Revers de Ginevra de’ Benci de Léonard de Vinci, couronne de laurier, de palmier et de genévrier avec phylactère Acheter des reproductions sur Amazon

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Tom Gurney BSc (Hons) est spécialiste de l’histoire de l’art depuis plus de 20 ans
Page créée le 22 septembre 2026 / Mise à jour le 22 septembre 2026
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Couronne de laurier, de palmier et de genévrier avec un phylactère de Léonard de Vinci

La Couronne de laurier, de palmier et de genévrier avec un phylactère de Léonard de Vinci se comprend surtout comme l’autre face d’un portrait célèbre. C’est le revers de Ginevra de’ Benci, panneau peint sur ses deux faces conservé à la National Gallery of Art de Washington. Sur la face avant, Léonard représenta la jeune Florentine devant un genévrier sombre et un paysage lointain. Au revers, il peignit un emblème concis composé de plantes, d’une devise et de signes d’identité [1] [2].

Ce lien est essentiel. Le revers n’est pas une image indépendante simplement associée à Ginevra. Il appartient au même objet, au même format et à la même démarche d’interprétation. La National Gallery répertorie le revers sous le titre Wreath of Laurel, Palm, and Juniper with a Scroll inscribed Virtutem Forma Decorat [reverse], le date d’environ 1474/1478, l’attribue à Léonard et indique la détrempe sur panneau [1]. L’avers est le portrait de Ginevra elle-même, daté de la même période et décrit comme une peinture à l’huile sur panneau [2].

Vu seul, le revers pourrait paraître presque décoratif. Rapproché de la face avant, il devient un second portrait : non la ressemblance d’un visage, mais un portrait formé par le nom, la vertu, les relations sociales et l’emblème poétique.

En bref

  • ArtisteLéonard de Vinci
  • ŒuvreCouronne de laurier, de palmier et de genévrier avec un phylactère
  • Titre intégral dans la sourceWreath of Laurel, Palm, and Juniper with a Scroll inscribed Virtutem Forma Decorat [reverse]
  • Datevers 1474/1478
  • TechniqueDétrempe sur panneau
  • CollectionNational Gallery of Art, Washington, DC
  • Numéro d’inventaire1967.6.1.b
  • Objet associéRevers de Ginevra de’ Benci
  • InscriptionVIRTVTEM FORMA DECORAT

Sommaire

  1. Présentation
  2. En bref
  3. Le revers de Ginevra de’ Benci
  4. Laurier, palmier et genévrier
  5. Le phylactère et la devise
  6. Bernardo Bembo et les limites des preuves
  7. Un emblème peint, pas simplement le dos d’un panneau
  8. Les faits matériels et le panneau rogné
  9. Pourquoi cette page complémentaire importe

Le revers de Ginevra de’ Benci

Le fait le plus important concernant cette image est aussi bien matériel que symbolique : elle se trouve au dos de Ginevra de’ Benci. La National Gallery catalogue séparément les deux faces, mais elles forment un tout. L’avers porte le portrait peint de Ginevra ; le revers transforme le modèle en emblème [1] [2].

C’est pourquoi cette page mérite une lecture particulière plutôt qu’une reprise générale de l’histoire de Ginevra. La face avant présente la femme, sa pose, son paysage et les premières recherches de Léonard sur le portrait. La face arrière pose une autre question : comment un portrait de la Renaissance pouvait-il parler sans montrer un visage ?

La réponse passe par le langage des signes. Un rameau central de genévrier se dresse au sein d’une couronne de laurier et de palmier. Un phylactère traverse la partie inférieure et porte une devise latine. Un sceau rouge apparaît en haut à droite. La composition est économe, mais non simple : elle fait d’un petit panneau une déclaration condensée sur le nom, la vertu et l’identité sociale.

Laurier, palmier et genévrier

La plante centrale est le genévrier. En italien, il se dit ginepro, mot qui rappelle le prénom de Ginevra. La face avant du portrait montre déjà un genévrier derrière sa tête ; le revers place cette plante au centre de l’image [1] [2].

Autour de lui, laurier et palmier se courbent l’un vers l’autre. La National Gallery y voit des signes de vertu intellectuelle et morale [1]. Cette lecture correspond au rôle plus large de l’œuvre. Ce n’est pas un assemblage fortuit de feuilles. Les plantes forment presque une phrase, verbale et visuelle : le nom de Ginevra est inscrit parmi des signes d’excellence.

Le format rappelle aussi que les portraits de la Renaissance ne fonctionnaient pas toujours comme des photographies modernes. Un portrait pouvait montrer un visage, mais également comporter un signe personnel, une devise ou un emblème. La publication de la NGA Virtue and Beauty replace Ginevra de Léonard dans l’histoire plus vaste du portrait florentin, où les images de femmes portaient, outre la ressemblance, des significations sociales, poétiques et morales [3].

Le phylactère et la devise

Le phylactère porte la devise VIRTVTEM FORMA DECORAT. La National Gallery la traduit par « La beauté pare la vertu » [1]. La phrase est brève, mais riche de sens.

La devise relie la beauté extérieure à la valeur intérieure. Elle ne dit pas que la beauté remplace la vertu : elle affirme qu’elle la pare. Le revers éclaire ainsi la façon dont on pouvait regarder l’avers. L’apparence de Ginevra ne se réduit pas à une séduction physique. Elle est associée à la vertu, à la réputation et au langage cultivé de l’élite florentine.

C’est également pourquoi le revers n’est pas un ajout décoratif secondaire. Il modifie le fonctionnement de l’objet entier. Pour qui connaît les deux faces, le portrait devient un dialogue : l’avers offre ressemblance et présence ; le revers, une clé morale et poétique.

Bernardo Bembo et les limites des preuves

Le revers fait également entrer en scène Bernardo Bembo, ambassadeur de Venise à Florence. La National Gallery indique que laurier et palmier constituaient son emblème personnel et qu’un examen infrarouge a révélé sa devise, « Vertu et Honneur », sous celle de Ginevra [1].

Ces éléments sont importants, mais leurs limites le sont aussi. Selon la NGA, Bembo commanda probablement la peinture emblématique du revers. Elle ajoute qu’il est possible, sans que cela soit prouvé, qu’il ait commandé l’avers [1]. Il faut garder cette distinction nette.

Autrement dit, le revers rend Bembo très pertinent pour l’objet, et particulièrement pour l’emblème. Il ne permet pas pour autant de transformer tout le portrait à deux faces en une commande de Bembo entièrement documentée. La formulation la plus sûre reste donc conditionnelle : Bembo est probablement lié au verso ; son rôle dans la commande de l’avers est plausible, mais non établi.

Cette incertitude appartient à l’histoire de l’objet. Le revers témoigne d’un monde de poésie, de devises, d’échanges sociaux et d’ambiguïtés soigneusement entretenues, non d’un récit de commande totalement documenté.

Un emblème peint, pas simplement le dos d’un panneau

La célébrité de la face avant de Ginevra de’ Benci peut faire paraître le revers secondaire. Mais il n’est pas seulement le dos du panneau : c’est un portrait emblématique. Il donne au modèle une seconde identité, faite de signes plutôt que de traits du visage [1].

L’emblème étend l’identité de Ginevra au-delà de sa ressemblance. Elle appartenait à une société florentine où poésie, vertu, réputation et jeux de mots avaient leur importance. La notice de la National Gallery sur l’avers rappelle son milieu d’élite et le rôle du jeu verbal autour de son nom [2]. Un article ultérieur de la NGA situe le portrait parmi les premières recherches de Léonard sur la technique à l’huile et la pose, faisant du revers une partie de ce même projet de jeunesse plutôt qu’une curiosité marginale [4].

Il modifie aussi notre perception du temps. Le visiteur d’aujourd’hui voit généralement la face avant, puis apprend l’existence du revers. Mais l’objet fut conçu avec deux faces. Son sens reste incomplet si l’on n’imagine pas le retourner.

Les faits matériels et le panneau rogné

La NGA décrit le revers comme une détrempe sur panneau ; le panneau d’origine mesure 38,1 × 37 cm, tandis que le panneau avec l’ajout inférieur mesure au total 42,7 × 37 cm [1]. Ces mesures comptent, car l’objet actuel n’est pas simplement un rectangle intact des années 1470.

Les notices de l’avers et du revers distinguent toutes deux le panneau d’origine de l’ajout ultérieur sur le bord inférieur [1] [2]. Cette distinction se voit particulièrement au revers, où les parties basses de la couronne et du phylactère rendent l’histoire du panneau plus sensible. Mieux vaut donc parler de l’objet conservé et de ses ajouts documentés que prétendre voir son format initial complet.

Le sceau rouge au revers appartient lui aussi à l’histoire ultérieure de l’objet. Selon la provenance établie par la NGA, le tableau se trouvait certainement dans la collection Liechtenstein dès 1733 et fut acheté par la National Gallery en 1967 [1]. Le sceau ne fait donc pas partie de l’emblème original de Léonard, mais il appartient à l’objet tel qu’il a survécu.

Pourquoi cette page complémentaire importe

Lu à côté du portrait de Ginevra de’ Benci, le revers montre comment Léonard et son milieu pouvaient transformer une ressemblance en système de signes. L’avers reste l’image principale du portrait ; le revers montre comment plantes, devise et signification sociale complètent l’objet.

Lu avec la page principale sur Ginevra de’ Benci, le revers précise trois idées. D’abord, il montre comment Léonard associait identité et formes naturelles. Ensuite, il montre comment devise et emblème pouvaient faire parler un portrait. Enfin, il explique pourquoi l’histoire de la commande exige de la prudence : le revers renvoie fortement à Bembo, tandis que l’avers ne permet toujours pas de conclusion certaine.

Il en résulte une petite image dotée d’un grand rôle dans l’interprétation. C’est la face cachée de l’un des premiers portraits de Léonard ; elle invite à lire beauté, vertu et identité aussi attentivement qu’un visage.

Questions fréquentes

S’agit-il d’un tableau indépendant de Léonard ?
L’image est cataloguée comme une face distincte de l’objet, mais elle constitue le revers de Ginevra de’ Benci. Il faut la lire comme une image complémentaire du même portrait à deux faces [1] [2].
Que signifie VIRTVTEM FORMA DECORAT ?
La National Gallery traduit la devise par « La beauté pare la vertu ». Elle relie la beauté extérieure de Ginevra à la vertu exprimée par l’emblème [1].
Pourquoi le laurier, le palmier et le genévrier ?
Le genévrier rappelle le prénom de Ginevra par l’italien ginepro. Laurier et palmier symbolisent les vertus intellectuelle et morale ; ils sont également liés à l’emblème personnel de Bernardo Bembo [1].
Bernardo Bembo a-t-il commandé le portrait ?
Les preuves concernent surtout son lien avec le revers. Selon la National Gallery, il commanda probablement l’emblème peint au verso, tandis que la commande de l’avers par Bembo demeure possible, mais non prouvée [1].
Pourquoi consacrer une page au revers ?
La page principale sur Ginevra de’ Benci présente le portrait dans son ensemble. Cette page complémentaire examine plus précisément le revers : plantes, devise, preuves relatives à Bembo, faits matériels et structure à deux faces.

Discussion

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Références

  1. National Gallery of Art, Washington, DC, « Wreath of Laurel, Palm, and Juniper with a Scroll inscribed Virtutem Forma Decorat [reverse] ».
  2. National Gallery of Art, Washington, DC, « Ginevra de’ Benci [obverse] ».
  3. David Alan Brown et coll., *Virtue and Beauty: Leonardo’s Ginevra de’ Benci and Renaissance Portraits of Women*, National Gallery of Art, publié en ligne le 1er janvier 2001.
  4. National Gallery of Art, « 10 Surprising Facts About Leonardo da Vinci’s Ginevra de’ Benci », 25 janvier 2024.