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Le dernier panneau de la Porte du Paradis de Lorenzo Ghiberti remplace les conflits et séparations des histoires précédentes par une rencontre cérémonielle. Salomon et la reine de Saba s'approchent l'un de l'autre au centre d'un cadre architectural symétrique, accompagnés de leurs cours. La scène conclut la porte par l'équilibre, la reconnaissance et la rencontre plutôt que par une nouvelle séquence encombrée de violence ou de tromperie.
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Sommaire
- Le panneau final
- Salomon et la reine
- Architecture et symétrie
- Un autre type de récit
- Typologie et concile de Florence
- De la division à la réunion
- Relief, foule et hiérarchie
- Lire la fin de la Porte
Le panneau final
Le relief occupe la position inférieure droite de la Porte du Paradis. Le catalogue de l'Opera del Duomo l'identifie comme la Rencontre de Salomon et de la reine de Saba et enregistre son emplacement original sur les portes orientales du Baptistère. Le bronze doré original se trouve aujourd'hui au Museo dell'Opera del Duomo ; les portes extérieures sont des répliques.[1][2]
Le programme final de Ghiberti diffère de la proposition antérieure de Leonardo Bruni, qui prévoyait des scènes plus nombreuses dans des cadres quadrilobés et se terminait par le Jugement de Salomon. La porte conservée contient au contraire dix champs narratifs carrés et s'achève par la visite de la reine. Le processus exact par lequel ce changement fut décidé n'est pas entièrement documenté.
Salomon et la reine
Les deux souverains se rencontrent près de l'axe central. La reine approche depuis la gauche, accompagnée de femmes et de membres de sa cour. Salomon se tient à droite avec serviteurs, musiciens et courtisans assis. Leurs gestes créent une rencontre maîtrisée plutôt qu'un climax dramatique soudain.
La disposition bilatérale donne à chaque côté un poids visuel comparable. Les différences de vêtements, de suite et de direction préservent l'identité des deux groupes, mais la rencontre centrale les attire dans un ordre commun. Le sujet du relief s'exprime donc non seulement par les protagonistes, mais par la relation entre leurs communautés.
Architecture et symétrie
Une grande arche centrale domine le cadre, flanquée d'ouvertures plus petites et surmontée de fenêtres et d'un entablement horizontal. Des marches conduisent vers un espace ouvert où les cours se rassemblent. Pilastres, arches et verticales répétées organisent la foule dans la profondeur sans perdre la stabilité frontale appropriée au panneau final.
L'architecture est plus qu'un exercice de perspective. Elle produit un espace cérémoniel partagé. Les panneaux antérieurs de la Porte utilisent souvent terrain ou bâtiments pour séparer des moments successifs ; ici, la structure dominante réunit deux processions sous un même centre visuel.
Un autre type de récit
De nombreux panneaux de la Porte répètent les protagonistes à travers plusieurs épisodes. Le relief de Salomon est plus concentré. Son action principale est une rencontre, et son sens se développe par l'arrangement, l'approche et la reconnaissance plutôt que par une longue chaîne d'événements.
Cette concentration donne au panneau un caractère conclusif. Le spectateur a descendu les histoires de création, rivalité, trahison, loi, guerre et conquête. Au bas de la porte, le mouvement venu de deux côtés se résout en une rencontre équilibrée.
Typologie et concile de Florence
Le catalogue de l'Opera del Duomo discute les interprétations typologiques chrétiennes de Salomon et de la reine et relie la rencontre à des idées d'unité ecclésiastique. Il présente aussi une relation proposée avec le concile de Florence, où les Églises orientale et occidentale poursuivirent leur réunion en 1439.
Ces lectures sont des éléments importants de l'interprétation savante du panneau, mais elles ne sont pas équivalentes à un document de commande conservé qui ordonnerait explicitement à Ghiberti de commémorer le concile. Elles doivent donc être introduites comme des interprétations soutenues par le sujet, la date et l'analyse ultérieure du programme, non comme des faits incontestés.
Le panneau peut soutenir plusieurs niveaux de lecture à la fois. Il représente une visite royale biblique ; il peut fonctionner typologiquement dans un programme de Baptistère ; et des spectateurs ultérieurs peuvent associer sa rencontre équilibrée aux espoirs florentins de concorde religieuse et civique.
De la division à la réunion
Le catalogue officiel propose que la séquence descendante de la Porte explore à plusieurs reprises la séparation : l'humanité d'avec Dieu, le frère d'avec le frère, et les membres d'une famille par la trahison. La rencontre finale fournirait alors une image visuelle de recomposition.
Que le spectateur accepte ou non chaque élément de ce schéma interprétatif, le contraste formel est visible. Le panneau de Joseph contient séparation puis réconciliation ; celui de David contient bataille puis triomphe ; Salomon présente deux groupes ordonnés qui convergent sans conflit représenté. Sa symétrie rend la réunion perceptible avant toute explication théologique.
Relief, foule et hiérarchie
Les deux cours contiennent de nombreuses figures, mais le couple central reste lisible. Une projection plus forte au premier plan et un espacement plus clair autour de Salomon et de la reine les distinguent des assistants assis et debout. Les figures reculent sous les arches en relief progressivement moins saillant.
Ghiberti décrivit l'usage de la mesure et du bas-relief pour faire paraître les figures proches plus grandes et les figures éloignées plus petites. Ici, ces procédés servent la cérémonie plutôt que la bataille. La profondeur élargit l'échelle de l'assemblée, tandis que la symétrie maintient cette expansion sous contrôle.[3]
Lire la fin de la Porte
Commencer par la rencontre centrale, puis suivre la suite de la reine vers la gauche et la cour de Salomon vers la droite. Parcourir les marches et les arches en profondeur avant de revenir aux protagonistes. Ce mouvement vers l'extérieur puis de retour révèle comment le panneau équilibre pluralité et unité.
Comme conclusion de la Porte du Paradis, le relief doit être lu en relation avec les panneaux situés au-dessus. Son calme n'efface pas leur conflit. Il offre plutôt une image finale où la différence est organisée en rencontre, une fin exprimée par les corps, l'architecture et l'éclat partagé du bronze doré.
Discussion
Ghiberti invite à regarder lentement : relief, dorure, narration et conservation changent souvent la lecture d'une œuvre lorsque l'on revient aux sources.
Discussion
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Références
- Opera del Duomo, Rencontre de Salomon et de la reine de Saba (en italien)
- Opera del Duomo, Porte du Paradis
- Lorenzo Ghiberti, I Commentarii, éd. Julius von Schlosser (Berlin, 1912), pp. imprimées 48-50.


