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by
Tom Gurney BSc (Hons) is an art history expert with over 20 years experience
Published on June 19, 2020 / Updated on July 26, 2026
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Femme écrivant une lettre de Johannes Vermeer : Introduction

Femme écrivant une lettre de Johannes Vermeer est l’une de ses images les plus directes de la communication privée. Une jeune femme est assise à une table, plume en main, et regarde vers le spectateur comme si elle avait été interrompue dans l’acte d’écrire. Elle porte une veste jaune bordée de fourrure pâle, des perles aux oreilles et dans les cheveux, et une expression calme qui révèle très peu.

La National Gallery of Art de Washington conserve le tableau sous le titre A Lady Writing, vers 1665, huile sur toile, 45 x 39,9 cm, numéro d’acquisition 1962.10.1. [1] C’est l’une des plus belles peintures de lettres de Vermeer, mais contrairement à Femme en bleu lisant une lettre ou à La Lettre d’amour, elle ne montre ni le contenu ni même la direction du message. Le drame est l’acte d’écrire lui-même.

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En un coup d’œil

  • ArtisteJohannes Vermeer
  • TitreFemme écrivant une lettre
  • DateVers 1665
  • TechniqueHuile sur toile
  • Dimensions45 x 39,9 cm
  • CollectionNational Gallery of Art, Washington
  • Numéro d’acquisition1962.10.1
  • Thèmes principauxÉcriture de lettre, interruption, regard, veste jaune, perles, communication privée

Sommaire

  1. Introduction
  2. En un coup d’œil
  3. Ce que montre le tableau
  4. Écriture et interruption
  5. La veste jaune
  6. Perles, lumière et surface
  7. Portrait ou peinture de genre?
  8. Le spectateur comme interruption
  9. La table d’écriture
  10. Révision technique et plume
  11. La veste jaune dans l’œuvre de Vermeer
  12. Place dans l’œuvre de Vermeer
  13. Questions fréquentes

Ce que montre le tableau

La femme est assise derrière une table couverte d’objets liés à l’écriture et à la présentation. Elle tient une plume dans sa main droite. Une feuille de papier est posée devant elle. Sur la table se trouvent une boîte à bijoux, des rubans ou cordons et d’autres petits objets. Sa veste jaune accroche la lumière, tandis que le fond reste simple et contrôlé.

Le trait le plus frappant est son regard. Elle se tourne vers le spectateur, mais sans surprise ni alarme. Son regard est composé, presque conversationnel. Vermeer crée la sensation que le spectateur est entré dans la pièce à un moment délicat, et pourtant la femme garde le contrôle de la rencontre.

Cela distingue le tableau de nombreuses scènes narratives de lettres. Il n’y a pas de messager, pas de destinataire visible et pas de crise émotionnelle évidente. La lettre existe comme acte, non comme histoire que le spectateur pourrait décoder. L’attention de la femme se partage entre page et spectateur, intimité et présence sociale.

Écriture et interruption

L’écriture de lettres fut l’un des grands thèmes de Vermeer. Dans ses tableaux, les lettres peuvent suggérer amour, absence, secret, échange social ou incertitude. Femme écrivant une lettre est particulièrement subtile parce qu’elle montre l’écrivaine avant que le message soit achevé. Nous ne sommes pas invités à lire la lettre. Nous sommes invités à considérer la personne qui l’écrit.

L’interruption est soigneusement équilibrée. Si la femme paraissait surprise, le tableau deviendrait anecdotique. Si elle ignorait le spectateur, il deviendrait une image plus fermée de concentration. Vermeer maintient au contraire le moment entre ces états. La femme reconnaît qu’elle est vue, mais elle ne livre pas son intimité.

La plume est essentielle à cet équilibre. Les documents techniques de la National Gallery of Art indiquent que l’imagerie infrarouge a révélé une position antérieure plus verticale de la plume. [2] Vermeer a affiné le geste, et l’angle final aide à relier main, papier et spectateur. L’acte d’écrire reste actif, même si la scène est immobile.

La veste jaune

La veste jaune est l’un des éléments les plus mémorables du tableau. La National Gallery of Art note qu’une veste semblable apparaît dans plusieurs peintures de Vermeer et qu’un tel vêtement figurait dans son inventaire domestique. [1] La bordure de fourrure peut imiter l’hermine plutôt qu’être de véritable hermine, rappel utile que les effets de luxe chez Vermeer sont souvent picturaux et sociaux plutôt que de simples preuves documentaires.

La veste relie aussi le tableau à d’autres intérieurs de Vermeer. Le jaune apparaît dans Femme au collier de perles, La Lettre d’amour et des œuvres proches. Vermeer l’utilise pour capter la lumière, définir la figure et créer un contraste chaud avec le mur froid et les perles.

Le vêtement n’est pas seulement un costume. Il aide la femme à occuper la pièce. Sa couleur et sa texture renforcent sa présence, tandis que la table sombre et le mur clair contrôlent l’espace environnant.

Perles, lumière et surface

Les perles reviennent dans toute l’œuvre de Vermeer, et dans Femme écrivant une lettre elles aident à définir le monde social du modèle. Elles sont petites mais visuellement actives, captant des points de lumière près du visage et des cheveux. Comme la boîte à bijoux sur la table, elles suggèrent raffinement, valeur et présentation.

Vermeer ne fait pas crier ces objets. Le luxe du tableau est discret. La lumière glisse sur les surfaces avec retenue: veste, peau, papier, perles, table et mur. L’effet est intime plutôt qu’ostentatoire.

L’étude technique a également souligné le traitement en couches des pigments jaunes et des rehauts dans le tableau. [2] Ces détails comptent parce que l’image dépend d’ajustements très fins de couleur et de surface. La présence de la femme est construite par la peinture autant que par la pose.

Portrait ou peinture de genre?

Femme écrivant une lettre se situe entre portrait et peinture de genre. La figure est assez proche, frontale et individualisée pour paraître proche du portrait, mais elle n’est pas identifiée avec certitude. Le tableau est mieux compris comme une scène d’intérieur construite autour de l’écriture, de la présence sociale et de l’intimité contrôlée.

Cette ambiguïté fait partie de l’accomplissement de Vermeer. Il donne à la femme assez d’individualité pour retenir le spectateur, mais pas assez d’information biographique pour transformer l’œuvre en portrait documenté. Le résultat est un tableau sur la rencontre: un spectateur, une écrivaine, une lettre et une pièce tenus en équilibre.

Le spectateur comme interruption

La force du tableau dépend de l’arrivée implicite du spectateur. La femme ne s’est pas entièrement détournée de l’écriture, mais elle s’est assez interrompue pour rencontrer notre regard. Cela crée un échange social sans lui donner d’histoire. Nous ne savons pas si nous sommes bienvenus, attendus ou intrus.

Vermeer contrôle cette ambiguïté par la posture et l’expression. Le regard de la femme est calme, non surpris. Sa main reste près de la page. La plume appartient encore à l’acte d’écrire. L’interruption est donc délicate plutôt que dramatique.

C’est différent de Femme en bleu lisant une lettre, où la femme demeure enfermée dans l’attention privée. Dans Femme écrivant une lettre, la figure ouvre la scène vers nous tout en gardant la lettre privée. Vermeer donne accès à l’écrivaine, mais non au message.

La table d’écriture

La table est plus qu’un support d’objets. Elle crée une frontière entre le spectateur et la femme. Papier, boîte, rubans ou cordons et détails de bijouterie forment une petite zone de raffinement social. Le spectateur est proche, mais il n’est pas dans l’espace de la femme.

Cette barrière de table revient souvent chez Vermeer. Elle ralentit l’accès et structure le regard. Dans Femme écrivant une lettre, elle protège aussi la lettre. Nous pouvons voir l’acte d’écrire, mais non le contenu. L’intimité du tableau est préservée par la composition.

Les objets renforcent aussi l’équilibre entre communication et présentation. La femme écrit, mais elle est aussi vêtue et ornée. Perles, veste jaune et objets de table créent un monde de statut et d’apparence, tandis que plume et papier introduisent l’intention privée.

Révision technique et plume

La preuve infrarouge de la NGA concernant une position antérieure plus verticale de la plume est particulièrement utile parce qu’elle montre Vermeer affinant un geste petit mais important. [2] L’angle final de la plume rend l’action d’écrire plus calme et mieux intégrée à la pose de la femme.

C’est caractéristique de la méthode mûre de Vermeer. Un ajustement mineur peut modifier toute la température psychologique d’une image. Si la plume était trop verticale, le geste pourrait paraître plus emphatique. Dans sa position finale, la main reste active mais retenue.

La preuve technique rappelle aussi que le naturel apparent de Vermeer était construit. Le tableau paraît spontané parce que l’interruption est si délicatement équilibrée, mais cet équilibre a été obtenu par révision.

La veste jaune dans l’œuvre de Vermeer

La NGA note qu’une veste jaune semblable apparaît dans plusieurs peintures de Vermeer et figurait dans son inventaire domestique. [1] C’est l’un des liens d’objet les plus forts entre ses intérieurs peints et son monde domestique documenté. Il faut toutefois le traiter avec prudence: la présence du vêtement dans l’inventaire n’identifie pas le modèle et ne prouve pas que chaque veste peinte soit le même objet.

Ce qu’elle montre, c’est la capacité de Vermeer à réutiliser une matière domestique comme architecture picturale. La veste jaune donne chaleur, statut et surface porteuse de lumière. Elle relie aussi Femme écrivant une lettre à des tableaux comme Femme au collier de perles et La Lettre d’amour, où les vêtements jaunes définissent la structure colorée de la pièce.

La possible imitation de bordure d’hermine est également révélatrice. [1] Le luxe de Vermeer peut être à la fois réel et théâtral. La veste peut signaler l’élégance sans être un simple enregistrement de richesse aristocratique. Elle appartient à l’espace entre objet domestique, costume et effet peint.

Place dans l’œuvre de Vermeer

Femme écrivant une lettre appartient aux peintures de lettres de Vermeer, avec Femme en bleu lisant une lettre, La Lettre d’amour, Jeune fille lisant une lettre devant une fenêtre ouverte et Dame écrivant une lettre avec sa servante. Elle se relie aussi à Jeune fille au chapeau rouge par le regard direct et à Femme tenant une balance par les perles, l’intériorité et la lumière contrôlée.

Le tableau est important parce qu’il montre combien Vermeer a besoin de peu pour créer une tension psychologique. Une plume, un regard et une feuille de papier suffisent.

Il élargit aussi le groupe des lettres. Certaines peintures de lettres de Vermeer se concentrent sur la lecture, d’autres sur la remise ou l’accompagnement par une servante. Femme écrivant une lettre se concentre sur l’auteur. La femme ne reçoit pas seulement un message; elle en fabrique un.

Questions fréquentes

Où se trouve Femme écrivant une lettre de Vermeer?

Femme écrivant une lettre se trouve à la National Gallery of Art de Washington. [1]

Quand Vermeer a-t-il peint Femme écrivant une lettre?

La National Gallery of Art date le tableau vers 1665. [1]

Qui est la femme dans Femme écrivant une lettre?

Le modèle n’est pas identifié avec certitude. Le tableau ne doit pas être traité comme un portrait confirmé de l’épouse de Vermeer ou d’une personne nommée.

Pourquoi la veste jaune est-elle importante?

La veste jaune apparaît dans plusieurs peintures de Vermeer et aide à relier l’œuvre à son traitement plus large du costume, de la lumière et des intérieurs domestiques. [1]

Discussion

Qu’est-ce qui vous semble le plus important dans cette page : la composition, la lumière, le contexte, l’attribution ou la relation avec les autres œuvres de Vermeer ?

Pistes de lecture

Regarder lentement

Commencez par la lumière, les mains et les objets proches. Chez Vermeer, les petits déplacements visuels changent souvent le sens de toute la scène.

Contexte

Les collections, les restaurations et les formulations d’attribution comptent. Elles expliquent pourquoi certaines œuvres doivent être lues avec plus de prudence que d’autres.

Liens dans l’œuvre

Comparez la page avec les autres tableaux de lettres, de musique, de cartes ou de Delft pour voir comment Vermeer réutilise un petit nombre de problèmes visuels.

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Sources

  1. National Gallery of Art, A Lady Writing, 1962.10.1.
  2. National Gallery of Art, documents techniques sur les révisions et le traitement pictural de Vermeer.