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par
Tom Gurney, titulaire d'un BSc (avec distinction), est un expert en histoire de l'art avec plus de 20 ans d'expérience.
Publié le 19 juin 2020 / Mis à jour le 10 juillet 2026
Email: tomgurney1@gmail.com / Téléphone: +44 7429 011000

La Porte nord de Lorenzo Ghiberti pour le baptistère de Florence comprend vingt-huit reliefs en bronze placés dans de riches cadres quadrilobés. Réalisée entre 1403 et 1424, elle fut le projet déterminant de la première moitié de sa carrière et la base de la future Porte du Paradis. L'original est exposé au Museo dell'Opera del Duomo, tandis qu'une copie occupe le baptistère. [1]

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Sommaire

Du relief de concours à la commande monumentale

Le projet suivit le concours organisé en 1401 par l'Arte di Calimala. Ghiberti et Lorenzo Ghiberti réalisèrent les deux reliefs d'essai conservés du Sacrifice d'Isaac ; les autres propositions ont disparu. Les récits ultérieurs divergent au sujet du jugement : le résultat ne doit donc pas être présenté comme une victoire unanime incontestée. Le fait assuré est que Ghiberti reçut la commande, formalisée en 1403.[2]

Le concours concernait initialement un programme de l'Ancien Testament, mais les portes exécutées furent principalement consacrées à la vie du Christ. Ghiberti conserva un format apparenté aux portes antérieures d'Andrea Pisano, utilisant le quadrilobe répété comme unité narrative fondamentale.

Le programme des vingt-huit panneaux

Les vingt reliefs supérieurs racontent des épisodes du Nouveau Testament, depuis l'Annonciation et la Nativité jusqu'au ministère du Christ, à la Passion, à la Résurrection et à la Pentecôte. Les huit panneaux inférieurs présentent les quatre Évangélistes et les quatre Docteurs de l'Église.

La séquence doit être lue à l'échelle de l'objet entier. Les pages consacrées aux panneaux peuvent analyser le Baptême du Christ, l'Entrée à Jérusalem ou la Cène, mais la signification de la porte dépend de leurs relations. Les Évangélistes et les Docteurs situés en dessous établissent l'autorité textuelle et théologique du récit supérieur.

Chaque scène doit aussi composer avec le quadrilobe. Ses lobes saillants et ses angles étroits pouvaient contraindre l'organisation, mais Ghiberti les utilisa pour encadrer le mouvement. Les figures s'inclinent dans les courbes, l'architecture stabilise les groupes denses et les zones de bronze nu clarifient un geste ou une rencontre. Le format est hérité, mais les solutions varient d'un panneau à l'autre.

Bronze, fond sombre et or retrouvé

Pendant des siècles, la Porte nord fut souvent perçue comme un bronze sombre. La restauration commencée en 2013 établit que Ghiberti avait doré sélectivement à l'amalgame de mercure les figures en relief et les éléments ornementaux, tout en laissant le bronze environnant plus foncé. Ce contraste permettait aux corps, aux draperies et aux feuillages de capter la lumière sur le fond.

L'Opificio delle Pietre Dure mena le traitement pour l'Opera di Santa Maria del Fiore. Les restaurateurs employèrent des méthodes chimiques et mécaniques, ainsi qu'un nettoyage laser sélectif sur les zones dorées. La redécouverte de l'or ne fut pas simplement cosmétique : elle transforma la compréhension du projet visuel original en rétablissant la relation voulue entre relief lumineux et champ plus sombre. [3]

Il ne faut pas supposer que le traitement ou le schéma de surface correspond en tout point à celui de la Porte du Paradis. Les deux portes connurent des finitions, des histoires et des problèmes de conservation différents. Les méthodes modernes furent choisies selon l'état matériel de chaque objet.

Signature, portrait et paternité artistique

La porte comprend la signature de Ghiberti et une tête en autoportrait. Ces détails rendent l'auteur visible au sein d'un projet qui dépendait nécessairement d'un atelier. Pendant plus de vingt ans, des assistants participèrent au modelage, à la fonte, à la ciselure, à la dorure et à l'assemblage. Les mentions conservées des membres de l'atelier sont importantes, mais elles ne permettent pas d'attribuer des panneaux précis à de jeunes artistes célèbres sans preuve particulière.

La porte doit être comprise comme une œuvre conçue et dirigée par Ghiberti, puis réalisée par des équipes changeantes d'ouvriers qualifiés. Cette organisation devint plus importante encore lors de la commande, plus longue et plus complexe, de la Porte du Paradis.

Emplacement original et déplacement ultérieur

Les portes furent installées en 1424 à l'entrée orientale du baptistère, face à la cathédrale. Lorsque la Porte du Paradis fut achevée en 1452, la première porte de Ghiberti fut déplacée vers le portail nord. Son nom actuel décrit donc sa position ultérieure et familière, non son emplacement d'origine.

Ce déplacement est essentiel pour comparer les trois campagnes. Les portes d'Andrea Pisano, la première porte de Ghiberti et la Porte du Paradis occupèrent différents portails au fil du temps. Aujourd'hui, les originaux sont conservés ensemble au Museo dell'Opera del Duomo et des copies maintiennent l'organisation extérieure. [4]

Comparaison avec la Porte du Paradis

La Porte nord répartit le récit en vingt scènes enfermées dans des quadrilobes gothiques. La Porte du Paradis emploie dix grands rectangles dans lesquels plusieurs épisodes partagent des espaces continus. La différence est spectaculaire, mais la porte tardive s'appuie sur le savoir accumulé par l'atelier en matière de fonte, de clarté narrative, de finition des surfaces et d'assemblage monumental.

La première porte montre également que l'or, les décors spatiaux complexes et l'affirmation de l'auteur étaient déjà centraux chez Ghiberti. La Porte du Paradis ne remplaça pas une œuvre immature par une œuvre « Renaissance » : elle développa des possibilités élaborées pendant les vingt et une années du premier projet.

Discussion

Ghiberti invite à regarder lentement : relief, dorure, narration et conservation changent souvent la lecture d'une œuvre lorsque l'on revient aux sources.

Discussion

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Références

  1. Opera di Santa Maria del Fiore, Porte nord
  2. Catalogue de l'Opera del Duomo, Porte nord (en italien)
  3. Opera di Santa Maria del Fiore, rapport de restauration de la Porte nord (en italien)
  4. Opera di Santa Maria del Fiore, baptistère