Bacchus, tableau de l’atelier de Léonard attribué à Francesco Melzi. Acheter des reproductions sur Amazon

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Tom Gurney BSc (Hons) est spécialiste de l’histoire de l’art depuis plus de 20 ans
Page créée le 22 septembre 2026 / Mise à jour le 22 septembre 2026
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Bacchus et l’atelier de Léonard

Le tableau généralement connu sous le nom de Bacchus exige d’emblée une attribution prudente. La notice de référence du Louvre ne le présente pas simplement comme un Bacchus peint par Léonard. Elle inscrit l’objet sous le titre Saint Jean Baptiste, lui donne les numéros d’inventaire INV 780 ; MR 325 et le rattache à l’atelier de Léonard de Vinci, avec une attribution à Francesco Melzi. [1]

Cette identité complexe est précisément ce qui justifie une étude particulière. L’œuvre se situe à la rencontre des inventions tardives de Léonard, des pratiques de son atelier, de son histoire dans les collections et d’une transformation intervenue au XVIIe siècle. Elle se présente aujourd’hui comme une jeune figure en pied dans un paysage, couronnée et munie d’attributs associés à Bacchus. La notice du Louvre explique pourtant qu’elle était d’abord une image de saint Jean-Baptiste, transformée en Bacchus au XVIIe siècle. [1]

Cette œuvre demande donc une attention différente de celle accordée aux peintures les plus connues de Léonard. La Joconde, La Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne et le petit Saint Jean Baptiste du Louvre possèdent des identités fondées sur une attribution directe à Léonard dans les notices du musée. [2] [3] Le cas de Bacchus est plus délicat. Il faut le lire comme un tableau d’atelier transformé, lié à une invention de Léonard et au nom de Melzi, mais non comme un chef-d’œuvre autographe que l’on pourrait lui attribuer sans réserve.

Cela ne diminue pas son importance. Le tableau révèle autre chose : la manière dont les types de figures tardifs de Léonard ont pu circuler, être retravaillés, renommés et réinterprétés. Il montre aussi pourquoi l’identité d’un objet compte. Un titre familier peut masquer une histoire plus complexe. Ici, le mot Bacchus désigne l’apparence ultérieure du tableau, tandis que le titre du Louvre, Saint Jean Baptiste, conserve la trace de son sujet religieux antérieur à la transformation. [1]

En bref

  • AttributionAtelier de Léonard de Vinci ; attribué à Francesco Melzi
  • Titre usuelBacchus
  • Titre au LouvreSaint Jean Baptiste
  • DateVers 1517–1520
  • Technique et supportHuile sur toile, transposée du bois sur toile
  • Dimensions1,77 m de haut × 1,15 m de large
  • CollectionMusée du Louvre, département des Peintures
  • PrésentationSalle 710, aile Denon, niveau 1, selon la notice actuelle
  • InventaireINV 780 ; MR 325
  • StatutImage de saint Jean transformée en Bacchus au XVIIe siècle

Sommaire

  1. Bacchus et l’atelier de Léonard
  2. En bref
  3. Bacchus et le Saint Jean Baptiste du Louvre
  4. L’objet : inventaire, date, technique et présentation
  5. Attribution à l’atelier et Francesco Melzi
  6. De saint Jean-Baptiste à Bacchus
  7. Rapport avec le petit Saint Jean Baptiste de Léonard
  8. Transformation, restauration et prudence technique
  9. Provenance : Fontainebleau, collection royale et Louvre
  10. Ce qu’il ne faut pas affirmer
  11. Pourquoi cette page sur Bacchus compte

Bacchus et le Saint Jean Baptiste du Louvre

La notice du Louvre constitue le point de départ le plus sûr. Elle identifie l’objet comme Saint Jean Baptiste, lui attribue les numéros INV 780 ; MR 325 et le rattache au département des Peintures. [1] Le tableau est actuellement indiqué comme visible dans la salle 710, aile Denon, niveau 1, dans le même grand ensemble muséal que plusieurs œuvres majeures de Léonard. [1] [2]

Le titre fait partie des preuves. Bacchus demeure le nom courant dans la tradition léonardienne et sur cette page, mais la notice du Louvre montre que l’œuvre était d’abord une image de saint Jean-Baptiste, modifiée plus tard pour représenter Bacchus. [1]

Cette distinction importe, car Bacchus et saint Jean portent des significations très différentes. Bacchus est le dieu antique du vin, de l’extase et de la transformation. Saint Jean-Baptiste est le prophète qui annonce le Christ et oriente le regard au-delà de lui-même. Un tableau qui passe de l’une à l’autre de ces identités n’est pas seulement une représentation d’un sujet : c’est un objet dont l’histoire de réinterprétation reste visible.

Les attributs visibles renvoient désormais à la mythologie antique : vigne ou lierre, bâton, raisins et paysage. La notice du Louvre conserve néanmoins l’identité plus ancienne en intitulant l’œuvre Saint Jean Baptiste et en enregistrant sa transformation au XVIIe siècle. [1] Cette page garde donc les deux faits en vue : l’œuvre est généralement rencontrée comme Bacchus, alors que l’objet du Louvre est un saint Jean transformé.

Cette double identité lui donne sa place dans le groupe des pages consacrées à Léonard. Elle le rapproche du petit Saint Jean Baptiste du Louvre, sans qu’il faille les confondre. Le petit Saint Jean, INV 775 ; MR 318, est un tableau autographe distinct de Léonard : une figure à mi-corps surgissant de l’obscurité et pointant vers le haut. [3] Bacchus, INV 780 ; MR 325, est une figure en pied, plus grande et située dans un paysage, dont l’attribution et l’histoire du sujet sont différentes. [1]

L’objet : inventaire, date, technique et présentation

Le Louvre date l’objet Bacchus/Saint Jean Baptiste du premier quart du XVIe siècle, vers 1517–1520. [1] Il le situe ainsi dans le milieu des dernières années de Léonard et de son entourage immédiat. Cette date compte, mais elle ne doit pas servir à transformer le tableau en œuvre autographe de Léonard. La formulation du Louvre est plus prudente : atelier de Léonard de Vinci, avec une attribution à Francesco Melzi. [1]

La technique et le support indiquent aussi une histoire matérielle faite de changements. Le Louvre décrit l’œuvre comme une huile sur toile transposée du bois sur toile. [1] Cette transposition rappelle que l’état matériel actuel du tableau n’est pas identique à son support d’origine. Il n’est pas nécessaire d’en faire un récit spectaculaire de conservation. Le point essentiel suffit : l’œuvre est aujourd’hui sur toile, mais elle a été transférée depuis un panneau de bois. [1]

Le Louvre donne des dimensions de 1,77 mètre de haut sur 1,15 mètre de large et indique séparément les dimensions accessoires. [1] L’œuvre est donc sensiblement plus grande que le petit Saint Jean Baptiste du Louvre, mesuré à 0,729 sur 0,563 mètre dans la notice du musée. [3] Cette différence d’échelle confirme qu’il faut distinguer les objets. Il ne s’agit pas de deux noms pour le même tableau, mais de deux œuvres du Louvre dont les numéros d’inventaire, les formats, les sujets et les questions d’attribution diffèrent.

Le Louvre indique actuellement que le tableau est visible dans la salle 710, aile Denon, niveau 1. [1] La présentation d’un musée pouvant changer, cette localisation est rapportée comme l’indication actuelle du Louvre, non comme un état permanent de l’objet.

Le numéro d’inventaire mérite d’être clairement indiqué, car il évite une confusion fréquente autour des images de saint Jean liées à Léonard. INV 780 ; MR 325 désigne l’œuvre d’atelier transformée dont il est question ici. [1] INV 775 ; MR 318 désigne le petit Saint Jean Baptiste autographe. [3] Garder ces numéros en vue est un moyen simple de maintenir la précision du récit.

Attribution à l’atelier et Francesco Melzi

L’attribution est essentielle. La notice du Louvre n’assigne pas le tableau à Léonard seul. Elle le rattache à son atelier et nomme Francesco Melzi comme artiste auquel il est attribué. [1] Melzi fut l’un des élèves et héritiers les plus proches de Léonard. Son nom compte pour les œuvres voisines des projets tardifs du maître sans être assurément de sa main.

Cette manière d’attribuer l’œuvre change tout le ton de l’article. On peut décrire le tableau comme lié à Léonard, issu de son atelier et associé à ses inventions tardives. On ne doit pas le présenter comme une peinture certainement exécutée par Léonard de Vinci lui-même. La distinction n’est pas un détail érudit. Elle influe sur la compréhension de chaque aspect de l’objet : son style, son sujet, ses liens avec le petit Saint Jean, et sa place parmi les œuvres léonardiennes du Louvre.

La notice du Louvre évoque également un dessin à la sanguine que certains chercheurs avaient autrefois considéré comme une preuve d’une conception de Léonard lui-même. Le musée se montre plus prudent : selon lui, le dessin de Varèse devrait plutôt être regardé comme une œuvre d’atelier, peut-être de Francesco Melzi. [1] Cette précision empêche un raisonnement séduisant mais risqué. Un dessin apparenté ne suffit pas à faire du tableau une œuvre autographe de Léonard.

Le tableau résiste donc à une histoire romanesque dans laquelle Léonard aurait créé un Bacchus, Melzi se serait contenté de l’aider et les siècles suivants auraient obscurci la vérité. La notice du Louvre indique autre chose. Elle conserve le lien avec l’atelier de Léonard, mais attribue l’œuvre à Melzi et traite la transformation du sujet comme une intervention ultérieure. [1]

Cette prudence renforce l’étude. L’attribution à l’atelier montre comment les inventions tardives de Léonard ont circulé parmi ses élèves, ses assistants et les collectionneurs. Elle explique aussi pourquoi une notice de musée peut préserver l’association familière avec Léonard sans considérer l’objet comme une peinture sûrement autographe.

De saint Jean-Baptiste à Bacchus

La notice du Louvre indique que le tableau fut transformé en Bacchus au XVIIe siècle. [1] Cette information doit guider son interprétation publique. L’identité bachique est bien présente dans l’image actuelle, mais elle n’en était pas simplement le sujet initial. Les attributs de la figure ont été modifiés de sorte qu’une image de saint Jean puisse être lue comme Bacchus.

Cette transformation aide à comprendre pourquoi le tableau peut sembler légèrement instable. Il ne s’agit pas simplement d’un dieu antique dans un paysage. La pose, le type de corps et le geste de désignation appartiennent à un ensemble plus vaste d’images de saint Jean liées à Léonard. Les attributs ajoutés ensuite réorientent la figure vers Bacchus. L’image qui en résulte garde des traces de deux mondes : la prophétie chrétienne et la mythologie antique.

Le Louvre identifie des modifications bachiques précises, dont l’ajout ou le changement d’attributs tels que les raisins, la couronne de lierre et le thyrse. [1] Ces éléments permettent de reconnaître Bacchus dans l’image actuelle. Mais, puisqu’ils appartiennent à une transformation ultérieure, ils ne prouvent pas que Léonard ait conçu à l’origine un programme mythologique.

L’identité initiale de saint Jean importe parce que son iconographie repose sur le témoignage et le geste qui désigne. Dans l’Évangile selon Jean, il est décrit comme un témoin de la lumière, et non comme la lumière elle-même. [4] Dans l’Évangile selon Matthieu, il apparaît comme le prédicateur du désert, associé à un rôle prophétique austère. [5] Le petit Saint Jean Baptiste de Léonard au Louvre concentre ce témoignage dans une figure à mi-corps surgissant de l’obscurité. [3] Le grand objet Bacchus/Saint Jean appartient à la même tradition, mais par la transmission d’atelier et la transformation ultérieure, non par une identité directe.

Le changement du XVIIe siècle relève aussi de l’histoire des collections. Les collectionneurs de l’époque moderne recevaient, renommaient, modifiaient ou réinterprétaient souvent des œuvres selon l’évolution des goûts. Une figure religieuse pouvait devenir mythologique si sa pose et ses attributs s’y prêtaient. Ici, la surface bachique plus tardive n’a pas totalement effacé l’identité antérieure de saint Jean. La notice du Louvre conserve les deux histoires. [1]

Rapport avec le petit Saint Jean Baptiste de Léonard

La comparaison la plus importante est celle du petit Saint Jean Baptiste du Louvre, INV 775 ; MR 318. [3] Selon le musée, ce tableau est une œuvre autographe de Léonard, datée d’environ 1508–1519, peinte à l’huile sur bois de noyer et encore inachevée à la mort de l’artiste. [3] Il montre une seule figure à mi-corps, souriante, émergeant de l’obscurité et désignant le haut.

L’objet Bacchus/Saint Jean diffère presque en tout sur le plan matériel. Il est plus grand, montre une figure en pied dans un paysage, est décrit comme une huile sur toile transposée depuis le bois et appartient à l’atelier de Léonard, avec une attribution à Francesco Melzi. [1] Son inventaire porte les numéros INV 780 ; MR 325. [1] Il faut expliciter ces différences, faute de quoi les deux œuvres risquent de se confondre dans l’esprit du lecteur.

La comparaison reste néanmoins utile. Les deux œuvres touchent à la tradition de saint Jean-Baptiste, présentent une jeune figure, un corps tourné et un geste de désignation. Elles appartiennent toutes deux à l’entourage tardif de Léonard au Louvre. Toutes deux montrent comment une figure peut diriger l’attention du spectateur au-delà d’elle-même. Mais la comparaison ne doit jamais fusionner les deux objets.

Une présentation prudente peut dire que Bacchus révèle la postérité du type de saint Jean inventé par Léonard. Elle peut aussi proposer le petit Saint Jean comme point de comparaison autographe sûr pour la manière tardive dont Léonard traite le Baptiste. Elle ne peut pas affirmer sans risque que le grand Bacchus est simplement un autre saint Jean peint par Léonard, ni que la transformation en Bacchus faisait partie de son projet final.

La distinction protège aussi les deux œuvres contre leur assimilation. Le petit Saint Jean est le tableau autographe du Louvre INV 775 ; MR 318, avec son iconographie du témoin de la lumière. Bacchus est centré sur INV 780 ; MR 325, l’attribution à l’atelier et la transformation ultérieure. Les œuvres peuvent s’éclairer mutuellement, mais chacune doit être gouvernée par sa propre notice d’objet.

Transformation, restauration et prudence technique

La notice du Louvre fait de la transformation un élément central de l’histoire de l’objet. [1] Elle mentionne aussi la restauration et l’examen technique pour comprendre son état et ses modifications. [1] Ces renseignements sont précieux, mais exigent des formulations disciplinées.

Ce que l’on peut affirmer le plus solidement au public, c’est que le tableau fut transformé en Bacchus au XVIIe siècle et que des études ultérieures ont aidé à éclaircir certains aspects du changement. [1] Un récit responsable n’a pas besoin d’inventer une séquence technique complète, de nommer des couches cachées sans source directe ou d’affirmer que chaque attribut actuel peut être rapporté à une date ou à une main précise.

La transposition du bois sur toile compte également. [1] Un tel transfert peut modifier profondément l’histoire matérielle d’un tableau, mais il ne faut pas dramatiser le processus sans preuve. Il suffit d’indiquer la technique et le support actuels et d’expliquer leur importance : l’objet que nous voyons a connu à la fois une transformation iconographique et une intervention matérielle.

Les tableaux transformés invitent à la spéculation, mais les preuves conservées ne répondent pas à toutes les questions. La notice du Louvre établit l’identité antérieure de saint Jean et la transformation ultérieure en Bacchus ; elle ne reconstitue pas complètement l’apparence initiale et ne tranche pas la part du premier projet que l’on pourrait rattacher à la main de Léonard lui-même. [1]

Cette incertitude peut faire partie de l’expérience du lecteur. Le tableau importe non parce qu’il offre une solution simple, mais parce qu’il révèle plusieurs strates : invention artistique, exécution en atelier, goût des collectionneurs et histoire de la restauration. Un récit solide doit les laisser visibles sans prétendre que tout soit définitivement établi.

Provenance : Fontainebleau, collection royale et Louvre

La notice du Louvre retrace une histoire royale et muséale française qui aide à comprendre la présence de l’œuvre dans le contexte léonardien du musée. [1] Le tableau est mentionné pour la première fois en 1625 par Cassiano dal Pozzo à Fontainebleau. [1] La notice juge probable une entrée antérieure dans la collection royale française, sans pouvoir l’établir avec la même certitude que les étapes documentées plus tard. [1]

Cette première mention situe le tableau dans un important cadre royal français. Fontainebleau a joué un grand rôle dans la réception ultérieure des œuvres liées à Léonard en France ; une histoire française ancienne probable ne vaut toutefois ni commande documentée ni don attesté.

Le tableau appartint ensuite à la collection de la Couronne et entra au Louvre à l’époque révolutionnaire. [1] La notice situe son entrée dans le contexte de 1793. [1] Cette histoire muséale publique importe, car l’identité de l’objet comme Bacchus ou Saint Jean Baptiste a été façonnée non seulement par sa création, mais aussi par ses modes de collecte, de présentation et de catalogage.

La provenance s’accorde aussi avec l’histoire de la transformation. Lorsqu’un tableau est répertorié dans une collection royale, son titre, son sujet et son apparence ont parfois déjà changé. L’objet Bacchus/Saint Jean n’est pas une œuvre de la Renaissance figée au moment de sa création. Il a une vie ultérieure.

Cette vie française relie le tableau à la réception de Léonard en France et à l’ensemble plus vaste des œuvres du maître conservées au Louvre. [2] La provenance peut établir une présence historique et l’importance d’une collection, mais l’attribution doit toujours suivre la notice d’objet du musée.

Ce qu’il ne faut pas affirmer

La formule la plus simple, « Bacchus de Léonard de Vinci », est trop catégorique au regard des sources actuelles. « Bacchus et l’atelier de Léonard », ou une autre formulation qui rend l’attribution visible d’emblée, constitue un cadre plus sûr.

La deuxième erreur serait de tenir les attributs bachiques pour originaux. La notice du Louvre indique que le tableau fut transformé en Bacchus au XVIIe siècle. [1] Raisins, lierre et thyrse appartiennent à la lecture bachique actuelle, mais ils ne doivent pas être présentés comme l’expression d’un programme mythologique conçu à l’origine par Léonard.

La troisième erreur serait de confondre ce tableau avec le petit Saint Jean Baptiste autographe. Les deux œuvres du Louvre possèdent des numéros d’inventaire, des formats, des informations de technique et de support, ainsi que des statuts d’attribution différents. [1] [3] Elles sont liées par la tradition du sujet et par l’entourage de Léonard, non par une identité matérielle.

La quatrième erreur serait de traiter l’attribution à l’atelier comme un compromis vague. « Atelier » n’est ni une excuse ni une étiquette décorative. C’est ici la catégorie d’attribution de référence, avec Francesco Melzi expressément nommé par le Louvre. [1] Le fait peut être dit sans détour.

Les preuves techniques demandent elles aussi de la retenue. La notice du Louvre étaye la transformation et fournit des données matérielles importantes, mais un récit détaillé de conservation exigerait des sources techniques citées directement.

Pourquoi cette page sur Bacchus compte

Bacchus est important parce qu’il montre comment une image liée à Léonard peut changer d’identité au fil du temps. Ce n’est pas l’un des sujets les plus simples du corpus léonardien, mais l’un des plus révélateurs. Il invite le lecteur à penser simultanément à l’attribution, au travail de l’atelier, à la transformation iconographique et aux titres donnés par les musées.

La valeur du tableau n’est pas de nous fournir une autre œuvre autographe certaine de Léonard : il ne le fait pas. Il préserve plutôt une invention tardive de son atelier, attribuée par le Louvre à Francesco Melzi, dans une forme remaniée par la suite pour devenir Bacchus. [1] L’histoire est donc celle de plusieurs transformations : un sujet religieux devenu dieu antique, un panneau de bois devenu toile, un objet d’atelier devenu tableau royal puis muséal, et un titre traditionnel simplificateur remplacé par une description moderne plus précise.

Dans le parcours consacré à Léonard, ce sujet accomplit un travail important de clarification. Il protège le petit Saint Jean Baptiste autographe de la confusion. Il donne à Melzi et à l’atelier une place plus nette. Il montre pourquoi les termes d’attribution des musées sont importants. Et il remplace l’idée trompeuse d’une œuvre autographe par une vérité plus intéressante.

Le titre familier Bacchus demeure utile, mais l’identité de l’objet qui se cache derrière est plus précise : un Saint Jean Baptiste du Louvre transformé en Bacchus, lié à l’atelier de Léonard et attribué à Francesco Melzi. [1]

Questions fréquentes

Léonard de Vinci a-t-il peint Bacchus ?
Le Louvre ne présente pas Bacchus comme une peinture autographe certaine de Léonard. Il rattache l’objet à son atelier et l’attribue à Francesco Melzi. [1]
Pourquoi le Louvre appelle-t-il Bacchus Saint Jean Baptiste ?
Sa notice explique que l’objet était d’abord une image de saint Jean-Baptiste et qu’il fut transformé en Bacchus au XVIIe siècle. [1]
Qui était Francesco Melzi ?
Francesco Melzi fut l’un des élèves et héritiers les plus proches de Léonard. Le Louvre le nomme dans l’attribution de cette œuvre liée à l’atelier. [1]
Quand Bacchus a-t-il été peint ?
Le Louvre date l’objet du premier quart du XVIe siècle, vers 1517–1520. [1]
Comment saint Jean est-il devenu Bacchus ?
Le Louvre documente une transformation au XVIIe siècle : des attributs bachiques comme les raisins, le lierre et un thyrse ont modifié la lecture de la figure. [1]
Bacchus est-il le même tableau que le Saint Jean Baptiste de Léonard ?
Non. Bacchus porte les numéros INV 780 ; MR 325, tandis que le petit Saint Jean Baptiste autographe est un autre objet du Louvre, INV 775 ; MR 318. [1] [3]
Où se trouve Bacchus aujourd’hui ?
Le Louvre indique actuellement que le tableau est visible dans la salle 710, aile Denon, niveau 1. [1]

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Références

  1. Musée du Louvre, notice de l’œuvre Saint Jean Baptiste, INV 780 ; MR 325.
  2. Musée du Louvre, exposition Léonard de Vinci, 2019–2020.
  3. Musée du Louvre, notice de l’œuvre Saint Jean Baptiste, INV 775 ; MR 318.
  4. Bible Gateway, Évangile selon Jean 1,6–8, version King James.
  5. Bible Gateway, Évangile selon Matthieu 3,1–4, version King James.