheval est le titre employé ici pour le petit bronze mieux connu au Musée des beaux-arts de Budapest comme Cheval et cavalier. Il ne faut pas le confondre avec l’autre dossier Cheval et cavalier en cire. Il compte parmi les objets les plus intrigants liés à l’imagination sculpturale de Léonard de Vinci, mais demande une formulation prudente. Le musée de Budapest le décrit comme « attribué à Léonard de Vinci », non comme une sculpture autographe sûre et incontestée [1].
Cette distinction est au cœur de la page. Le bronze se situe à la rencontre des études de chevaux de Léonard, des petits bronzes de la Renaissance, de l’expertise postérieure, de l’examen technique et de la question non résolue de Léonard sculpteur. Il ne doit pas être présenté comme un chef-d’œuvre simplement perdu puis retrouvé. C’est plutôt un objet documenté et débattu, dont l’intérêt réside aussi dans les questions qu’il oblige à poser.
L’objet appartient au Musée des beaux-arts de Budapest sous le numéro d’inventaire 5362. L’autre sculpture en cire relève d’un dossier différent. Le projet Léonard du musée décrit ce bronze comme un Cheval et cavalier attribué à Léonard de Vinci, de la première moitié du XVIe siècle et haut de 24,4 cm [1]. Cette notice suffit à justifier une page consacrée à l’œuvre, non à effacer le débat sur l’auteur.
Le titre Cheval cabré et guerrier à cheval décrit le motif : un cheval se cabrant et un cavalier. L’objet attesté est le Cheval et cavalier de Budapest, distinct de la page consacrée à la sculpture en cire contestée et de l’ensemble plus vaste des images équestres associées à Léonard.
En bref
- ObjetCheval et cavalier de Budapest, connu ici sous le titre Cheval cabré et guerrier à cheval
- AttributionAttribué à Léonard de Vinci ; attribution débattue
- DatePremière moitié du XVIe siècle
- MatériauBronze
- Hauteur24,4 cm
- InstitutionMusée des beaux-arts de Budapest
- Inventaire5362
- Réserve techniqueUne fonte du XVIe siècle ne prouve pas que Léonard en soit l’auteur
- Réserve sur l’imageL’image illustre le bronze de Budapest ; elle ne tranche ni l’attribution ni l’interprétation de l’objet.
Sommaire
- Pourquoi ce petit bronze importe
- Provenance et premières traces
- La naissance de l’attribution à Léonard
- Dessins, chevaux et question des modèles
- Ce que l’examen technique établit — et ce qu’il n’établit pas
- Le cavalier et le cheval
- Rustici et le problème de la sculpture léonardesque
- Les limites de l’attribution
- Pourquoi l’objet mérite néanmoins sa propre page
Pourquoi ce petit bronze importe
La réputation de Léonard repose surtout sur les peintures, dessins, carnets et projets d’ingénierie qui nous sont parvenus. La sculpture faisait pourtant partie du milieu où il se forma. L’atelier de Verrocchio passait aisément de la peinture au travail du métal, au relief, au modelage et à la sculpture monumentale. Léonard réfléchit aussi longtemps aux chevaux : le monument des Sforza à Milan, d’autres projets équestres, l’anatomie du cheval, les poses cabrées et le mouvement des batailles reviennent dans ses dessins.
Voilà pourquoi un petit bronze montrant cheval et cavalier peut devenir un objet aussi chargé d’enjeux. S’il était de Léonard, ou même s’il avait été fondu d’après un modèle de sa main, il fournirait une rare preuve matérielle de sa pensée en trois dimensions. Si c’est plutôt une œuvre postérieure inspirée de ses dessins, elle demeure précieuse pour comprendre la circulation de ses idées parmi sculpteurs et collectionneurs.
L’exposition de Budapest présenta précisément le problème ainsi. Le musée plaça la statuette aux côtés de dessins de Léonard et de sculptures apparentées, demandant si le bronze était seulement inspiré par ses idées ou s’il pouvait être de sa propre main [2]. Cette question est plus honnête qu’une attribution affichée comme un fait. Elle préserve la force de l’objet sans faire croire que les preuves sont plus simples qu’elles ne le sont.
Provenance et premières traces
Le projet Léonard de Budapest fournit une chronologie utile de la provenance. Le sculpteur hongrois István Ferenczy acheta à Rome le Cheval et cavalier de Budapest entre 1818 et 1824, avec d’autres petits bronzes de la Renaissance et du baroque ; son histoire antérieure est inconnue [1]. C’est une limite importante. L’objet ne nous est pas transmis par un inventaire documenté de l’atelier de Léonard ni par une chaîne de propriétaires clairement suivie depuis la Renaissance.
En 1846, Ferenczy proposa sa collection de petits bronzes au Musée national hongrois, mais la vente n’eut pas lieu. Il répertoriait alors le Cheval et cavalier de Budapest comme une statuette grecque athénienne [1]. Le Musée des beaux-arts de Budapest acheta sa collection en 1914 [1]. Ce n’est qu’ensuite que la statuette entra dans l’histoire moderne des attributions la reliant à Léonard.
Cette provenance n’écarte pas l’objet, mais modifie la force de l’affirmation. Pour l’attribuer à Léonard, la lacune documentaire antérieure au XIXe siècle pose un problème sérieux. L’argument ne peut donc reposer sur les archives seules ; il doit faire appel au style, aux données techniques, aux comparaisons avec les dessins de Léonard et à l’histoire des interprétations savantes.
La naissance de l’attribution à Léonard
En 1916, Simon Meller, conservateur au Musée des beaux-arts de Budapest, publia la statuette comme un modèle que Léonard aurait destiné au monument Trivulzio [1]. Le musée précise dans son récit ultérieur que cette attribution fut bien accueillie, mais avec des réserves, et que le débat se poursuivit : Léonard avait-il exécuté l’objet lui-même ou celui-ci reflétait-il son influence [1] ?
L’étude d’attribution de Zoltán Kárpáti est particulièrement utile parce qu’elle ne raconte pas une marche triomphale vers la certitude. Elle explique comment le bronze gagna et perdit la faveur des spécialistes, comment les avis se partagèrent entre rejet et optimisme, et pourquoi l’absence d’une sculpture de Léonard sûrement conservée rend le problème si difficile [3]. Cette prudence méthodologique doit guider la page publique.
La difficulté centrale est simple : si aucune sculpture n’est unanimement reconnue comme une œuvre autographe de Léonard, il n’existe pas de base sculptée sûre pour comparer le bronze de Budapest. Les chercheurs peuvent le rapprocher de ses dessins, de son intérêt documenté pour les monuments équestres et de sculpteurs postérieurs comme Giovanni Francesco Rustici. La comparaison n’est pourtant pas une preuve.
Dessins, chevaux et question des modèles
Léonard revint sans cesse aux chevaux. Carnets et dessins comprennent des études pour des monuments équestres, l’anatomie du cheval, des chevaux cabrés et des cavaliers. En 2018, l’exposition de Budapest mit le bronze en regard de dessins de Léonard et d’œuvres de Rustici et d’autres artistes [2]. C’est le bon contexte, tant qu’on ne lui demande pas de prouver davantage qu’il ne peut.
Les dessins apparentés expliquent l’intérêt du bronze pour les spécialistes de Léonard. Ils montrent que le motif appartient à son univers d’idées et que les chevaux cabrés n’étaient pas chez lui un intérêt passager. Il étudiait le corps du cheval comme une machine vivante de poids, de tension, d’équilibre et de mouvement.
Une ressemblance avec un dessin ne permet pourtant pas d’attribuer automatiquement un bronze à Léonard. Un sculpteur venu après lui pouvait travailler d’après ses dessins, ses modèles ou les souvenirs de son atelier. Un artiste plus tardif du XVIe siècle pouvait conserver une idée léonardesque sans être Léonard. Les dessins sont donc un contexte, non un raccourci vers la certitude.
Ce que l’examen technique établit — et ce qu’il n’établit pas
L’exposition The Budapest Horse organisée en 2009 à la National Gallery of Art de Washington est l’une des sources techniques et contextuelles les plus sûres pour cette page [4]. La NGA précise que le Cheval cabré et guerrier à cheval de Budapest y fut montré avec des petits bronzes apparentés dans une exposition étudiant son attribution possible à Léonard [4]. Des panneaux expliquaient l’examen technique réalisé à la National Gallery [4].
La chronologie du musée de Budapest indique que les analyses effectuées à Washington ont établi que la statuette était une fonte du XVIe siècle [1]. Ce résultat importe. Il distingue le bronze de Budapest de certaines variantes apparentées considérées comme des productions plus tardives. Il lui donne une réalité historique qu’une fonte moderne n’aurait pas.
Mais une fonte du XVIe siècle ne démontre pas que Léonard en soit l’auteur. Elle peut soutenir l’hypothèse d’un objet appartenant au monde de la Renaissance qui entourait ses idées. Elle ne permet pas, à elle seule, d’identifier le modeleur. L’examen technique renforce la place historique de l’objet, tandis que l’attribution reste discutée.
Le cavalier et le cheval
L’un des aspects les plus intéressants du bronze est le rapport entre le cheval cabré et son cavalier. Le cheval est énergique, ramassé et puissant. Le guerrier monté complique la lecture, car des questions ont été soulevées sur les proportions, l’association des deux figures et leur interprétation. L’étude de Kárpáti retrace les doutes sur l’idée d’une conception commune du cheval et du cavalier, ainsi que les données techniques relatives à leur fonte [3].
Le cavalier appartient de longue date au débat d’attribution, mais les sources ne règlent pas son identité avec certitude. Les lectures royales ou chevaleresques, notamment celles liées à François Ier, restent des interprétations plutôt que des identifications établies.
L’expression « guerrier à cheval » est utile parce qu’elle décrit ce que l’on voit. Elle a aussi ses limites : elle ne dit pas qui représente le cavalier, à quel monument le groupe aurait pu servir ni si Léonard le modela.
Rustici et le problème de la sculpture léonardesque
Giovanni Francesco Rustici compte parce qu’il travaillait dans un langage sculpté parfois proche de l’univers de Léonard. L’exposition de Budapest comprenait des sculptures apparentées de Rustici et exposait le problème plus large de la réalisation d’un cheval cabré et de son cavalier en ronde-bosse [2]. Kárpáti rappelle également des interprétations reliant le bronze de Budapest à Rustici ou à un sculpteur ayant utilisé des idées de Léonard [3].
Ce contexte est au cœur de la question d’attribution. Si le bronze paraît léonardesque, cela peut signifier que Léonard le réalisa, qu’un sculpteur proche de lui le fit, que quelqu’un travailla d’après ses modèles ou que des lecteurs postérieurs projetèrent ses dessins sur un objet comparable de la Renaissance.
Ces possibilités font partie de l’intérêt de l’objet. Les preuves dessinent mieux la carte d’un problème historique qu’elles ne prononcent un verdict judiciaire.
Les limites de l’attribution
La formule sans réserve « de Léonard de Vinci » est trop forte au regard des preuves actuelles. Il est plus exact d’écrire « attribué à Léonard de Vinci ; attribution débattue ».
Le bronze ne devrait pas être présenté comme l’unique sculpture conservée de Léonard. Les sources de Budapest reconnaissent elles-mêmes que l’attribution est contestée, et l’étude de Kárpáti souligne la difficulté de juger toute sculpture supposée de Léonard lorsqu’aucune statue de sa main n’est documentée sans contestation [3].
L’examen technique de la National Gallery ne doit pas être transformé en preuve d’auteur. Il soutient la datation ancienne de la fonte et l’importance de l’objet, mais l’attribution est une question distincte [1] [4].
Ce bronze de Budapest doit aussi rester distinct de la page consacrée au Cheval et cavalier en cire. Les preuves concernant cette autre œuvre sont privées, promotionnelles, liées aux ventes aux enchères et contestées. Le bronze de Budapest possède un autre contexte documentaire et une assise institutionnelle plus solide.
Pourquoi l’objet mérite néanmoins sa propre page
Malgré toutes ces réserves, le bronze de Budapest mérite une présentation attentive. Il est étudié depuis plus d’un siècle, appartient à un grand musée public et fait l’objet d’une exposition et d’un projet de recherche institutionnels. Il a été examiné techniquement et présenté à l’étranger. Il touche à quelques-unes des grandes questions des études léonardiennes : comment les idées passent du dessin à la sculpture, comment survivent les modèles d’atelier de la Renaissance et comment attribuer une œuvre lorsque les documents manquent.
Il est donc plus qu’une curiosité. Il offre un cas d’école de l’attribution elle-même.
L’art de Léonard survit souvent dans un dialogue entre objet, document et idée. Le Cheval cabré et guerrier à cheval est presque ce dialogue à l’état pur : un petit bronze dont la forme attire vers Léonard, dont la provenance connue commence trop tard pour rassurer, dont l’examen technique soutient une fonte ancienne sans prouver l’auteur, et dont l’histoire savante oscille entre conviction et prudence.
La page la plus honnête n’est donc pas une célébration d’une sculpture redécouverte, mais une explication rigoureuse d’un objet débattu.
Questions fréquentes
Discussion
Quel aspect du bronze de Budapest vous paraît le plus convaincant : le cheval cabré, l’histoire technique, le rapport aux dessins de Léonard ou l’attribution encore ouverte ?
Regards des lecteurs
Comment présenter une attribution ancienne à Léonard tout en rendant explicites les réserves scientifiques ?
Que prouve une date de fonte ancienne et que laisse-t-elle irrésolu ?
Quels liens entre les dessins de Léonard et le bronze paraissent les plus convaincants ?
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Références
- Musée des beaux-arts de Budapest / Szépművészeti Múzeum, projet Léonard, « The Statuette », consulté le 30 juillet 2026. Voir la source
- Musée des beaux-arts de Budapest / Szépművészeti Múzeum, projet Léonard, « The Exhibition », consulté le 30 juillet 2026. Voir la source
- Zoltán Kárpáti, « A Brief History of an Attribution », projet Léonard de Budapest, consulté le 30 juillet 2026. Voir la source
- National Gallery of Art, « The Budapest Horse », consulté le 30 juillet 2026. Voir la source


