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Tom Gurney, BSc (Hons), est spécialiste de l’histoire de l’art et possède plus de 20 ans d’expérience
Page créée le 2 mars 2018 / Page mise à jour le 6 octobre 2026
E-mail : tomgurney1@gmail.com / Téléphone : +44 7429 011000

Introduction

Frida Kahlo a peint Autoportrait avec Bonito en 1941, plaçant un oiseau aux couleurs vives contre sa robe sombre et entourant les deux figures d’un feuillage dense. Des formes évoquant des chenilles et un grand insecte ailé interrompent les feuilles. Le tableau est souvent expliqué comme une réponse au deuil, mais son mois exact de réalisation est inconnu : on ne peut donc pas situer avec certitude l’image après les décès que les auteurs ultérieurs invoquent dans leur interprétation. [1] [2] [3]

Une autre histoire se cache derrière cette image d’apparence familière. L’œuvre a été signalée comme perdue dans un catalogue de 1988, a réapparu avant une vente aux enchères infructueuse en 1991 et est devenue l’une des principales images utilisées pour promouvoir une grande exposition du Museum of Modern Art en 1993. Sa circulation ultérieure est mieux documentée que sa commande d’origine ou ses premiers changements de propriétaire. [4] [5] [6]

En bref

  • Titre et date : Self-Portrait with Bonito / Autorretrato con Bonito, 1941. La Fondation Beyeler utilise aussi Self-portrait (with Bonito). [1] [7]
  • Technique et dimensions : Huile sur Masonite, 54,6 × 43,2 cm ; la liste des œuvres du MoMA de 1993 indique 52,5 × 43 cm. La différence reste inexpliquée. [1] [7] [8]
  • Inscription : Signé et daté en haut à droite ; le « 41 » visible étaye l’année du catalogue, mais ne donne aucun mois. [2] [8]
  • Collection et exposition : Crédité à une collection privée non nommée, avec l’aimable concours de Thomas Ammann Fine Art AG, Zurich. Aucune exposition publique actuelle propre à cette œuvre n’est vérifiée. [1] [9]

Sommaire

  1. Introduction
  2. Observer le tableau
  3. Qui était Bonito ?
  4. Un autoportrait construit
  5. Le tableau exprime-t-il un deuil ?
  6. Masonite, dimensions et collection privée
  7. Perdu, proposé à la vente et revu
  8. Ce que les sources n’établissent pas
  9. À lire également

Observer le tableau

La composition verticale est cadrée de près autour de la tête et du haut de la poitrine de Kahlo. Sa tête tourne légèrement, tandis que ses yeux regardent vers l’extérieur plutôt que vers l’oiseau sur son épaule droite, à gauche pour le spectateur. Ses cheveux sont ramenés en arrière en arcs compacts, tressés ou torsadés ; aucune fleur, boucle d’oreille ou aucun collier n’est visible. Une large robe noire unie forme une base sombre sous son visage. [2]

L’oiseau identifié dans le titre comme Bonito s’agrippe à l’épaule et prolonge sa longue queue au-delà du bord inférieur. Son bec pâle et crochu, sa calotte jaune-vert, le cercle rougeâtre autour de son œil et ses plumes superposées vertes, bleu-vert et rouge orangé en font plus qu’un petit accessoire. Le plumage reprend les verts du fond et certaines tonalités plus chaudes du visage, unissant par la couleur les deux figures principales. L’espèce exacte ne peut être déterminée à partir de la reproduction. [2] [1]

Les feuilles occupent presque tout l’espace restant, se chevauchant sans horizon stable ni pièce reconnaissable. Leurs verts variés, leurs passages pâles et leurs bords roux encadrent le visage, tandis que de petits intervalles bleus apparaissent derrière elles. Aucune espèce végétale identifiée avec certitude ni aucun document source n’établit qu’il s’agit d’une vue littérale du jardin de la Casa Azul. Le jardin peut nous aider à comprendre l’univers de Kahlo, mais on ne peut déduire de ce fond un lieu documenté. [2] [10]

Plusieurs petites formes ralentissent le regard sur certaines feuilles. Un insecte remarquable, évoquant un papillon diurne ou nocturne, se trouve en hauteur à droite pour le spectateur ; des corps allongés, segmentés ou duveteux apparaissent ailleurs. La Fondation Beyeler décrit des insectes à différents stades de leur vie, une formulation fondée sur une source qui n’exige pas de nommer chaque larve, nymphe ou espèce. Leur disposition donne du poids visuel à l’angle supérieur droit et contrarie toute séparation simple entre portrait et arrière-plan. [1] [2]

Ces formes sont réparties plutôt que réunies dans un seul emblème. Un corps sombre et duveteux apparaît près de l’oiseau, tandis que plusieurs marques plus petites occupent des feuilles de l’autre côté de la tête de Kahlo. Le regard passe de l’une à l’autre à travers le feuillage et revient à la grande figure ailée. Un projet ultérieur de l’University of Southern California a précisément mis en avant ce monde animal à petite échelle dans sa lecture du portrait ; cet intérêt indique un chemin possible à travers l’image, non l’identité de chaque insecte ou l’intention de Kahlo. [2] [23]

Une inscription apparaît en hauteur à droite, parmi les intervalles bleu-vert du feuillage. L’image fournie par le musée permet de reconnaître globalement le nom et « 41 », et la notice de l’œuvre de WOLFS indique séparément que le tableau est signé et daté en haut à droite. Aucun de ces documents ne fournit une transcription diplomatique de chaque lettre et signe vérifiée avec certitude. [2] [8]

À regarder : Frida Kahlo

Cinq regards à découvrir ici en complément de l’article.

Qui était Bonito ?

Le titre espagnol, la traduction anglaise du MoMA et le guide de salle de la Fondation Beyeler de 2021 identifient l’oiseau sur l’épaule comme Bonito. Beyeler appelle Bonito un perroquet de compagnie. La chronologie bilingue du Museo Frida Kahlo nomme plutôt l’oiseau de la maison el periquito, traduit par « parakeet » — perruche — en anglais ; ces termes ne constituent pas une classification zoologique exacte de l’oiseau peint. [1] [7] [10]

Le musée de l’artiste situe Bonito dans la ménagerie de la Casa Azul en 1941, parmi d’autres oiseaux et animaux, et décrit Kahlo et Emmy Lou Packard se promenant dans le jardin. Cela établit le contexte domestique d’un animal compagnon dans un autoportrait, non la date, le lieu ou les modalités de cette séance particulière. Le récit ultérieur d’une commissaire, selon lequel Bonito exécutait des tours en échange de beurre, ajoute une touche à la vie de la maison, mais il relève d’une histoire orale transmise par un intermédiaire et n’explique pas ici un geste peint. [10] [11]

James Oles, écrivant sur l’œuvre distincte Autoportrait avec un singe et un perroquet, rapporte que Bonito est mort en décembre 1941. Il avertit également que les animaux des portraits de Kahlo ne doivent pas nécessairement être réduits à des épisodes codés de sa vie : compagnie, convention du portrait et possibilités symboliques peuvent coexister. Son analyse ne transfère ni l’identification de l’espèce, ni les autres animaux, ni la séquence de réalisation de l’œuvre voisine à Autoportrait avec Bonito. [3] [12]

L’identité de l’oiseau est donc la plus solide au niveau du titre et de l’interprétation muséale. Visuellement, il apporte une seconde présence vivante près du visage de Kahlo et une bande de couleurs vives sur son épaule. Il n’est pas établi si Kahlo a peint d’après un oiseau vivant, une photographie, sa mémoire ou plusieurs sources. [1] [2]

Cette distinction entre un compagnon nommé et un animal visible compte pour la série de portraits plus large. Les animaux peuvent être à la fois des présences affectueuses, des partenaires de composition et des sources de possibilités symboliques. Oles met en garde contre une lecture exclusivement biographique ; ici, l’œil, le bec, la queue et le plumage de l’oiseau ont des rôles formels qui restent accessibles même au spectateur ignorant tout du Bonito de la maison. [1] [2] [3]

Autoportrait avec Bonito dans la carrière de Kahlo

Source de la chronologie : chronologie du Museo Frida Kahlo [25].

Un autoportrait construit

La Fondation Beyeler compare le format en buste rapproché de l’image et ses attributs soigneusement placés aux portraits de la Renaissance. C’est une comparaison formelle, non la preuve que Kahlo a copié un tableau précis de cette époque. Les épaules stables, le visage concentré et le compagnon sur l’épaule créent une identité présentée plutôt qu’un événement illustré ; les feuilles environnantes empêchent cette image de devenir une simple ressemblance sur fond neutre. [1] [2]

Dans son exposition CLOSE-UP, le musée soutenait que le visage répété de Kahlo ne devait pas être traité comme un témoignage transparent de sa biographie. Il décrivait les portraits comme des images hautement construites dans lesquelles les changements de coiffure, de vêtements, d’animaux et d’autres attributs contribuent à refaire un soi reconnaissable. « Construit » ne signifie pas nécessairement faux ; le terme rappelle que Kahlo choisissait et disposait ce qui apparaît dans chaque œuvre. [13]

Ce portrait devient particulièrement clair lorsqu’on le compare avec soin aux autoportraits voisins. Autoportrait à la tresse (également de 1941) présente une grande boucle de cheveux, un collier et le haut du torse visible, mais aucun oiseau. Moi et mes perroquets comporte plusieurs oiseaux ; Autoportrait avec un singe et un perroquet est une œuvre distincte de 1942. Leurs compagnons et tenues différents montrent la variation dans la pratique du portrait chez Kahlo, non un code animal unique que l’on pourrait déplacer de toile en toile. [14]

La robe unie et l’absence de bijoux sont des décisions visuelles à part entière. Elles dirigent l’attention vers le visage, l’oiseau et le feuillage, tandis que le vêtement sombre rend les couleurs de l’oiseau plus voyantes. Aucun textile régional ne peut être identifié à partir du vêtement visible, et l’absence de fleurs ou de bijoux ne prouve pas en elle-même l’austérité, le renoncement ou le deuil. [2] [13]

Le tableau exprime-t-il un deuil ?

L’argument en faveur d’une lecture du deuil possède une histoire moderne traçable. Une thèse de l’UNAM interprète les vêtements noirs de Kahlo, ses cheveux sans ornements et les ombres sous ses yeux comme un deuil de son père Guillermo et de Bonito ; elle cite une page de la biographie de Hayden Herrera qui n’a pas été directement lue pour cet article. Le texte ultérieur de l’artiste Rosa Maria Unda Souki relie lui aussi la robe sombre et la succession de formes d’insectes à la perte et à un cycle de vie possible, mais présente cette signification causale de manière spéculative. [15] [16]

La chronologie ne permet pas de transformer cette interprétation en fait sur la réalisation. Le Museo Frida Kahlo date la mort de Guillermo du 14 avril 1941, tandis qu’Oles rapporte celle de Bonito en décembre. Le tableau est seulement daté de 1941 : il pourrait donc précéder l’un ou l’autre décès, se situer entre les deux ou avoir été réalisé à la fin de l’année. Aucune lettre, note d’atelier, entrée d’exposition ou pièce technique citée ici ne précise le mois. [3] [10] [17]

L’image invite à poser la question, sans la trancher. Sa robe noire et ses yeux fortement modelés peuvent être associés au deuil par un spectateur ultérieur, et les différentes formes d’insectes peuvent susciter une lecture de la métamorphose. Pourtant, le tissu noir n’est pas un document de deuil daté, le modelé sous les yeux est de la peinture avant d’être de la psychologie, et les insectes ne sont accompagnés d’aucune explication conservée de l’artiste. Une présentation responsable laisse l’interprétation visible sans l’attribuer à Kahlo comme son intention déclarée. [1] [2] [15]

Une étude quantitative des autoportraits de Kahlo attribue même à cette œuvre un zéro dans son tableau particulier de codage de la douleur et de la colère, établi à partir de notes de catalogue. Ce code ne prouve pas que le tableau est joyeux ou exempt de deuil ; il ne réfute pas non plus la lecture de l’UNAM. Il montre comment différentes méthodes tirent différentes réponses d’une même œuvre, ce qui explique notamment pourquoi les détails peints et la chronologie documentaire doivent rester distincts. [18]

Masonite, dimensions et collection privée

Le guide de salle de la Fondation Beyeler et sa légende de presse actuelle nomment le support Masonite, tout comme la liste générale des œuvres du MoMA de 1993 et la page d’inventaire de WOLFS. Un inventaire des figures de l’UNAM et certaines notices d’images dérivées parlent plutôt de toile. La convergence de deux documents muséaux à plusieurs décennies d’intervalle avec la notice commerciale liée à l’objet fait de l’huile sur Masonite la description publique la mieux étayée, bien qu’aucun examen de conservation n’ait été lu. [1] [7] [8] [15]

Beyeler indique 54,6 × 43,2 cm, et WOLFS 21½ × 17 pouces, soit les mêmes dimensions dans les limites habituelles de conversion et d’arrondi. La liste new-yorkaise du MoMA donne 20⅝ × 17 pouces, ou 52,5 × 43 cm : la largeur est proche, mais la hauteur est plus courte d’environ deux centimètres. Sans document sur le cadre, les dimensions visibles, le revers ou une nouvelle mesure, choisir une cause serait conjectural. La valeur actuelle de Beyeler et WOLFS fait référence pour cette page, tandis que celle de 1993 reste partie intégrante de l’histoire de l’objet. [1] [7] [8]

Le crédit muséal actuel est « Private collection, courtesy Thomas Ammann Fine Art AG, Zurich », soit une collection privée avec l’aimable concours de cette galerie zurichoise. Il ne nomme ni propriétaire légal ni modalités du rôle de la galerie. Une mention « SOLD » — vendu — non datée sur la page de WOLFS ne peut identifier ni acheteur, vendeur, date de transaction, prix, ni même si la vente concernée a eu lieu aux enchères. Aucune exposition actuelle en galerie n’est déduite d’une entrée d’inventaire en ligne. [1] [8] [9]

Aucune commande ni aucun premier destinataire n’ont non plus été documentés. Le titre ne contient aucune dédicace, et le recto examiné ne porte aucune inscription de lieu ou de destinataire. Le revers du tableau, son cadre d’origine, son histoire technique et les documents de ses premiers transferts n’ont pas été examinés ; leur absence dans les sources disponibles ne doit pas être transformée en affirmation d’une provenance complète. [2] [4]

Perdu, proposé à la vente et revu

Selon Salomon Grimberg et ses collègues dans la revue spécialisée IFAR Journal, le catalogue raisonné de Kahlo de 1988 répertoriait ce tableau comme documenté mais perdu, sous son propre numéro de catalogue 80. Leur déclaration explique ce statut historique, mais transmet une entrée qui n’a pas encore été lue directement. « Perdu » signifiait dans ce catalogue que ses auteurs ne pouvaient en retrouver la trace, non qu’il était nécessairement détruit. [4]

En septembre 1991, le tableau avait réapparu pour une vente de Wolf’s à Cleveland. Un article contemporain du Los Angeles Times indique qu’une enchère téléphonique de 1,2 million de dollars n’a pas atteint le prix de réserve du vendeur et qu’une famille californienne non nommée a conservé l’œuvre. Un prospectus de vente de quatre pages annonçait une estimation de 1,5 à 2 millions de dollars, mais son essai et ses affirmations exactes sur la provenance restent non lus ici. L’enchère infructueuse n’est ni un prix de vente ni une évaluation actuelle. [5] [19]

Cette estimation suivait la vente, en mai 1991, d’un autre autoportrait de Kahlo pour environ 1,65 million de dollars, alors considérée dans la presse contemporaine comme une étape marquante pour l’art latino-américain aux enchères. La comparaison aide à expliquer l’ambition de l’estimation de Wolf’s, mais n’établit pas la valeur de Bonito et n’implique pas que les deux tableaux partageaient un propriétaire. En septembre, l’événement tenait à l’écart entre une estimation publique élevée et une enchère inférieure au prix de réserve : le tableau est resté chez son vendeur malgré l’attention intense qu’il suscitait. [5] [19] [24]

Le même article indique que les spécialistes avaient perdu la trace du tableau après que Syrie Maugham l’avait donné pour soutenir un effort de guerre. C’est une piste contemporaine précieuse, non un acte vérifié : l’organisation bénéficiaire, la date, le mécanisme et les propriétaires suivants ne sont pas établis. Le crédit « Private collection » de la liste du MoMA de 1993 et le crédit ultérieur de collection privée de Beyeler ne peuvent être reliés en supposant qu’ils désignent la même famille. [5] [7] [1]

Son destin public a ensuite changé. La liste des œuvres de l’exposition du MoMA Latin American Artists of the Twentieth Century nomme Autorretrato con Bonito parmi les œuvres de la présentation new-yorkaise, du 6 juin au 7 septembre 1993. L’exposition dans son ensemble avait eu des étapes antérieures à Séville, Paris et Cologne, mais la liste new-yorkaise ne prouve pas à elle seule que ce prêt particulier a été accroché à chacune d’elles. [6] [7]

L’étude espagnole de María Laura Ise, fondée sur les archives, apporte ce que la liste ne peut fournir : les dépliants promotionnels du MoMA réutilisaient principalement ce tableau et Samba d’Emiliano di Cavalcanti. Ise lit leur circulation à la lumière de l’ambition plus large de l’exposition de présenter l’art moderne latino-américain, tout en interrogeant certains aspects de son cadre institutionnel vaste et parfois uniformisant. L’importance promotionnelle du portrait est documentée ; la raison de son choix et sa réception par chaque public ne le sont pas. [20]

Ce contexte change le sens de « célèbre » dans l’histoire ultérieure du tableau. Une image autrefois décrite comme perdue pouvait devenir très visible par les reproductions répétées d’un musée sans que son propriétaire privé soit rendu public. Ise note que l’exposition cherchait à résister aux raccourcis exotiques ou folkloriques, alors même que ses propres images et son langage largement diffusés compliquaient ce but. La place du portrait dans les dépliants fait donc partie d’une histoire institutionnelle de la présentation de Kahlo, et pas seulement d’un jalon dans les voyages du tableau. [20] [7]

La Fondation Beyeler a ensuite exposé le tableau comme cinquième œuvre de la cinquième salle de CLOSE-UP, du 19 septembre 2021 au 2 janvier 2022. Le cartel précis de son guide fournit la lecture muséale actuelle la plus substantielle des contrastes, du feuillage et de l’oiseau de l’œuvre. Beyeler illustre désormais avec le tableau une rétrospective Kahlo prévue du 31 janvier au 17 mai 2027, mais une image de presse avant l’ouverture n’est ni une liste définitive de prêts ni la preuve qu’il est actuellement exposé. [1] [13] [21]

Ce que les sources n’établissent pas

L’entrée d’œuvre non lue la plus prioritaire se trouve à la page 558, numéro de catalogue 88, de Frida Kahlo: The Complete Paintings. Un tableau de recherche publié donne ce repère exact, mais les champs du catalogue concernant l’inscription, le support, la provenance, les expositions et la bibliographie n’ont pas été lus. Son numéro 88 appartient aussi à un système de catalogue différent du numéro 80 de l’œuvre perdue en 1988 et ne doit pas être traité comme une contradiction ou un second tableau. [4] [18] [22]

Viennent ensuite l’entrée complète du catalogue de 1988, le prospectus de quatre pages de Wolf’s de 1991 et la page exacte de Herrera citée par la thèse de l’UNAM. Ensemble, ils peuvent préciser le sens de « perdu », la réapparition du tableau, la place de Syrie Maugham dans sa chaîne de propriété et l’origine du récit du deuil. Les livres de Gannit Ankori sur Kahlo et les travaux de Bruce Thomas Boehrer sur les perroquets restent des sources d’interprétation possibles ; aucune proposition précise sur Autoportrait avec Bonito n’est importée de leurs pages non lues. [15] [19] [22]

Le propriétaire ou son représentant pourrait résoudre d’autres questions grâce à un dossier d’entrée en collection, de prêt ou de conservation : les premiers transferts, la construction du panneau, les dimensions exactes et l’existence éventuelle d’une photographie source ou d’une étude préparatoire. Jusqu’à ce que ces documents soient disponibles, l’histoire de l’objet, son année, son interprétation et sa circulation ultérieure gardent des degrés de certitude différents. [1] [2] [9]

Autoportrait à la tresse propose une construction différente des cheveux et du vêtement en 1941. Moi et mes perroquets et Autoportrait avec un singe et un perroquet distinguent deux autres portraits avec des oiseaux ; Mode et tenue tehuana examine la présentation de soi de Kahlo plus largement.

Questions fréquentes

La Fondation Beyeler appelle le compagnon peint un perroquet de compagnie ; le Museo Frida Kahlo appelle le Bonito de la maison une perruche. Tous deux étayent le nom et l’identification générale de l’oiseau, mais l’espèce exacte de l’oiseau peint n’a pas été authentifiée. [1] [10]

Cela n’a pas été démontré. Oles rapporte que l’oiseau est mort en décembre 1941, mais le tableau ne porte qu’une année et aucun mois vérifié : une interprétation postérieure à la mort reste donc possible plutôt qu’établie. [3] [10]

Le crédit public actuel est une collection privée non nommée, et aucune exposition propre à l’œuvre n’est vérifiée. La page de presse Kahlo de Beyeler pour 2027 utilise le tableau pour illustrer une exposition future, mais sa présence effective devrait être vérifiée dans la liste définitive des œuvres après l’ouverture. [1] [21]

Discussion

Appuyez-vous sur les preuves citées et sur votre propre observation attentive pour expliquer votre point de vue. Les questions ci-dessous sont des points de départ, non des interprétations figées.

Réflexions des lecteurs

Observation attentive

Quel rôle la position de l’oiseau joue-t-elle dans le cadrage rapproché du portrait ?

Contexte

Avec quelle certitude cet oiseau peut-il être identifié comme Bonito ?

Question ouverte

Quelles preuves étayent — ou n’étayent pas — une interprétation du deuil ?

Participez à la discussion

Quelle lecture correspond le mieux aux preuves, et où subsistent les incertitudes ?

Références

  1. Fondation Beyeler, guide de salle anglais de CLOSE-UP, page physique 13 du PDF / salle cinq, entrée cinq : titre, date, support Masonite, crédit de collection privée et interprétation formelle attribuée ; légende, image et titre actuels de Beyeler destinés aux médias pour Self-Portrait with Bonito. Voir le texte source 1; Voir le texte source 2.
  2. Observation attentive éditoriale à partir de l’image de presse officielle de la Fondation Beyeler et du guide de salle de CLOSE-UP de 2021 (référence 1), comparés à la liste des œuvres de l’exposition du MoMA de 1993 (référence 7). Une reproduction n’établit pas l’état matériel et n’accorde pas l’autorisation de republier le tableau. Voir le texte source.
  3. James Oles, essai du MALBA sur l’œuvre distincte Self-Portrait with Monkey and Parrot, paragraphe et notes rapportant la mort de Bonito en décembre 1941 et mettant en garde contre des lectures exclusivement autobiographiques des animaux ; comparaison uniquement. Voir le texte source.
  4. Salomon Grimberg, Jane C. H. Jacob et Laurent Sozzani, « Two Frida Kahlo Portraits: One Found, One Confirmed », IFAR Journal 14, nº 3 (2013), page 24 de la revue, note 7 : numéro 80 du catalogue de 1988 et statut d’œuvre perdue ; l’article est disponible dans un exemplaire diffusé par les auteurs. Voir le texte source.
  5. Katie Mosher, « Price of Kahlo Painting Scares Off Buyers », Los Angeles Times, 21 septembre 1991 : enchère infructueuse de 1,2 million de dollars, famille californienne, parcours de guerre rapporté via Syrie Maugham ; aucun acte sous-jacent ni document de résultat de vente lu. Voir le texte source.
  6. MoMA, notice de l’exposition Latin American Artists of the Twentieth Century, dates new-yorkaises du 6 juin au 7 septembre 1993 et itinéraire européen du projet entier ; ne nomme pas ce tableau à elle seule. Voir le texte source.
  7. MoMA, liste générale des œuvres de 1993, page physique 13 du PDF, liste new-yorkaise : Autorretrato con Bonito [Self-Portrait with Bonito], huile sur Masonite, 52,5 × 43 cm, collection privée. Voir le texte source.
  8. WOLFS Fine Paintings and Sculpture, inventaire de Self-Portrait with Bonito, texte actuel de l’œuvre, lignes 18–33 : huile sur Masonite, 21½ × 17 pouces, signé et daté en haut à droite, mention SOLD non datée ; aucun détail de transaction. Voir le texte source.
  9. La légende de presse actuelle de la Fondation Beyeler fournit le crédit de collection privée et d’aimable concours ; la page de l’œuvre de WOLFS ne fournit qu’une mention de vente non datée. Aucune des deux n’établit un propriétaire actuel nommé ou une exposition, et aucun document consulté n’établit une commande originale ou une histoire technique. Voir le texte source 1; Voir le texte source 2.
  10. Museo Frida Kahlo, chronologie de 1941, entrées espagnoles et anglaises sur Bonito, Emmy Lou Packard, les animaux et Guillermo Kahlo ; contexte domestique, non document de réalisation d’une œuvre. Voir le texte source.
  11. Harry Ransom Center Magazine, entretien avec la commissaire Adriana Zavala, 21 juillet 2015, passage sur Bonito et les tours contre du beurre à la maison. Il s’agit d’un souvenir curatorial attribué ; le récit domestique sous-jacent n’a pas été examiné. Voir le texte source.
  12. MALBA, essai de James Oles sur Self-Portrait with Monkey and Parrot (1942), comparaison uniquement ; ses détails sur l’animal, le support et la séance ne se transfèrent pas à Self-Portrait with Bonito. Voir le texte source.
  13. Fondation Beyeler, guide de salle de CLOSE-UP, pages physiques 12–13 du PDF : cadre de l’autoportrait construit, comparaison avec le buste de la Renaissance, cartel de l’œuvre en salle cinq et contexte de l’exposition de 2021–2022. Voir le texte source.
  14. Comparaison éditoriale avec Autoportrait à la tresse, Moi et mes perroquets et Self-Portrait with Monkey and Parrot du MALBA ; ce sont des œuvres distinctes et les détails d’un tableau ne sont pas transférés à un autre. Voir le texte source.
  15. Carlos Omar Segoviano Rodríguez, La Fridomanía (thèse de l’UNAM), 2011, page physique 99 du PDF / page imprimée 84 et inventaire des figures, page physique 266 / page imprimée 251 : lecture du deuil attribuée, piste de la page 258 de Herrera et indication incompatible de toile. Voir le texte source.
  16. Rosa Maria Unda Souki, « On the Corner of Londres and Allende Streets », Atelier Hermès Review 8, environ à la page imprimée 76 ; un extrait anglais indexé a été vérifié, non une page complète nouvellement vérifiée. La formulation spéculative de l’autrice est préservée. Voir le texte source.
  17. Andrea Kettenmann, Frida Kahlo 1907–1954: Dolor y pasión (2003), page physique 96 du PDF / page imprimée 93 : mort de Guillermo Kahlo le 14 avril 1941 ; page pertinente lue dans l’exemplaire numérique de l’Universidad Central del Ecuador. Voir le texte source.
  18. Federico E. Turkheimer et ses collègues, « The art of pain », Frontiers in Human Neuroscience, 2022, ligne du tableau 1 pour Self-Portrait with Bonito : zéro propre à la méthode et repère exact de Complete Paintings, page 558 / nº de catalogue 88, non constat psychologique. Voir le texte source.
  19. Salomon Grimberg, Frida Kahlo. 41 (prospectus de vente de Wolf’s de 1991), feuillet promotionnel de quatre pages avec une estimation de 1,5 à 2 millions de dollars, identifié dans les métadonnées d’un libraire de livres rares. Le texte du prospectus et l’essai de Grimberg n’ont pas été consultés. Voir le texte source.
  20. María Laura Ise, « La perspectiva de fin de siglo », Índex 4, 2017, page imprimée 182 : comparaison de Self-Portrait with Bonito et de Samba de Cavalcanti dans les dépliants promotionnels et critique institutionnelle attribuée. Voir le texte source.
  21. Fondation Beyeler, page médias et programme Frida Kahlo de 2027, actualisés le 3 octobre 2026 : dates prévues du 31 janvier au 17 mai 2027 ; l’image de presse ne prouve pas un prêt définitif de ce tableau. Voir le texte source 1; Voir le texte source 2.
  22. La notice de l’éditeur TASCHEN pour Frida Kahlo: The Complete Paintings identifie l’édition dont l’entrée page 558 / nº de catalogue 88 reste non lue. L’entrée 80 du catalogue de 1988, la page 258 de Herrera, le prospectus de Wolf’s et les dossiers du propriétaire restent également non consultés ; aucune proposition non vue n’est importée. Voir le texte source.
  23. University of Southern California, entrée de Micro-landscapes of the Anthropocene pour Self-Portrait with Bonito, description d’un projet ultérieur attirant l’attention sur l’oiseau, les chenilles et le papillon ; réception, non source d’identité de l’objet ou de biologie. Voir le texte source.
  24. Suzanne Muchnic, « Recession Slows Sale of Latin American Artworks », Los Angeles Times, 18 mai 1991 : vente de l’œuvre différente Self-Portrait with Loose Hair pour 1,65 million de dollars ; le lot officiel de Christie’s date ce tableau de 1947. Comparaison historique de contexte uniquement. Voir le texte source 1; Voir le texte source 2.
  25. La chronologie du Museo Frida Kahlo fournit les dates des œuvres de comparaison ; le repère 1941 pour Self-Portrait with Bonito suit la légende de l’œuvre de la Fondation Beyeler, qui ne donne aucun mois exact. Voir le texte source 1; Voir le texte source 2.