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par
Tom Gurney, titulaire d'un BSc (avec distinction), est un expert en histoire de l'art avec plus de 20 ans d'expérience.
Publié le 19 juin 2020 / Mis à jour le 10 juillet 2026
Email: tomgurney1@gmail.com / Téléphone: +44 7429 011000

Lorenzo Ghiberti est inhabituel parmi les sculpteurs de la première Renaissance parce qu'il laissa une œuvre écrite étendue. Ses Commentarii traitent des artistes antiques et récents, de la vision, des proportions et de sa propre carrière. Ils donnent un accès remarquable à la manière dont il souhaitait être retenu, mais exigent de la prudence : l'autobiographie témoigne de la compréhension de soi et de l'autopromotion, non d'un récit impartial.

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Cette page emploie donc la paraphrase plutôt que des citations françaises inventées. Les emplacements renvoient à l'édition de Julius von Schlosser de 1912, dont le texte italien a été directement inspecté.[1]

L'édition de Lorenzo Bartoli de 1998 constitue la voie italienne moderne privilégiée, mais sa numérisation publique BNCF/Internet Culturale est incomplète. Le scan Schlosser dont l'accès est confirmé sert donc pour les passages précis ci-dessous.[2]

Sommaire

Le concours de 1401

Dans le deuxième Commentario, Ghiberti raconte que les responsables du baptistère recherchaient des maîtres compétents et que des artistes vinrent de toute l'Italie. Il identifie le sujet commun comme le Sacrifice d'Isaac, nomme les autres concurrents, puis affirme que les experts et les compétiteurs lui attribuèrent la victoire sans exception. (Schlosser 1912, p. imprimée 46.)

Le passage est précieux, mais cette assurance appartient à sa stratégie autobiographique. D'autres récits divergent sur la décision finale. Le résultat historique certain est que Ghiberti reçut la commande de la porte aujourd'hui dite Porte nord.

Liberté de conception pour la troisième porte

À propos de la future Porte du Paradis, Ghiberti affirme avoir reçu licence de conduire le travail de la manière qui lui paraîtrait la plus parfaite, ornée et riche. (Schlosser 1912, p. 48.)

Cette déclaration aide à comprendre la différence avec le format antérieur de vingt-huit panneaux, mais ne prouve pas que Ghiberti inventa seul chaque aspect du programme. Leonardo Bruni avait préparé une proposition et la formation de la structure finale à dix panneaux demeure incomplètement documentée.

Le passage établit surtout la revendication d'une responsabilité de conception exceptionnelle. Il ne doit pas effacer patrons, conseillers ou travail d'atelier.

Mesure et imitation de la nature

Ghiberti relie les panneaux à la mesure et à l'effort d'imiter la nature autant que possible. Il décrit des bâtiments organisés selon la raison par laquelle l'œil les mesure, afin qu'ils paraissent saillir lorsqu'on les voit de loin. (Schlosser 1912, p. 48–49.)

Il ne déclare pas simplement avoir « inventé la perspective ». Il montre que l'apparence optique, l'échelle relative et la diminution mesurée constituaient des problèmes conscients. L'architecture structure Isaac, Ésaü et Jacob ; le paysage et les armées diminuées créent la distance dans David et Goliath.

Relief extrêmement peu saillant

Ghiberti indique que les récits présentent une saillie extrêmement faible et que les figures proches paraissent plus grandes, les lointaines plus petites. L'ensemble suivrait ces mesures. (Schlosser 1912, p. 49.)

Ce passage relie technique physique et perception. La profondeur réelle du bronze ne représente qu'une fraction de l'espace figuré. Dorure et lumière rendent visibles ces transitions minimes, permettant au relief de fonctionner entre sculpture et dessin.

L'inventaire des panneaux par Ghiberti

Les mêmes pages donnent sa propre séquence des dix panneaux : création de l'homme et de la femme, désobéissance et expulsion, puis Caïn, Noé, Abraham, Isaac, Joseph, Moïse, Josué et David, et enfin la reine de Saba visitant Salomon. (Schlosser 1912, p. 49–50.)

L'inventaire confirme les sujets principaux, mais chaque panneau contient plusieurs épisodes. Des titres modernes abrégés comme Joseph vendu comme esclave deviennent trompeurs s'ils sont pris pour des descriptions complètes.

L'évaluation de la Porte du Paradis par Ghiberti

À la fin, Ghiberti présente la Porte comme l'œuvre la plus singulière qu'il ait produite et associe son achèvement à l'art, la mesure, l'ingéniosité, l'étude et la discipline. (Schlosser 1912, p. 50.)

Il s'agit d'un rare jugement d'artiste sur son propre chef-d'œuvre. Il doit être présenté comme une revendication, non un verdict extérieur. Sa valeur réside aussi dans les critères choisis : l'excellence dépend de la connaissance disciplinée et d'une fabrication maîtrisée autant que de la beauté.

La signature de la porte

La Porte porte aussi une inscription latine nommant Lorenzo di Cione Ghiberti et déclarant l'œuvre réalisée avec un art admirable. Contrairement à la prose des Commentarii, cette inscription appartient à l'objet public. Le catalogue scientifique de l'Opera del Duomo en consigne l'emplacement et le texte.[3]

L'inscription rend l'auteur visible dans une commande exécutée par un grand atelier. Elle ne nie pas la participation d'assistants ; elle identifie le maître public sous la direction duquel l'ensemble fut produit.

Vasari et le nom de Porte du Paradis

Vasari transmit plus tard la tradition selon laquelle Michel-Ange jugeait les portes dignes du Paradis. Cette formule relève de la réception, non des écrits de Ghiberti ni des documents de commande.

Séparer les voix améliore la lecture : Ghiberti construit son accomplissement, l'inscription proclame la paternité et Vasari transmet une réputation ultérieure. Elles ne doivent pas être fondues dans une collection indifférenciée de « citations de Ghiberti ».

Discussion

Ghiberti invite à regarder lentement : relief, dorure, narration et conservation changent souvent la lecture d'une œuvre lorsque l'on revient aux sources.

Discussion

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Références

  1. Warburg Institute, PDF de Schlosser 1912
  2. Internet Culturale/BNCF, notice de l'édition Bartoli 1998
  3. Catalogue scientifique de l'Opera del Duomo, Porte du Paradis (en italien)