
Introduction
La carrière de Picasso ne s’est pas déroulée selon une succession nette de styles. Alors qu’il réalisait des œuvres cubistes, il pouvait aussi dessiner une figure dans une manière plus classique ; parallèlement à la peinture, il créait des estampes, des sculptures, des décors de théâtre et des céramiques. Une chronologie aide à suivre ces évolutions, à condition de considérer ses dates comme des repères au sein d’une pratique continue, et non comme des portes qui refermeraient une période pour en ouvrir une autre.[1][2]
Cette chronologie suit les lieux, les personnes, les œuvres et les événements publics qui ont façonné cette pratique. Elle est sélective : elle accorde plus de place aux tournants qu’à chaque exposition ou déplacement. La date donnée pour un tableau indique sa réalisation, pas nécessairement sa première présentation. Cette distinction importe particulièrement pour Les Demoiselles d’Avignon, peint en 1907 mais exposé publiquement pour la première fois en 1916.[3]
En bref
- Années :1881–1973
- Repères :Lieux, personnes, œuvres et événements publics
- Mode de lecture :Une chronologie sélective, non une série de périodes stylistiques étanches
Sommaire
- 1881–1900 : Málaga, La Corogne et Barcelone
- 1901–1905 : Paris, Barcelone et la transition de la période bleue à la période rose
- 1906–1914 : vers le cubisme et au-delà de la surface peinte
- 1915–1925 : théâtre, classicisme et styles simultanés
- 1926–1935 : sculpture, grandes expositions et évolution des relations
- 1936–1945 : guerre civile, Guernica et Paris occupé
- 1946–1962 : la Méditerranée et la diversité des pratiques
- 1963–1973 : musée, donations et œuvres tardives
- Comment lire les dates
1881–1900 : Málaga, La Corogne et Barcelone
1881 — Naissance à Málaga. Pablo Ruiz Picasso naît le 25 octobre de José Ruiz Blasco, peintre et professeur de dessin, et de María Picasso López. Son milieu familial et sa formation d’enfant éclairent la maîtrise de ses premiers dessins. Ils ne préfigurent pas à eux seuls les formes radicales de son œuvre ultérieure.[1][2]
1891–1895 — Formation et déménagements familiaux. La famille s’installe à La Corogne en 1891, où Picasso étudie dans l’établissement où enseigne son père. Sa jeune sœur Conchita meurt en janvier 1895. Plus tard la même année, la famille part pour Barcelone et Picasso entre à l’école d’art connue sous le nom de La Llotja. La suite de son histoire est souvent racontée comme celle d’un jeune artiste s’affranchissant des règles académiques, mais ses œuvres conservées montrent combien il les avait d’abord assimilées.[1][2]
1896–1897 — Des tableaux d’étudiant ambitieux. La Première Communion (1896) et Science et Charité (1897) montrent Picasso travaillant en grand format selon les conventions académiques. Pour Science et Charité, il met en scène des soins médicaux autour d’une femme malade et présente le tableau à des expositions. Ces œuvres importent non parce qu’elles ressembleraient déjà au cubisme, mais parce qu’elles montrent un adolescent capable d’organiser figures, lumière et récit pour une présentation publique.[1][2]
1897–1898 — Madrid et Horta de Sant Joan. Picasso se rend à Madrid pour étudier à la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando et passe du temps devant les peintures espagnoles anciennes du Prado. Il séjourne ensuite à Horta de Sant Joan chez son ami Manuel Pallarès. Ces expériences élargissent sa formation visuelle au-delà de la salle de classe. Horta reste un lieu où il retournera, dans ses œuvres comme dans ses voyages.[1][2]
1899–1900 — Un cercle barcelonais, puis Paris. Picasso rejoint le milieu artistique d’Els Quatre Gats, café et lieu d’exposition de Barcelone. Il y rencontre des écrivains, des artistes et de futurs soutiens, dont Carles Casagemas et Jaume Sabartés. En 1900, il y présente une exposition personnelle et se rend à Paris avec Casagemas pour l’Exposition universelle. Ce voyage ouvre une période d’allers-retours entre les deux villes, sans signifier un abandon immédiat de Barcelone.[1]
1901–1905 : Paris, Barcelone et la transition de la période bleue à la période rose
1901 — Deuil, exposition et changement de palette. Casagemas se suicide à Paris le 17 février, alors que Picasso se trouve en Espagne. Picasso revient à Paris plus tard dans l’année. Une exposition commune avec Francisco Iturrino ouvre en juin à la galerie d’Ambroise Vollard, avant que les tableaux sombres dominés par le bleu, caractéristiques de ce que l’on nomme aujourd’hui la période bleue, n’aient pleinement pris forme. À partir de l’automne, les représentations de Casagemas et d’autres figures montrent une place croissante du bleu. Il serait trop simple d’affirmer qu’une seule mort a immédiatement produit un style achevé.[1][2][4]

1902–1903 — Entre deux villes. Picasso passe de longues périodes à Barcelone tout en conservant des liens avec Paris. Parmi ses sujets figurent des personnes vivant dans la pauvreté, des mères et des enfants, des travailleurs, des prisonniers et des figures solitaires. La Vie, peint à Barcelone en 1903, compte parmi les œuvres les plus complexes de ces années. Son sens fait débat ; une date dans une chronologie doit la situer dans une pratique en évolution, non en faire une confession biographique unique. Les volets parisien et barcelonais de la période bleue sont indissociables.[1][4]
1904 — Une installation plus durable à Paris. Picasso s’installe au Bateau-Lavoir, à Montmartre. Il réalise Le Repas frugal, une eau-forte montrant deux personnes devant une table presque vide, et continue de peindre des figures dont la force expressive repose sur les postures et les couleurs. Fernande Olivier devient une personne importante dans sa vie et dans les récits du milieu parisien. Ce déménagement ne met pas fin du jour au lendemain aux images bleues.[1][2][4]
1905 — Gens du cirque et couleurs plus chaudes. Arlequins, acrobates et autres artistes itinérants prennent une place importante dans les œuvres souvent rattachées à la période rose. Des roses et des ocres plus chauds apparaissent, sans que disparaissent la vulnérabilité et la distance. Picasso entre aussi dans le cercle de Gertrude et Leo Stein. Une chronologie utile présente ce moment comme un chevauchement et une réorientation, non comme le passage miraculeux de la tristesse au bonheur.[2][4]
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Guernica — Karambolage España
ARTE retrace l’histoire de Guernica et le parcours du tableau jusqu’en Espagne.
Voir sur YouTube1906–1914 : vers le cubisme et au-delà de la surface peinte
1906 — Gósol et Gertrude Stein. Picasso et Fernande Olivier passent une partie de l’année à Gósol, dans les Pyrénées catalanes. Son portrait de Gertrude Stein appartient à une période de forte simplification des visages et des corps. La rencontre avec la sculpture ibérique et avec des œuvres vues à Paris participe d’une recherche plus vaste de nouvelles façons de construire la figure. Il faut nommer précisément les sources de cette recherche : une étiquette vague comme « influence primitive » masque la diversité des objets, des cultures et des conditions dans lesquelles Picasso y a eu accès.[2][5]
1907 — Les Demoiselles d’Avignon. Picasso achève ce grand tableau parisien en juin–juillet, après des mois de préparation. Ses cinq figures et son espace comprimé et fragmenté rompent avec les manières familières de représenter les corps et la profondeur. Le titre aujourd’hui employé s’impose autour de sa première présentation publique en 1916 ; il renvoie à la rue barcelonaise associée au sujet du tableau, des travailleuses du sexe. Georges Braque et le marchand Daniel-Henry Kahnweiler entrent à peu près à cette époque dans le réseau artistique de Picasso. Ce tableau marque un tournant, mais le cubisme n’est pas l’œuvre d’un seul artiste ni d’une seule toile.[2][3][5]
1908–1909 — Un dialogue avec Braque. Picasso et Braque nouent un échange particulièrement étroit sur la façon de voir et de représenter les objets. Natures mortes, figures et paysages s’organisent de plus en plus en facettes et selon des points de vue changeants. Picasso retourne à Horta de Sant Joan en 1909 et peint des bâtiments et des paysages sous des formes qui contribuent à faire avancer leurs recherches. Leur dialogue s’inscrit dans un milieu plus large d’artistes et de critiques, même si la collaboration des deux peintres reste centrale dans ce récit.[1][2][5]
1910–1911 — Le cubisme analytique. Portraits et natures mortes deviennent plus denses et leurs couleurs plus retenues. Un objet ne se trouve plus nécessairement derrière une fenêtre illusionniste unique ; ses parties peuvent être réparties sur une surface invitant le spectateur à reconstituer leurs relations. Le portrait de Kahnweiler peint par Picasso en 1910 illustre les efforts de reconnaissance que demandent ces images. Les œuvres de ces années sont montrées et discutées au sein d’un mouvement cubiste en expansion : elles ne naissent pas dans l’isolement.[2][5]
1912 — Le collage change la donne. Dans Nature morte à la chaise cannée, Picasso associe des signes peints à une toile cirée imprimée imitant le cannage d’une chaise, entourée d’une corde. Au lieu de simplement peindre l’imitation d’une matière, il intègre une matière fabriquée à l’œuvre. Les papiers collés et les objets construits étendent bientôt cette remise en question de ce que peuvent être un tableau ou une sculpture. C’est l’une des raisons pour lesquelles le cubisme compte au-delà d’une nouvelle manière de dessiner une guitare ou un visage.[2][5][6]
1914 — La guerre interrompt un partenariat. La Première Guerre mondiale bouleverse les conditions immédiates dans lesquelles Picasso et Braque travaillaient. Braque est appelé sous les drapeaux et blessé ; Picasso, ressortissant espagnol vivant en France, n’est pas mobilisé dans l’armée française. Il ne cesse pas de créer. Ce sont le monde artistique et social autour de lui qui changent, ainsi que l’éventail des langages visuels qu’il emploiera.[5]
1915–1925 : théâtre, classicisme et styles simultanés
1915–1918 — Deuil et Parade. Eva Gouel, compagne de Picasso après Fernande Olivier, meurt en 1915. En 1917, Picasso travaille avec Jean Cocteau et les Ballets russes à Parade, dont il crée les décors et les costumes. Le projet le conduit en Italie, notamment à Rome et à Naples, et lui fait rencontrer la danseuse Olga Khokhlova. Ils se marient en 1918. Une chronologie limitée aux toiles manquerait la manière dont la scénographie élargit l’échelle et le cadre public de ses recherches.[1][2]

1921 — Paulo et Fontainebleau. Paulo, fils de Picasso et d’Olga, naît en février. Pendant un été à Fontainebleau, Picasso réalise de grandes figures classicisantes et deux versions des Trois Musiciens. Le tableau conservé au MoMA reprend les plans plats et la logique du papier découpé du cubisme synthétique, tandis que les versions des Trois Femmes à la fontaine explorent le poids et la forme monumentale. Leur coexistence est éloquente : « période classique » ne signifie pas que Picasso avait abandonné le cubisme.[2][7][8]
1924–1925 — Théâtre et expression plus âpre. Picasso conçoit des décors pour le ballet Mercure en 1924. La Danse de 1925, aujourd’hui à la Tate, marque un traitement plus troublant des corps et de la tension émotionnelle. Des artistes et écrivains surréalistes s’intéressent à Picasso, mais son œuvre ne se fond pas simplement dans un mouvement auquel il n’adhère pas officiellement. Le milieu des années 1920 apporte une nouvelle intensité à ses images, plutôt qu’une règle unique pour les concevoir.[2]
1926–1935 : sculpture, grandes expositions et évolution des relations
1927–1931 — Marie-Thérèse Walter et la sculpture. Picasso rencontre Marie-Thérèse Walter en 1927. Elle apparaît dans de nombreuses œuvres ultérieures, mais il ne faut pas la décrire uniquement comme la source de leurs formes. À la même époque, Picasso mène avec le sculpteur catalan Julio González des recherches sur le fer soudé. Après l’achat du château de Boisgeloup en 1930, il dispose d’espace pour des sculptures plus grandes. Ces évolutions élargissent l’histoire matérielle de son art au-delà de la peinture.[1][2]
1932 — Une rétrospective et une année féconde. Une grande exposition à la galerie Georges Petit de Paris retrace la carrière de Picasso. Christian Zervos commence la publication du catalogue raisonné de son œuvre. L’année voit aussi naître de nombreux tableaux, dessins et sculptures désormais essentiels aux récits sur Marie-Thérèse et sur la place publique de Picasso. La reconnaissance rétrospective ne fait pas de lui une figure historique figée ; il continue de transformer l’aspect que peuvent prendre ses œuvres.[2]
1934–1935 — Dernier voyage en Espagne et naissance de Maya. La visite de Picasso en Espagne en 1934 se révèle être la dernière. En 1935, il se sépare d’Olga, sans divorcer, et Marie-Thérèse donne naissance à leur fille Maya. Il consacre aussi du temps à l’écriture de poèmes. Ces événements familiaux ont leur place dans le récit, mais ne doivent pas être tenus pour des explications automatiques de chaque choix formel dans l’atelier.[1][2]
1936–1945 : guerre civile, Guernica et Paris occupé
1936 — L’Espagne en guerre. Après le soulèvement militaire de juillet, Picasso soutient la République espagnole. En septembre, le gouvernement républicain le nomme directeur du Prado. Cette nomination est un fait politique et symbolique important ; elle ne signifie pas qu’il se soit installé à Madrid pour diriger quotidiennement le musée. Dora Maar, artiste et photographe à part entière, entre dans sa vie au cours de ces années.[1][2]
1937 — Guernica. La République commande une œuvre de grande dimension pour son pavillon à l’Exposition internationale de Paris. Après le bombardement de Gernika le 26 avril, Picasso commence ses études le 1er mai et travaille à la peinture murale jusqu’au début de juin dans son atelier parisien de la rue des Grands-Augustins. Maar photographie les étapes de la réalisation. Son témoignage constitue aujourd’hui une source essentielle pour comprendre les révisions, et pas seulement une série d’images de l’artiste au travail. Guernica prend part à un débat public sur la violence, le fascisme et le destin de l’Espagne, tout en conservant un langage visuel qui résiste à une lecture univoque.[1][2][9][10]
1939–1940 — La guerre et une rétrospective américaine. La Seconde Guerre mondiale commence en Europe en septembre 1939. Le MoMA inaugure Picasso: Forty Years of His Art le 15 novembre de la même année ; l’exposition se poursuit jusqu’en janvier 1940 et comprend Guernica. Il s’agit du titre et des dates attestés, à distinguer d’allusions ultérieures ou erronées à une exposition « fifty years ». Picasso passe l’Occupation principalement en France, notamment à Paris et dans son atelier de la rue des Grands-Augustins.[2][11]
1944–1945 — Engagement politique et fin de la guerre. Picasso adhère au Parti communiste français en 1944 et bénéficie d’une grande exposition au Salon d’automne. Pendant la guerre, il rencontre aussi la peintre Françoise Gilot ; les chronologies institutionnelles divergent sur l’année exacte de leur première rencontre. Cette divergence invite à éviter ici une date précise, non à passer sous silence Gilot, artiste dotée de sa propre carrière. La guerre s’achève en 1945, mais les questions politiques qui sous-tendent des tableaux comme Guernica demeurent.[1][2]
1946–1962 : la Méditerranée et la diversité des pratiques
1946–1949 — Antibes, Vallauris et l’argile. Picasso travaille à Antibes et découvre l’atelier de poterie Madoura à Vallauris, dirigé par Suzanne et Georges Ramié. Il y revient en 1947 et entreprend un travail soutenu de la céramique, transformant vases et formes d’argile comme autant de surfaces et de corps. Gilot et lui ont deux enfants, Claude en 1947 et Paloma en 1949. Le déplacement vers le sud ne doit pas être présenté comme un retrait de l’expérimentation : matériaux, échelle et collaborateurs changent tous.[1][2][12]
1949–1953 — Symboles publics et changements privés. La colombe de Picasso devient largement associée au mouvement pour la paix d’après-guerre. Les sujets politiques restent visibles dans son art, tandis qu’il continue de créer des estampes, des peintures et des céramiques. Gilot quitte leur foyer commun en 1953. Elle continue de créer et d’écrire de manière indépendante ; la chronologie de la production de Picasso ne doit pas absorber sa vie dans la sienne.[1][2]
1954–1955 — Nouvelle relation et relecture de tableaux anciens. Jacqueline Roque devient la compagne de Picasso, puis son épouse. Dans les années 1950, il crée de plus en plus de réponses en série aux tableaux de maîtres du passé, notamment aux Femmes d’Alger de Delacroix. Il ne s’agit pas d’exercices de copie fidèle. En variant une composition à travers de nombreuses œuvres, Picasso peut éprouver ce qui reste reconnaissable et ce qui peut être transformé.[2]
1957 — Les Ménines en série. D’août à décembre, Picasso réalise à La Californie, à Cannes, cinquante-huit toiles en dialogue avec les Ménines de Vélasquez. La série comprend des études répétées de figures du tableau ancien, mais aussi des pigeons, des paysages et un portrait de Jacqueline. Le guide des œuvres tardives situe cette série parmi les autres réponses de Picasso aux maîtres du passé. C’est un exemple particulièrement clair d’un artiste qui fait d’une œuvre historique un problème générateur plutôt qu’un modèle figé.[1][13]
1961–1962 — Mougins et les liens avec Barcelone. Picasso et Jacqueline se marient en 1961 et s’installent à Notre-Dame-de-Vie, à Mougins. Ses liens avec Barcelone demeurent vivants grâce à ses amis, à l’édition et au projet de musée naissant, bien qu’il ne soit pas retourné en Espagne depuis 1934. Une vie passée en grande partie en France n’a pas rompu les liens institutionnels et personnels par lesquels ses premières œuvres seraient conservées.[1][2]
1963–1973 : musée, donations et œuvres tardives
1963 — Ouverture d’un musée Picasso à Barcelone. Le Museu Picasso ouvre en mars, d’abord sous le nom de Colección Sabartés. Jaume Sabartés, ami de longue date et secrétaire de Picasso, joue un rôle central dans sa création grâce à sa collection et à son action, aux côtés de la ville et d’autres donateurs. L’importance accordée aux premières œuvres rend Barcelone indispensable pour comprendre l’évolution de Picasso avant que Paris ne devienne son principal point d’ancrage.[1][14]

1968–1970 — Les dons transforment la collection. Après la mort de Sabartés en 1968, Picasso fait don au musée de Barcelone des cinquante-huit toiles des Ménines et d’un portrait de son ami peint en 1901. En 1970, il donne un important ensemble d’œuvres que sa famille avait conservées à Barcelone, notamment des peintures, des dessins et des carnets de jeunesse. Ces gestes changent concrètement ce que le public peut étudier ; ils rattachent aussi l’artiste âgé à la ville de sa formation.[1][14]
1965–1973 — Le travail se poursuit. Picasso subit une opération en 1965 et se rétablit à Mougins. Sa production tardive comprend des peintures, des dessins et des centaines d’estampes ; il continue de faire varier vigoureusement l’échelle et la manière jusqu’au début des années 1970. Cette œuvre n’a pas toujours été accueillie comme ses tableaux cubistes ou ceux de la période bleue. Sa diversité résiste à une chronologie qui ferait des dernières années un paisible épilogue.[2][15]
1973 — Mort à Mougins. Picasso meurt le 8 avril à Notre-Dame-de-Vie. Il est enterré dans son château de Vauvenargues. La chronologie s’arrête là, mais pas l’histoire des œuvres : acquisitions, expositions, recherches techniques, débats d’interprétation et questions de droits des images continuent de modifier notre regard sur elles.[1][2]
Comment lire les dates
Les désignations courantes — période bleue, période rose, cubisme, classicisme, œuvres tardives — aident à s’orienter dans une longue carrière. Elles deviennent trompeuses si l’on tient chacune pour exclusive. Des Trois Musiciens cubistes de 1921 peuvent coexister avec des figures classicisantes ; une réponse à Vélasquez en 1957 est aussi une expérimentation contemporaine ; un musée fondé en 1963 peut transformer la compréhension des années 1890. Mieux vaut lire la chronologie de Picasso comme un réseau de questions persistantes sur les corps, les objets, les matériaux et la vie publique que comme une échelle de styles allant du « début » à la « maturité ».[2][7][13][14]
Discussion
Appuyez-vous sur les sources et sur votre propre observation pour expliquer votre point de vue. Il s’agit de questions éditoriales, et non de commentaires de lecteurs.
Pistes de réflexion
Quels sont les deux médiums employés par Picasso au même moment ?
Quelle date marque la réalisation d’une œuvre, et laquelle marque sa première exposition publique ?
Où la chronologie résiste-t-elle au passage bien ordonné d’un style à un autre ?
Participez à la discussion
Quelle interprétation correspond le mieux aux preuves ?
Références
- Museu Picasso Barcelona, « Cronología », chronologie institutionnelle en espagnol ; version catalane consultée à titre comparatif. Consulter la source en espagnol ; consulter la source en catalan.
- Musée national Picasso-Paris, « Frise chronologique », chronologie institutionnelle française ; traduction anglaise consultée. Consulter la source en français ; consulter la source en anglais.
- The Museum of Modern Art, « Les Demoiselles d’Avignon », notice de l’œuvre et récit de sa réalisation et de sa première présentation publique. Consulter la source.
- Musée d’Orsay, « Picasso. Bleu et rose », présentation de l’exposition en français. Consulter la source.
- Musée national Picasso-Paris, « Picasso et le cubisme », présentation en français ; version anglaise consultée. Consulter la source en français ; consulter la source en anglais.
- The Museum of Modern Art, The Art of Assemblage, catalogue abordant Nature morte à la chaise cannée. Source PDF non liée conformément à la règle du pilote.
- The Museum of Modern Art, « Three Musicians », notice de l’œuvre. Consulter la source.
- The Museum of Modern Art, « Picasso in Fontainebleau: An Introduction », étude des œuvres de 1921. Consulter la source.
- Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Repensar Guernica, projet d’archives sur la commande et le tableau. Consulter la source.
- Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, « Dora Maar's report on Guernica's progression », description archivistique. Consulter la source.
- The Museum of Modern Art, « Picasso: Forty Years of His Art », notice de l’exposition du 15 novembre 1939 au 7 janvier 1940. Consulter la source.
- Musée national Picasso-Paris, « Les années méditerranéennes », présentation en français de Vallauris et de la collaboration avec Madoura. Consulter la source.
- Museu Picasso Barcelona, « Forgetting Velázquez. Las Meninas », présentation de l’exposition consacrée à la série de 1957. Consulter la source.
- Museu Picasso Barcelona, « Historical and museographic tour of the collection », histoire du musée et des donations. Consulter la source.
- Musée national Picasso-Paris, « Les dernières années de Picasso », présentation en français des œuvres tardives. Consulter la source.
Crédits des images
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