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Tom Gurney BSc (Hons) est spécialiste de l’histoire de l’art depuis plus de 20 ans

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Hôtel d’Hercule, 7 rue des Grands-Augustins à Paris, bâtiment de l’atelier où Picasso travailla sur Guernica ; cette photographie ne montre pas la toile.
L’Hôtel d’Hercule, 7 rue des Grands-Augustins à Paris, bâtiment de l’atelier où Picasso réalisa Guernica. Cette photographie ne montre pas la peinture. Référence de l’image.

Introduction

Le Guernica de Picasso est né d’un événement réel, mais il n’en donne pas une vue aérienne peinte. Le 26 avril 1937, des avions allemands et italiens soutenant les forces du général Francisco Franco bombardèrent la ville basque de Gernika[8] pendant la guerre civile espagnole. Picasso, qui vivait à Paris, apprit la nouvelle par la presse. Il la transforma en une scène monumentale où humains et animaux sont saisis de terreur : une mère pleure son enfant, un cheval se tord de douleur, un personnage tombé gît en bas et une femme semble prise au piège près d’un bâtiment en flammes. Aucun avion n’est visible. L’œuvre demande de regarder les conséquences humaines de l’attaque plutôt que d’examiner un plan de la ville. [8]

La notice du Museo Reina Sofía[1] date cette huile sur toile du 1er mai au 4 juin 1937, à Paris, et indique 349,3 × 776,6 centimètres. Large de presque huit mètres, elle fut réalisée pour le pavillon de la République espagnole à l’Exposition internationale de Paris. Elle appartient aujourd’hui au Reina Sofía de Madrid. Ces faits simples cachent une histoire plus complexe : une commande gouvernementale antérieure au bombardement, une composition révisée à mesure qu’elle prenait forme, un témoignage photographique de Dora Maar et des décennies durant lesquelles le lieu de conservation de la toile porta une signification politique. [1]

En bref

  • Réalisation : Paris, du 1er mai au 4 juin 1937
  • Technique et dimensions : Huile sur toile, 349,3 × 776,6 centimètres
  • Événement historique : Bombardement de Gernika le 26 avril 1937
  • Destination initiale : Pavillon de la République espagnole à l’exposition parisienne de 1937
  • Collection : Museo Reina Sofía, Madrid (DE00050)

Guernica dans la carrière de Picasso

Œuvres choisies
18901910193019501960

Série des Ménines

1957

La datation de l’œuvre mise en évidence tient compte des précisions données dans les sources de cette page. Les autres œuvres sont des points de comparaison choisis, non le début ou la fin d’un style.

Sommaire

  1. Pourquoi Picasso a-t-il peint Guernica ?
  2. Que se passe-t-il dans la peinture ?
  3. Le taureau et le cheval ont-ils un sens fixe ?
  4. Comment Picasso a-t-il réalisé cette toile immense ?
  5. Guernica au pavillon espagnol
  6. Pourquoi était-elle à New York et quand est-elle revenue en Espagne ?
  7. Pourquoi Guernica importe-t-il encore ?

Pourquoi Picasso a-t-il peint Guernica ?

La République avait commandé une grande peinture à Picasso avant le bombardement de Gernika. Son gouvernement voulait défendre sa cause à l’exposition parisienne de 1937 tandis que la guerre civile faisait rage en Espagne. Le projet de recherche Repenser Guernica du Reina Sofía[2] situe la commande au début de l’année. Picasso n’avait pas encore fixé le sujet de la vaste toile quand les nouvelles de l’attaque du 26 avril arrivèrent à Paris. La nouvelle donna une orientation à la commande ; elle ne fut pas à l’origine de celle-ci. [2]

Gernika fut attaquée dans le contexte de la campagne du nord. La chronologie du Musée de la Paix de Gernika[3] décrit des habitants cherchant refuge tandis que les bombes frappaient le centre urbain et que les incendies se propageaient. La souffrance de la ville devint rapidement une affaire internationale. La responsabilité fut aussi contestée dans la propagande de guerre : le camp franquiste nia le rôle de ses forces et tenta d’attribuer la destruction à ses adversaires, comme l’explique le récit historique du Reina Sofía[8]. Le nombre des morts reste débattu par les historiens ; une estimation officielle de l’époque ne doit pas être confondue avec un total définitif unanimement accepté. [3] [8]

Picasso n’était pas sur place pour voir l’attaque. La notice de collection du musée[1] relie sa réaction aux photographies et aux articles de la presse française. Cette distinction compte. La peinture répond à la connaissance d’une atrocité depuis la distance ; ce n’est pas un reportage de témoin oculaire. Son titre désigne un lieu et un événement, mais son imagerie évite de représenter littéralement rues, avions ou victimes identifiables. Cette distance ne rend pas l’œuvre apolitique. Elle donna à Picasso la possibilité de créer une image que le pavillon espagnol pourrait mobiliser dans son argument contre la violence de la guerre. [1]

Que se passe-t-il dans la peinture ?

Le regard rencontre un champ comprimé de corps, d’angles vifs et de contrastes brusques entre lumière et obscurité. À gauche, un taureau se tient au-dessus d’une femme qui porte un enfant mort et rejette la tête en arrière. Près du centre, un cheval tend son corps à travers la toile, gueule ouverte. Sous lui gît une figure humaine tombée. Une femme introduit une lampe dans la scène depuis une ouverture supérieure ; une autre s’avance par la droite ; à l’extrémité, un personnage lève les deux bras près des flammes. La description du Reina Sofía[1] relève également un oiseau que l’on peut facilement manquer dans la partie gauche très travaillée. [1]

Ce n’est pas une suite d’épisodes distincts, proprement encadrés. Les figures se chevauchent et la pièce ou la rue autour d’elles semble se disloquer. Une ampoule est suspendue au-dessus du cheval, tandis que la lampe tenue à la main entre par le côté. Les deux lumières ne résolvent pas le chaos : elles exposent davantage la scène. Les bouches ouvertes se répètent chez les humains et les animaux, mais la peinture est silencieuse. Le contraste entre les cris visibles et l’absence de son fait partie de sa force.

La toile est souvent dite noire et blanche, bien que sa surface passe entre noirs, gris, blancs et diverses nuances. La notice de collection du Reina Sofía[1] rapproche cette palette restreinte de la photographie de presse et du cinéma. Elle situe aussi la large organisation pyramidale des figures dans la longue tradition de la peinture d’histoire. Les deux observations sont utiles, sans constituer une explication complète. Les images de presse pouvaient transmettre l’urgence des nouvelles du bombardement ; l’échelle et la composition d’une peinture d’histoire pouvaient demander au spectateur de considérer ces nouvelles comme un événement public d’importance durable. Le résultat ne ressemble pas à un article de journal illustré. Il transforme un événement rapporté en une scène construite dans le langage visuel propre à Picasso. [1]

Le titre peut inciter à chercher un équivalent historique exact pour chaque figure. Pourtant, la peinture ne désigne ni la femme, ni le cheval, ni le taureau comme des habitants ou soldats particuliers. Elle ne montre pas non plus les bombardiers. Son chagrin est lié à Gernika sans prétendre que le spectateur puisse identifier une personne à partir de la toile. La mère et l’enfant mort sont particulièrement directs. Ils ancrent la souffrance dans une relation compréhensible sans dictionnaire des symboles, tandis que l’ensemble de la composition refuse de se réduire à une seule anecdote.

La composition refuse aussi une position confortable au regard. Le corps du cheval traverse l’espace central où l’œil pourrait autrement se reposer. La tête du personnage tombé interrompt le bord inférieur ; les femmes qui entrent par la droite poussent vers le centre. Aucun horizon net ne permet de reléguer sans danger le désastre au loin. C’est une observation formelle, non l’affirmation que Picasso voulait faire de chaque diagonale une bombe ou un bâtiment précis. Le spectateur ressent la pression de la disposition des figures avant toute explication iconographique.

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Le taureau et le cheval ont-ils un sens fixe ?

De nombreuses explications proposent une clef simple : un animal représenterait l’Espagne, l’autre le fascisme, ou une lampe l’espoir et l’autre la destruction. Il est plus facile de retenir ces affirmations que de les établir. Le récit du Reina Sofía sur les interprétations de l’œuvre[6] décrit des décennies de désaccord sur les figures. En 1947, le Museum of Modern Art de New York organisa même un colloque consacré à leur signification. La discussion n’aboutit pas à une lecture unique. [6]

Le taureau et le cheval appartenaient déjà au vocabulaire artistique plus large de Picasso. Le Reina Sofía désigne son estampe de 1935, Minotauromachie, comme un précédent important de la peinture ultérieure. Leur apparition dans Guernica peut donc se rattacher aux images antérieures autant qu’aux événements de 1937. Le spectateur peut raisonnablement y voir aussi peur, force, endurance ou vulnérabilité. Ce qu’il ne peut faire sans risque, c’est convertir une interprétation en déclaration documentée des intentions exactes de Picasso pour chaque forme. L’étude du musée sur les propos de Picasso concernant l’œuvre[9] note combien il a rarement fourni une explication symbolique systématique. [9]

Il ne s’ensuit pas que toutes les lectures se valent. Une interprétation devrait rendre compte de ce qui est effectivement visible, du titre et de la date de l’œuvre, ainsi que de sa place dans le pavillon républicain. La mère avec son enfant mort, par exemple, rend la souffrance civile impossible à éviter. Mais l’image possède aussi des échos artistiques anciens, et ses figures sont disposées pour leur puissance expressive plutôt que pour une exactitude documentaire. Bien regarder, c’est maintenir ces faits en tension. Un code fixe peut faire croire que la peinture est résolue au moment même où elle devrait réclamer davantage d’attention.

Comment Picasso a-t-il réalisé cette toile immense ?

Picasso commença à dessiner des esquisses le 1er mai 1937. Le portail de recherche du Reina Sofía[2] décrit environ cinquante dessins et esquisses réalisés dans les semaines suivantes, ainsi que d’importants changements apportés à la toile. Ces documents contredisent l’impression familière d’une image apparue d’un seul coup, sans pour autant justifier l’invention d’un récit précis de chaque journée. L’échelle seule exigeait de la préparation : l’œuvre finale dépasse la taille de la plupart des spectateurs et est bien plus large qu’une peinture de chevalet ordinaire. [2]

Le témoignage le plus remarquable sur sa réalisation fut créé par une autre artiste. Du 11 mai au 4 juin, la photographe Dora Maar se rendit dans l’atelier de Picasso, rue des Grands-Augustins, et photographia les étapes de la peinture à la demande de l’éditeur d’art Christian Zervos. Le Reina Sofía conserve 28 photographies[4] qui révèlent des changements de position et de définition des figures principales. Leur intérêt ne se limite pas à montrer Picasso au travail. Elles permettent de comparer plusieurs états de l’image et de voir la peinture comme une suite de décisions plutôt que comme un unique éclair d’inspiration. [4]

Maar devait photographier une vaste toile dans la lumière difficile de l’atelier. Le musée décrit ses retouches, ses internégatifs et ses tirages destinés à produire une série utilisable. Ce sont des choix photographiques, non un travail administratif invisible. Sa présentation de la carrière de Maar[10] en fait une photographe établie, active dans le surréalisme, la commande commerciale, le portrait et la photographie de rue. La qualifier seulement de « muse » de Picasso effacerait l’expertise indépendante qui a produit les documents sur lesquels s’appuient les histoires ultérieures de Guernica. [10]

La suite photographique[4] montre que certaines figures essentielles étaient présentes tôt : mère et enfant, taureau, cheval, personnage tombé, porteuse de lampe et personnage aux bras levés. Elle montre aussi corrections, suppressions et changements d’accent. Une photographie peut établir l’apparence d’une étape, sans révéler toutes les raisons des révisions de Picasso ni tout ce qui se passa entre deux prises de vue. La force urgente de l’œuvre achevée est issue de reprises. Sa compression dramatique est un résultat, non la preuve d’une exécution irréfléchie. [4]

Il importe ici de distinguer une étude préparatoire de l’œuvre achevée. Un dessin peut explorer une tête ou un corps sans fixer déjà son rôle dans la grande toile. Une photographie peut montrer une partie qui fut ensuite recouverte. Une forme précoce n’est pas un message final caché du seul fait qu’elle a survécu dans la documentation. Les dessins et la série de Maar montrent plutôt que la disposition finale bien connue n’était qu’une possibilité parmi plusieurs essayées par Picasso. Ils limitent aussi les affirmations de l’historien : les preuves de modifications sont abondantes, mais aucun journal complet ne décrit chaque décision.

Guernica au pavillon espagnol

À l’exposition parisienne, la peinture occupait un mur du fond au rez-de-chaussée du pavillon espagnol. Le bâtiment avait été conçu par Luis Lacasa et Josep Lluís Sert, tandis que Josep Renau contribua au programme politique et photographique de l’exposition. L’étude du pavillon par le Reina Sofía[5] situe Guernica parmi d’autres œuvres réalisées ou exposées en soutien à la République, dont des créations de Joan Miró et d’Alexander Calder. Les visiteurs découvraient une exposition politique, non une peinture isolée dans une salle blanche prétendument neutre. [5]

La reconstruction ultérieure du pavillon de la République espagnole à Barcelone rappelle le bâtiment qui exposa Guernica à Paris en 1937.
La reconstruction ultérieure du pavillon de la République espagnole à Barcelone rappelle le bâtiment qui exposa Guernica à Paris en 1937. Référence de l’image.

Ce cadre aide à comprendre l’association inhabituelle du particulier et du général dans la grande toile. Son titre la rattachait directement à un bombardement dont le public du pavillon pouvait lire le récit. L’absence d’avions ou de rues identifiables lui permettait de représenter l’attaque à travers corps, peur et rupture. L’œuvre pouvait servir un argument public immédiat tout en restant accessible à des spectateurs ultérieurs qui ignoraient les nouvelles du jour. Monumentale, elle n’était pourtant pas triomphale. Là où certaines peintures publiques glorifient la victoire, celle-ci place l’angoisse au centre.

La toile fut commentée et reproduite peu après sa création. La notice du Reina Sofía sur un numéro de Cahiers d’art de 1937[11] montre que Zervos publia des commentaires et les photographies de Maar retraçant le processus. La reproduction permit à l’œuvre de circuler au-delà du pavillon, même si la voir dans une revue n’équivaut pas à se tenir devant la toile grandeur nature. Des reproductions ultérieures rendirent Guernica familier dans le monde entier ; l’objet physique continua de mener une vie distincte et beaucoup plus limitée. [11]

Cette histoire matérielle se mit presque aussitôt en mouvement. Le Reina Sofía recense Guernica dans une exposition itinérante de Matisse, Picasso, Braque et Laurens en Scandinavie en 1938[12]. Hors du pavillon républicain d’origine, la peinture apparaissait parmi des œuvres modernes réunies autour d’artistes actifs en France. Ce changement de cadre modifiait la façon dont le public pouvait la rencontrer : une grande peinture politique pouvait aussi entrer dans un récit de l’art moderne. Aucun des deux cadres n’épuisait l’œuvre. Le pavillon explique sa destination immédiate ; les expositions ultérieures montrent à quelle vitesse elle acquit une autre vie publique. [12]

Pourquoi était-elle à New York et quand est-elle revenue en Espagne ?

La République espagnole acquit Guernica en 1937, selon la notice de collection du Reina Sofía[1]. Sa localisation ultérieure ne s’explique pas simplement en disant qu’un musée new-yorkais en était propriétaire. À mesure que la situation politique empirait en Espagne et que la guerre s’étendait en Europe, Picasso organisa le dépôt de la peinture auprès du Museum of Modern Art (MoMA). Sa période new-yorkaise commença en 1939. Des prêts et des expositions l’emmenèrent parfois ailleurs ; le MoMA était sa base durable, non un lieu qu’elle n’a jamais quitté. [1]

Le Museo Reina Sofía à Madrid, qui conserve Guernica.
Le Museo Reina Sofía à Madrid, qui conserve Guernica. Référence de l’image.

En 1958, Picasso prolongea pour une durée indéterminée le dépôt au MoMA, liant le retour au rétablissement de la démocratie en Espagne. L’histoire muséale du Reina Sofía[13] suit sa présence là-bas jusqu’en septembre 1981. Il importe de distinguer propriété, garde et pouvoir de Picasso sur les prêts. Réduire ces rapports au récit d’une peinture « donnée au MoMA » efface les difficultés politiques et juridiques de son retour. [13]

Après la dictature franquiste et pendant la transition démocratique espagnole, l’œuvre arriva à Madrid. Elle y parvint le 10 septembre 1981 et fut présentée au public dans le Casón del Buen Retiro, alors lié au Prado, à partir du 24 octobre. L’histoire du Casón racontée par le Reina Sofía[7] décrit l’installation protectrice et la portée symbolique de sa première présentation en Espagne. Elle y resta jusqu’en 1992. La toile entra au Reina Sofía le 26 juillet 1992, comme le précise l’historique des lieux du musée[14]. « Revenue en Espagne en 1981 » et « entrée au Reina Sofía en 1992 » désignent donc deux déplacements différents, non des dates concurrentes. [7] [14]

Les voyages matériels de la toile ont nourri sa réputation, mais rappellent aussi qu’elle est un objet fragile. Sa célébrité a parfois encouragé l’idée qu’on pourrait l’envoyer partout où son message serait désiré. Les responsables des musées doivent prendre en compte la grande toile réelle, pas seulement son image infiniment reproductible. L’histoire de ses installations et de ses prêts appartient à celle de la transformation d’une œuvre destinée à un pavillon temporaire en centre permanent d’attention nationale et internationale.

Pourquoi Guernica importe-t-il encore ?

Son sens commence avec l’attaque de Gernika et la tentative de la République espagnole, en pleine guerre, de rendre cette violence visible à l’étranger. Il serait erroné d’effacer la ville basque, les camps politiques ou la date au profit d’un message abstrait applicable à toute guerre. Le Musée de la Paix de Gernika[3] conserve l’histoire locale que la peinture célèbre peut parfois éclipser. La ville n’est pas qu’une métaphore ou un titre. [3]

Il serait tout aussi réducteur de dire que la peinture n’importe que comme témoignage du 26 avril 1937. Elle ne fournit pas un compte rendu opérationnel de l’attaque aérienne. Ses formes demandent ce que la terreur fait aux corps et aux familles, et comment la peinture peut répondre à un événement rapporté par les mots et les photographies. C’est pourquoi l’œuvre a nourri des débats ultérieurs sur les attaques contre les civils et la responsabilité publique de l’art. L’histoire des interprétations retracée par le Reina Sofía[6] suit ces lectures changeantes sans prétendre qu’il existe une traduction finale unique de la toile. [6]

Pour une première rencontre, commençons par ce qui est visible : les deux lumières opposées, l’espace brisé, les bouches ouvertes répétées, le deuil de la mère et le cheval au centre. Revenons ensuite à l’histoire précise qui a fait naître l’œuvre et aux photographies de Maar documentant sa réalisation. Aucune de ces approches n’annule les autres. Guernica perdure parce qu’il tient ensemble une catastrophe historique nommée, une peinture soigneusement construite et un débat toujours ouvert sur la manière de voir publiquement la souffrance. Pour d’autres œuvres liées et leur contexte, poursuivez avec Songe et Mensonge de Franco, La Femme qui pleure et l’œuvre de Picasso sur la guerre et la paix.

Discussion

Appuyez-vous sur les sources et sur votre propre observation pour expliquer votre point de vue. Il s’agit de questions éditoriales, et non de commentaires de lecteurs.

Pistes de réflexion

Observation attentive

Quelle figure ou quel objet guide votre premier parcours de cette toile immense ?

Contexte

Comment le pavillon de 1937 orientait-il la compréhension de ses premiers visiteurs ?

Question ouverte

Que perd-on si le bombardement de Gernika devient un symbole de guerre purement universel ?

Participez à la discussion

Quelle interprétation correspond le mieux aux preuves ?

Références

  1. Museo Reina Sofía, notice de collection de Guernica : données de l’objet, interprétation et histoire de la collection.
  2. Museo Reina Sofía, Repenser Guernica : recherches archivistiques et chronologie de création.
  3. Musée de la Paix de Gernika, histoire du bombardement : chronologie et documents locaux.
  4. Museo Reina Sofía, suite photographique de Dora Maar : étapes de la peinture.
  5. Museo Reina Sofía, pavillon espagnol : présentation initiale et programme politique.
  6. Museo Reina Sofía, histoire des interprétations : débats sur les symboles.
  7. Museo Reina Sofía, Casón del Buen Retiro : retour de 1981 et présentation en Espagne.
  8. Museo Reina Sofía, contexte historique du bombardement de Gernika.
  9. Museo Reina Sofía, étude des propos de Picasso sur Guernica.
  10. Museo Reina Sofía, carrière photographique de Dora Maar.
  11. Museo Reina Sofía, notice sur le numéro de Cahiers d’art de 1937.
  12. Museo Reina Sofía, exposition itinérante en Scandinavie en 1938.
  13. Museo Reina Sofía, histoire du dépôt au musée de New York.
  14. Museo Reina Sofía, historique de l’installation de 1992.

Crédit de l’image

  1. Celette. CC BY-SA 4.0. Source : Wikimedia Commons. Redimensionnée proportionnellement à 1 024 px de large, sans recadrage. Notice de la source. Licence.
  2. Canaan. CC BY-SA 3.0. Redimensionnement proportionnel à 1 024 px, sans recadrage. Notice de la source. Licence.
  3. Deror_avi. CC BY-SA 3.0. Redimensionnement proportionnel à 1 024 px, sans recadrage. Notice de la source. Licence.