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Chop Suey : introduction
Les plus grandes lettres de Chop Suey, d’Edward Hopper, appartiennent à une enseigne à l’extérieur du restaurant. Ses formes rouges et blanches coupées par le cadrage montent près d’une fenêtre, détournant l’attention des deux femmes à la table proche vers le monde commercial au-delà. Les femmes sont assez proches pour partager un repas ou une conversation, mais la pièce lumineuse fournit étonnamment peu d’indices de l’une ou l’autre activité. Une théière est présente ; une histoire développée est plus difficile à trouver.
Hopper peint cette huile sur toile en 1929. Mesurant 32 sur 38 pouces, elle devient une œuvre majeure de la collection Barney A. Ebsworth avant sa vente aux enchères de 2018. [1] Le tableau est souvent abordé par ses personnages mystérieux, mais l’architecture et l’enseigne méritent autant d’attention. Une grande partie de son énergie se joue autour des personnes plutôt que dans une action sans équivoque entre elles.
En bref
Cette œuvre dans la carrière d’Edward Hopper
American Village
1912Soir Bleu
1914Automat
1927New York Movie
1939Nighthawks
1942Soleil du matin
1952Soleil au balcon
1960Two Comedians
1966Sommaire
- Une table partagée par deux femmes
- D’autres clients, une autre profondeur
- L’enseigne à l’extérieur
- Un titre sino-américain dans une rue américaine
- Lumière du jour et couleur anguleuse
- Quand les lettres deviennent une forme architecturale
- Le bas de la fenêtre et le manteau suspendu
- Un restaurant sans repas visible
- Vêtement et présence publique
- Des femmes clientes plutôt qu’une histoire individuelle inventée
Une table partagée par deux femmes
Les deux femmes du premier plan occupent les côtés opposés d’une table blanche. La femme de face porte du vert et un chapeau sombre ombrage son front. Sa compagne nous tourne le dos, sa tête devenant une forme bleue arrondie au-dessus d’un pull plus pâle. Leurs positions donnent un accès inégal : un visage peut être examiné, tandis que l’autre reste largement soustrait au regard.
Cette asymétrie importe davantage que le simple fait qu’il y ait deux personnes. On peut scruter l’expression de la femme de face sans pouvoir la confronter à une réponse entièrement visible. Même si l’on imagine une conversation, son échange est incomplet depuis notre position.
Leurs corps rencontrent aussi la lumière différemment. Le visage pâle et le décolleté de la femme de face ressortent fortement au-dessus du vêtement vert. Le dos de sa compagne offre une zone plus large de couleur plus discrète, épaules et bras définissant sa manière d’être assise. Les deux figures participent au même cadre sans devenir des formes équivalentes.
La table les réunit, mais la surface blanche visible entre elles reste importante. Leurs mains n’établissent pas d’action commune manifeste. Hopper rend la compagnie physiquement possible tout en laissant ouverte la nature de la relation.
L’agencement n’est pas tout à fait celui d’un portrait privé rendu public. La tête de la femme de face s’inscrit parmi des zones de couleur plus grandes et plus affirmées : vêtement vert dessous, bleu et blanc au-delà de la fenêtre voisine et architecture chaude à droite. Son visage est une destination importante pour l’œil, mais sa force vient de son insertion dans ce motif environnant. L’isoler par un détail recadré produirait une rencontre différente.
Le dos de sa compagne rend la table proche plus convaincante dans l’espace. L’épaule et le chapeau chevauchent le cadre au-delà, établissant un corps intermédiaire entre nous et la fenêtre. Ce corps ne sert pas seulement à soustraire une seconde expression. Sa place au premier plan aide à comprendre la distance entre la table proche et le mur du fond.
Les deux positions décrivent aussi différentes manières possibles d’être vu au restaurant. Une personne peut être très visible pour une compagne en face et presque illisible pour quelqu’un assis derrière. Hopper fait éprouver cette inégalité au spectateur au sein d’un même duo. L’espace social de la pièce est constitué de plusieurs lignes de regard dont nous ne partageons que certaines.
C’est ce double travail, social et de composition, qui rend la seconde femme indispensable. La retirer ne rendrait pas simplement le tableau plus solitaire. Cela changerait l’orientation de la table, la profondeur du premier plan, le rythme des couleurs autour de la figure de face et la connaissance partielle accessible à l’observateur.
D’autres clients, une autre profondeur
Une seconde table apparaît plus loin à gauche. Un homme est montré de profil, tandis qu’une autre figure est en partie coupée par l’architecture environnante et le bord de la vue. Ce groupe plus petit empêche les femmes du premier plan d’être les seules occupantes du restaurant.
Les clients du fond occupent un autre registre visuel. Leurs formes sont plus sombres et plus comprimées, avec moins d’espace pour examiner leurs gestes. Ils établissent la profondeur de la pièce et son usage social sans développer un épisode séparé.
Cet intérieur est sélectionné dans un établissement plus vaste. Le tableau ne montre ni la cuisine, ni l’entrée, ni toutes les tables. Sa concentration sur deux groupes ne doit pas passer pour un relevé complet de la clientèle.
Les groupes ne forment pas non plus une chaîne de communication évidente. On peut déplacer l’attention d’une table à l’autre, mais les personnes ne s’organisent pas visiblement autour d’un événement commun. La pièce contient plusieurs histoires possibles à la fois, aucune assez développée pour s’imposer.
L’enseigne à l’extérieur
L’enseigne verticale apporte une forme inhabituellement puissante de langage dans l’image. On peut lire la partie visible du nom du restaurant, tandis que le reste dépasse la vue choisie. Son échelle implique une enseigne conçue pour attirer les passants dans la rue en dessous.
La notice de Franklin Kelly dans le catalogue de la National Gallery place le tableau parmi les sujets familiers de restaurants urbains et associe l’enseigne élevée à un établissement à l’étage. [2] L’image donne une place dans cet établissement plutôt qu’une vue complète de sa façade depuis le trottoir.
Le fond rouge et les lettres pâles de l’enseigne s’imposent visuellement. De petites formes répétées autour des lettres ajoutent un rythme mécanique, différent des contours plus doux des visages et des chapeaux. La publicité devient l’une des présences les plus voyantes du tableau, bien qu’aucun client ne soit montré y réagissant.
Le cadrage est tout aussi important. Une enseigne complète servirait peut-être surtout d’étiquette d’identification. Ici, les lettres deviennent aussi des formes logées dans la grande structure de la fenêtre. On les lit et on observe leur motif simultanément.
Un titre sino-américain dans une rue américaine
Les mots de l’enseigne appartiennent à l’histoire de l’entrepreneuriat sino-américain autant qu’à la composition de Hopper. L’historien Charles W. Hayford retrace le développement du chop suey par l’adaptation de la cuisine chinoise à la clientèle américaine et rejette un récit pittoresque unique de son invention. Il donne aux restaurateurs et cuisiniers sino-américains un rôle actif dans la création d’une culture alimentaire urbaine largement reconnue. [3] Le titre ne doit pas être traité comme le nom d’un objet inexplicablement étranger déposé dans une scène américaine par ailleurs refermée sur elle-même.
Haiming Liu examine de même la restauration comme une négociation entre entreprise immigrée, attentes locales et exclusion raciale. Il montre comment les restaurants de chop suey dépassent Chinatown et participent à l’alimentation métropolitaine ordinaire. [4] Cette histoire concerne les conditions qui rendent un tel restaurant familier ; elle n’identifie pas les propriétaires de la pièce particulière inventée par Hopper.
Le tableau rend cette présence culturelle voyante par les lettres plutôt que par un plat soigneusement décrit. On lit une offre commerciale plus aisément qu’on n’examine ce que consomment les clients. L’enseigne s’adresse à un public extérieur, tandis que les personnes à l’intérieur occupent leurs petits intervalles. La culture des restaurants sino-américains apparaît à la fois comme une catégorie publiquement annoncée et comme un cadre d’usage individuel.
Cette distinction élargit les questions sociales que peut soutenir la toile. La visibilité de l’enseigne n’est pas celle du travail qui fait fonctionner le restaurant. Cuisiniers et propriétaires n’ont pas besoin d’apparaître pour que l’établissement dépende d’eux. La vue sélectionnée par Hopper accorde une grande attention picturale aux clients et laisse largement hors cadre la production du restaurant. Reconnaître cette sélection enrichit l’image sans prétendre que le tableau documente ses travailleurs invisibles.
La pièce se concentre sur des clients particuliers dans cette histoire plus vaste de l’immigration. Son titre peut cependant ouvrir cette histoire et montre que l’intérieur américain apparemment ordinaire était déjà un lieu de rencontre culturelle.
Lumière du jour et couleur anguleuse
La fenêtre au fond à gauche contient des zones frappantes de bleu pâle, de bleu plus sombre et de blanc. Leurs bords se croisent en angles, créant un motif très différent des verticales plus stables des boiseries.
Ces formes extérieures ne sont pas un simple fond accessoire. Elles rivalisent avec les clients pour l’attention et étendent les parties les plus claires au-delà de la peau et du linge de table. La ville apporte couleur et géométrie autant qu’un cadre social.
Les entourages de fenêtre plus chauds maintiennent en place les zones froides. Bruns, oranges et tons dorés forment un cadre architectural substantiel autour des personnes. La distinction entre intérieur chaud et extérieur froid est forte sans être parfaitement uniforme.
La lumière sur la femme du premier plan participe aussi à cet agencement. Son visage se remarque par son rapport aux formes sombres et claires voisines. La visibilité ne produit pas nécessairement l’intimité psychologique : un visage bien éclairé peut rester difficile à interpréter.
L’historienne de l’art Carol Troyen attire particulièrement l’attention sur le contraste entre un motif extérieur animé et un intérieur relativement retenu. [5] Ce contraste invite utilement à détourner provisoirement le regard des figures. L’immobilité apparente du tableau dépend d’une composition environnante active.

Comparer : Automat, 1927.
Quand les lettres deviennent une forme architecturale
L’enseigne change lorsque l’attention passe de la lecture au regard. Lues comme langage, ses lettres identifient le type de restaurant. Vues comme forme peinte, ce sont des figures pâles sur fond rouge, interrompues par les limites de la toile et les encadrements. Hopper les utilise comme informations sans soumettre leur poids visuel à leur signification.
Leur agencement relève aussi de deux positions de regard différentes. Une enseigne en saillie est destinée à être vue depuis la rue, où sa hauteur et sa force annoncent un commerce. Le spectateur du tableau la rencontre obliquement et de près, depuis l’intérieur. Un objet conçu pour une vue publique lointaine devient un grand voisin tronqué des clients.
L’effet est presque un renversement d’échelle. Un visage exige une attention soutenue malgré son importance pour un observateur humain ; une lettre peut s’imposer avec relativement peu de regard. Le tableau renvoie l’œil d’un type de reconnaissance à l’autre. On cherche une expression chez la femme et un nom sur l’enseigne, tandis que les surfaces colorées appartiennent toujours à une composition commune.
Les motifs extérieurs lumineux fonctionnent encore autrement. Ils offrent des fragments architecturaux plus faciles à saisir comme couleurs obliques que comme rue continue. Langage, ressemblance humaine et motif partiellement abstrait coexistent dans le même angle vitré. La simplicité apparente du cadre est donc trompeuse : il offre plusieurs informations visuelles distinctes sans laisser l’une expliquer toutes les autres.
C’est pourquoi la publicité ne doit pas être écartée comme détail de fond. Sa force contribue à déterminer la manière dont les femmes sont vues. Leurs gestes discrets se déroulent près d’un objet dont la fonction publique est d’attirer l’attention, ce que sa forme peinte continue à faire.
Le bas de la fenêtre et le manteau suspendu
La partie basse de la fenêtre droite contient une zone dorée à motifs. Elle interrompt une simple vue à travers le verre clair et introduit une autre surface où s’accumulent marques et couleurs. Ses détails se comprennent moins aisément que les grandes lettres au-dessus.
La fenêtre devient ainsi plus complexe qu’une ouverture transparente. Elle combine vues dehors, divisions architecturales et zones attirant l’attention comme surfaces peintes. Le sentiment du restaurant se construit à partir de ces différentes informations visuelles.
Un manteau pend près de la femme du premier plan. Sa couleur chaude et ses longs plis verticaux se distinguent des corps assis. Il ajoute un signe d’occupation sans introduire une autre personne dont il faudrait interpréter le visage ou les actions.
Ces détails donnent à la pièce un aspect utilisé. Ils ralentissent aussi notre parcours : une forme apparemment humaine devient un vêtement, une fenêtre devient en partie un plan à motifs et une publicité devient une suite de lettres coupées. Le cadre ordinaire récompense les examens répétés.
Un restaurant sans repas visible
La théière rouge offre un objet reconnaissable sur la table proche. Son corps arrondi diffère du contour plus tranché de la table blanche, donnant au premier plan un petit accent concentré.
Pourtant, le tableau ne rend pas d’abord compte de la consommation de nourriture. Des assiettes d’un plat nommé n’expliquent pas le titre, et le métier des femmes ne se déduit pas d’une commande de déjeuner. Ce que l’on voit le plus clairement est l’espace où pourrait se dérouler un repas.
La distinction protège l’image d’une lecture littérale trompeuse. Un nom de restaurant ne dit pas ce que ces clients ont commandé, si un plat vient d’être débarrassé ni depuis combien de temps ils sont assis. Ce sont des questions plausibles, non des faits fournis par la toile.
Par comparaison avec Tables pour dames, dont la présentation au premier plan rend visibles nourriture et service, Chop Suey se concentre sur les clients et l’architecture qui les entoure. La table blanche devient un intervalle entre les corps plutôt qu’une nature morte encombrée.
La table pâle relie des objets de tailles très différentes. La théière est une petite forme compacte ; les deux figures assises créent de plus grandes interruptions autour de la surface ; une zone lumineuse au-delà de la fenêtre appartient à une tout autre distance. La lumière relie ces passages à travers le tableau sans effacer leurs fonctions pratiques distinctes.
La table est particulièrement efficace parce que son contour n’est pas un rectangle neutre présenté de face. Ses bords orientent le premier plan et le corps de la femme proche empêche d’en examiner clairement l’ensemble. Il faut comprendre la surface par les portions visibles autour de ses bras et épaules. Un objet familier est à la fois établi et en partie caché par ses usagers.
Le rapport entre son dos pâle et la table est tout aussi important. Leur proximité pourrait aplatir les formes ensemble, mais les variations de couleur, de contour et les passages sombres voisins distinguent corps et meuble. L’image peut simplifier ce qu’elle montre sans faire lire chaque zone claire comme la même substance. Peau, vêtement, table et lumière du jour remplissent des fonctions différentes dans une gamme restreinte de clarté.
Ces distinctions donnent au tableau une vie visuelle indépendante d’une conversation imaginée. On peut suivre un contour autour d’une épaule, sur le bord de la table et vers l’enseigne sans apprendre un nouveau fait sur la relation des femmes. Le temps du regard est fécond, car le tableau fournit des rapports entre surfaces que la désignation du sujet n’épuise pas.
Vêtement et présence publique
Chapeaux et vêtements ajustés distinguent les femmes comme des personnes occupant un cadre public, dont l’apparence est préparée pour la ville au-delà de la fenêtre. Leurs habits restent assez précis pour compter sans identifier un métier.
Cette distinction est particulièrement importante lorsqu’on voit dans l’image les possibilités nouvelles offertes aux femmes. L’histoire des restaurants explique pourquoi ce type de rencontre devient intéressant comme sujet. Elle ne suffit pas à faire des deux personnes des secrétaires en pause déjeuner ni à établir leurs pensées sur leur indépendance.
Les grandes formes des vêtements ont aussi un rôle de composition. Le vert équilibre les boiseries chaudes, le chapeau bleu se détache de la fenêtre dorée et le dos plus pâle reçoit un autre accent que le torse de face. La mode est visible comme couleur et forme avant de servir de preuve à une interprétation sociale.
Le catalogue de Christie’s identifie Jo Hopper comme modèle pour les trois figures féminines. [1] Un modèle commun n’oblige pas à voir un reflet littéral, des jumelles ou un portrait de Jo dînant avec elle-même. Un modèle peut fournir plusieurs poses tandis que la peinture donne à chaque figure une place et un rôle différents.
Des femmes clientes plutôt qu’une histoire individuelle inventée
L’exposition de Patricia Junker Edward Hopper's Women, organisée au Seattle Art Museum en 2008–2009, place Chop Suey au centre d’un groupe consacré aux femmes occupant de nouveaux espaces sociaux dans la ville. Sa présentation relie ces images à la présence croissante des femmes dans le travail urbain quotidien et la vie publique. [6] Ce cadre historique est plus précis que l’affirmation générale selon laquelle chaque figure calme de Hopper serait solitaire.
Liu fournit un contexte contemporain concret par un article de journal de 1925 cité dans son étude, qui décrit des dactylographes, des employées du téléphone et des vendeuses déjeunant dans des restaurants chinois. [4] Il établit la plausibilité de telles clientes dans le monde des restaurants connu de Hopper. Il ne peut attribuer aux femmes du tableau l’un de ces métiers au seul motif qu’elles portent des vêtements à la mode.
Leur visibilité constitue elle-même une partie importante du sujet. Elles occupent une table à part entière, avec un autre duo au fond plutôt qu’un chaperon voyant contrôlant la scène. La composition demande une attention soutenue à leur présence, tout en donnant peu d’informations pratiques sur la journée qui les a amenées là.
Cette présence ne se réduit pas nécessairement à une célébration simple de la liberté. La pièce offre une occasion de se rencontrer tout en rendant les clients visibles aux inconnus. Chapeaux, vêtements et retenue corporelle peuvent servir à la fois la présentation publique et le confort privé. Hopper ne décide pas quelle considération compte le plus pour chacune.
L’interprétation historique est ici la plus forte lorsqu’elle conserve cette complexité. Savoir que la vie urbaine des femmes changeait explique l’importance possible de l’occasion ordinaire. Cela n’exige pas une biographie fictive où elles partagent un employeur, des difficultés financières ou une déception amoureuse. Leur statut de clientes est visible ; leur participation à une transformation sociale plus vaste est une question que le tableau aide à explorer.
La question d’un véritable restaurant
Le cadre a suscité la recherche d’un emplacement exact. L’essai de la vente de 2018 examine des rapprochements proposés avec des restaurants de Portland, dans le Maine, et le Far East Tea Garden près de Columbus Circle à New York. [1] Ces propositions doivent rester distinctes d’un intérieur identifié avec certitude et inchangé.
Mobilier, vêtements, vitrage, boiseries, enseigne et vaisselle rendent le restaurant aisément reconnaissable. Leur familiarité rend tentante une reconstitution littérale. Mais un cadre convaincant peut être assemblé, ajusté ou remémoré plutôt que copié depuis un point de vue fixe.
Le titre est moins précis géographiquement que New York Restaurant. Il nomme le type d’établissement par la nourriture annoncée. La scène acquiert ainsi une précision culturelle sans fournir d’adresse.
La position élevée de la fenêtre et la grande enseigne éclairent le rapport d’un tel lieu à la rue. Ce sont des indices visuels utiles même si le prototype précis reste indéterminé. Identifier le type d’espace peut être plus sûr que revendiquer une pièce exacte.

Comparer : New York Restaurant, vers 1922.
John Sloan et une autre salle de restaurant
Kelly rapproche l’œuvre du tableau de John Sloan Chinese Restaurant de 1909, précisant qu’il était reproduit à côté d’un article écrit par Hopper sur Sloan en 1927. [2] Le lien situe le sujet de Hopper dans un intérêt existant pour la restauration urbaine ordinaire.
Dans le tableau de Sloan, des groupes de clients et un chat au sol occupent un intérieur plus largement décrit. Tables, meubles et personnes s’accumulent dans la salle. Comparer les œuvres rend particulièrement visible la sélection de Hopper : femmes proches, table blanche et grande fenêtre forment un agencement compact, avec peu d’activité périphérique.
La comparaison n’impose pas de conclure que Hopper a copié une disposition. Elle montre comment deux peintres rendent un restaurant lisible par différentes répartitions de figures et d’objets. Le sujet est partagé, tandis que l’expérience visuelle change.
Kelly souligne aussi l’importance des formes simplifiées et des couleurs fortes dans le tableau de Hopper. [2] On peut suivre directement cette idée dans la table, l’enseigne, les divisions de fenêtre et les bandes extérieures. Objets reconnaissables et motif affirmé occupent la même toile.
Un peintre écrivant sur un autre peintre
L’engagement publié de Hopper envers Sloan donne à la comparaison plus de substance qu’une ressemblance découverte par des spectateurs ultérieurs. Les notes du catalogue de Kelly identifient son article sous le titre “John Sloan and the Philadelphians”, publié dans The Arts en 1927, et précisent que Chinese Restaurant y était reproduit. [2] Deux ans avant de réaliser Chop Suey, Hopper participait à une discussion publique sur le peintre dont la scène de restaurant fournit aujourd’hui une comparaison utile.
Il importe de préciser la nature du lien. Une reproduction dans un article démontre disponibilité et engagement. Elle ne prouve pas que Hopper souhaitait corriger une composition par une autre ni que la toile ultérieure illustre un argument de sa prose. Les tableaux restent des œuvres indépendantes avec des agencements différents de personnes et d’espace.
La comparaison devient surtout féconde lorsqu’elle revient aux décisions visuelles. Sloan accumule des tables occupées dans son intérieur ; Hopper concentre son groupe proche à côté d’une fenêtre dominante. Le caractère public du restaurant peut être rendu par de nombreuses rencontres ou par le rapport entre clients, architecture et enseigne. Ce qui change est la répartition de l’attention, plutôt que le simple choix de peindre la vie ordinaire.
L’intérêt de Hopper pour Sloan complique aussi l’image d’un observateur entièrement autonome, détaché des autres artistes. La pièce calme s’élabore dans une carrière comprenant écriture, expositions et échanges professionnels. Sa retenue ne naît pas dans un vide culturel. Plusieurs peintres disposaient de sujets urbains reconnaissables, chacun pouvant en faire un ordre pictural différent.
Ce que les dessins ne nous disent pas
Le catalogue de 2018 cite la déclaration de Carter Foster en 2013 selon laquelle aucun dessin préparatoire n’était connu pour Chop Suey, Automat ou House by the Railroad. [1] Cette absence rapportée limite les transformations que l’on peut reconstituer. Elle ne prouve pas que le tableau soit apparu sans observation ni préparation.
La toile achevée reste une preuve de décisions : cadrage, emplacement de la table, séparation des figures et portion d’enseigne révélée. On peut étudier ces choix sans inventer des esquisses perdues ni une succession de poses imaginées.
Une comparaison avec Automat est particulièrement révélatrice. Sa fenêtre noire renvoie des lumières réfléchies dans l’intérieur ; ici, le verre met en évidence enseigne extérieure et lumière du jour. Une cliente seule devient un duo, sans qu’une personne de plus rende la relation entièrement lisible.
La collection et la vente de 2018
La provenance de la vente signale le tableau chez les Reed en 1950, les Cohen en 1968 et Ebsworth à partir de 1973. [1] Ces mentions décrivent son histoire de collection ; elles ne fournissent pas de biographies pour les femmes à table.
Le 13 novembre 2018, Christie’s vend Chop Suey à New York pour 91 875 000 dollars, frais acheteur compris. Le résultat officiel indique un acheteur anonyme. [7] Ce chiffre appartient à cette vente documentée, et non à une estimation actuelle ou à une révélation de l’identité du propriétaire présent.
L’ampleur de cette attention ultérieure peut facilement dominer l’analyse. Dans l’image, l’attention passe entre des éléments d’échelles très différentes : visage sous un chapeau, petite théière et lettres conçues pour attirer les gens dans la rue. L’enseigne annonce le lieu public plus fortement que les femmes ne se dévoilent. Regarder entre ces éléments conduit d’une conversation possible au grand motif urbain de couleurs, de commerce et de lumière.
Une image transportable et un objet irremplaçable
La vente de 2018 appartient à l’histoire moderne du tableau, mais le prix n’explique pas ce qui se passe entre les femmes et l’enseigne. Les données monétaires décrivent un échange de propriété. L’image décrit une autre rencontre commerciale, où théière, table blanche et publicité voyante placent les personnes dans un établissement largement invisible.
La reproduction introduit une autre distinction. La composition reste reconnaissable à petite échelle, car grandes zones colorées et lettres affirmées conservent leur organisation. Dans une petite image, la tête de la femme de face peut sembler inhabituellement vide, tandis que l’enseigne s’identifie presque sans effort. Sur une plus grande surface, les variations autour de la tête retiennent davantage l’attention, et le rapport entre corps et architecture environnante devient plus facile à suivre.
Les proportions de la toile comptent aussi. C’est une vue étirée horizontalement, mais beaucoup moins panoramique que Nighthawks. Le duo du premier plan occupe une grande partie de sa hauteur. Les femmes ne sont pas réduites à de petites habitantes d’une pièce éclairée bien plus vaste. L’architecture les presse de près, insistant particulièrement sur leur rapport physique à la table, au mur et à la fenêtre.
Cet ajustement serré est l’une des réussites durables du tableau. L’enseigne promet un lieu public que l’on peut nommer ; les femmes le rendent humain sans le rendre entièrement explicable. Les deux reconnaissances restent côte à côte. On sait plus facilement ce qui est annoncé que ce qui se passe entre les personnes entrées.
Répertoire des œuvres et des études
Ce répertoire documenté comprend des œuvres achevées et des études identifiées séparément. Il ne constitue pas un catalogue raisonné complet. Les titres liés ouvrent les articles ; les études sans lien sont identifiées par leurs numéros d’inventaire. Les aquarelles conservent leurs techniques documentées, et les estampes originales restent distinctes des reproductions.
| Titre | Date | Technique |
|---|---|---|
| (Bridge and Embankment) (70.1298) | 1906 | huile sur bois |
| (Jo Sketching at Good Harbor Beach) (70.1129) | 1923–1924 | aquarelle et craie fabriquée sur papier |
| (Manhattan Bridge) (70.1098) | 1925–1926 | aquarelle et crayon graphite sur papier |
| (Rooftops) (70.1114) | 1926 | aquarelle et crayon graphite sur papier |
| (Seated Male Model, Bent Over) (70.1277) | vers 1902–1903 | huile sur toile |
| (Self-Portrait) (70.1254) | 1903–1906 | huile sur toile |
| (Solitary Figure in a Theater) (70.1418) | vers 1902–1904 | huile sur panneau |
| 5 A.M. | 1937 | huile sur toile |
| Adam's House | 1928 | aquarelle et fusain sur papier |
| American Village | 1912 | huile sur toile |
| Apartment Houses | 1923 | huile sur toile |
| Approaching a City | 1946 | huile sur toile |
| August in the City | 1945 | huile sur toile |
| Automat | 1927 | huile sur toile |
| Barber Shop | 1931 | huile sur toile |
| Blackwell's Island | 1928 | huile sur toile |
| Bridge on the Seine | 1909 | huile sur toile |
| Piste cavalière | 1939 | huile sur toile |
| Burly Cobb's House South Truro | 1930–1933 | huile sur toile |
| Soir à Cape Cod | 1939 | huile sur toile |
| Matin à Cape Cod | 1950 | huile sur toile |
| Chair Car | 1965 | huile sur toile |
| Chop Suey | 1929 | huile sur toile |
| City Roofs | 1932 | huile sur toile |
| Coast Guard Station | 1929 | huile sur toile |
| Compartment C, Car 293 | 1938 | huile sur toile |
| Conference at Night | 1949 | huile sur toile |
| Corn Hill | 1930 | huile sur toile |
| Dawn in Pennsylvania | 1942 | huile sur toile |
| Pharmacie | 1927 | huile sur toile |
| Early Sunday Morning | 1930 | huile sur toile |
| East Side Interior (70.1020) | 1922 | Etching |
| East Wind Over Weehawken | 1934 | huile sur toile |
| El Palacio | 1946 | aquarelle et crayon graphite sur papier |
| Eleven A.M. | 1926 | huile sur toile |
| Evening Wind | 1921 | etching |
| Excursion into Philosophy | 1959 | huile sur toile |
| First Row Orchestra | 1951 | huile sur toile |
| Freight Car at Truro | 1931 | aquarelle sur graphite sur papier |
| Gas | 1940 | huile sur toile |
| Girl at a Sewing Machine | vers 1921 | huile sur toile |
| Gloucester Harbor | 1912 | huile sur toile |
| Ground Swell | 1939 | huile sur toile |
| Haskell's House | 1924 | aquarelle sur graphite sur carton |
| High Noon | 1949 | huile sur toile |
| Hill and Houses Cape Elizabeth Maine | 1927 | aquarelle sur crayon graphite |
| Hills South Truro | 1930 | huile sur toile |
| Hotel by a Railroad | 1952 | huile sur toile |
| Hotel Lobby | 1943 | huile sur toile |
| Chambre d’hôtel | 1931 | huile sur toile |
| Hotel Window | 1955 | huile sur toile |
| House by the Railroad | 1925 | huile sur toile |
| House by the Squam River | 1926 | aquarelle sur graphite sur papier |
| Le Bistro ou The Wine Shop | 1909 | huile sur toile |
| Le Pont des Arts | 1907 | huile sur toile |
| Le Pont Royal | 1909 | huile sur toile |
| Le Quai des Grands Augustins | 1909 | huile sur toile |
| Lighthouse and Buildings Portland Head | 1927 | aquarelle sur crayon graphite sur papier |
| Lighthouse Hill | 1927 | peinture à l’huile |
| Manhattan Bridge Loop | 1928 | huile sur toile |
| Model Sitting | vers 1902 | peinture à l’huile ; support non précisé |
| Soleil du matin | 1952 | huile sur toile |
| New York Movie | 1939 | huile sur toile |
| New York New Haven and Hartford | 1931 | huile sur toile |
| New York Office | 1962 | huile sur toile |
| New York Pavements | 1924–1925 | huile sur toile |
| New York Restaurant | vers 1922 | huile sur toile |
| Night Windows | 1928 | huile sur toile |
| Nighthawks | 1942 | huile sur toile |
| October on Cape Cod | 1946 | huile sur toile |
| Office at Night | 1940 | huile sur toile |
| Office in a Small City | 1953 | huile sur toile |
| Pennsylvania Coal Town | 1947 | huile sur toile |
| Gens au soleil | 1960 | huile sur toile |
| Portrait d’Orleans | 1950 | huile sur toile |
| Queensborough Bridge | 1913 | huile sur toile |
| Coucher de soleil sur la voie ferrée | 1929 | huile sur toile |
| Railroad Train | 1908 | huile sur toile |
| Route dans le Maine | 1914 | huile sur toile |
| Room in Brooklyn | 1932 | huile sur toile |
| Room in New York | 1932 | huile sur toile |
| Rooms by the Sea | 1951 | huile sur toile |
| Chambres pour touristes | 1945 | huile sur toile |
| Route 6 Eastham | 1941 | huile sur toile |
| Soleil au balcon | 1960 | huile sur toile |
| Autoportrait | 1925–1930 | huile sur toile |
| Self-Portrait with Hat (70.1903) | vers 1918, tirage posthume | pointe sèche |
| Seven A.M. | 1948 | huile sur toile |
| Soir Bleu | 1914 | huile sur toile |
| South Carolina Morning | 1955 | huile sur toile |
| Stairway at 48 Rue de Lille Paris | 1906 | huile sur bois |
| Étude pour 5 A.M. (70.153) | 1937 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour 5 A.M. (70.429) | 1937 | craie fabriquée et crayon graphite sur papier |
| Étude pour Approaching a City (70.869) | 1946 | craie fabriquée et fusain sur papier |
| Étude pour August in the City (70.158a-b) | 1945 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour August in the City (70.159) | 1945 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour Bridle Path (70.220) | 1939 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour Bridle Path (70.235) | 1939 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour Compartment C, Car 293 (70.430) | 1938 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour Compartment C, Car 293 (70.431a-b) | 1938 | craie fabriquée et fusain sur papier |
| Étude pour Conference at Night (70.170) | 1949 | craie fabriquée sur papier (recto); encre de machine à écrire sur papier (verso) |
| Étude pour Conference at Night (70.174) | 1949 | craie fabriquée sur papier (recto); encre de machine à écrire sur papier (verso) |
| Étude pour East Wind over Weehawken (70.249) | 1934 | crayon graphite sur papier |
| Étude pour East Wind over Weehawken (70.252) | 1934 | craie fabriquée et fusain sur papier |
| Étude pour Evening Wind (70.343a-b) | 1921 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour First Row Orchestra (70.841) | 1951 | craie fabriquée et fusain sur papier |
| Étude pour Gas (70.263) | 1940 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour Ground Swell (70.339) | 1939 | craie fabriquée, fusain et crayon graphite sur papier |
| Étude pour Hotel by a Railroad (70.199) | 1952 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour Hotel by a Railroad (70.427) | 1952 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour Hotel by a Railroad (70.428) | 1952 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour Hotel Lobby (70.117) | 1942 | craie fabriquée et crayon graphite sur papier |
| Étude pour Hotel Lobby (70.839) | 1942 | craie fabriquée et fusain sur papier |
| Étude pour Hotel Window (70.161) | 1955 | craie fabriquée, crayon graphite et crayon de couleur sur papier |
| Étude pour Morning Sun (70.243) | 1952 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour Morning Sun (70.244) | 1952 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour Morning Sun (70.290) | 1952 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour Morning Sun (70.291) | 1952 | craie fabriquée et crayon graphite sur papier |
| Étude pour New York Movie (70.273) | 1939 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour New York Movie (70.274a-b) | 1938 ou 1939 | craie fabriquée et fusain sur papier (recto); craie fabriquée sur papier (verso) |
| Étude pour New York Movie (70.455) | 1939 | craie fabriquée et fusain sur papier |
| Étude pour New York Office (70.822) | 1962 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour Nighthawks (70.192) | 1941 ou 1942 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour Nighthawks (70.193) | 1941 ou 1942 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour Office at Night (70.340) | 1940 | craie fabriquée et fusain sur papier |
| Étude pour Office at Night (70.341) | 1940 | craie fabriquée et crayon graphite sur papier |
| Étude pour Pennsylvania Coal Town (70.198) | 1947 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour Pennsylvania Coal Town (70.229) | 1947 | craie fabriquée et fusain sur papier |
| Étude pour Rooms for Tourists (70.438) | 1945 | craie fabriquée et fusain sur papier |
| Étude pour Rooms for Tourists (70.848) | 1945 | craie fabriquée et fusain sur papier |
| Étude pour Route 6, Eastham (70.369) | 1941 | craie fabriquée et crayon graphite sur papier |
| Étude pour Route 6, Eastham (70.854) | 1941 | craie fabriquée et crayon graphite sur papier |
| Étude pour South Carolina Morning (70.162a-b) | 1955 | craie fabriquée sur papier (recto et verso) |
| Étude pour The Sheridan Theatre (70.969) | 1937 | crayon graphite sur papier |
| Étude pour Two on the Aisle (70.128) | 1927 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour Two on the Aisle (70.129) | 1927 | craie fabriquée sur papier |
| Étude pour Yawl Riding a Swell (70.439) | 1935 | craie fabriquée et crayon graphite sur papier |
| Summer Evening | 1947 | huile sur toile |
| Summer Interior | 1909 | huile sur toile |
| Soleil dans une pièce vide | 1963 | huile sur toile |
| Sunlight in a Cafeteria | 1958 | huile sur toile |
| Soleil sur les brownstones | 1956 | huile sur toile |
| Tables pour dames | 1930 | huile sur toile |
| Les contrebandiers | 1925 | huile sur toile |
| The Camel's Hump | 1931 | huile sur toile |
| The Circle Theatre | 1936 | huile sur toile |
| The City | 1927 | huile sur toile |
| The Lighthouse at Two Lights | 1929 | huile sur toile |
| The Long Leg | 1935 | huile sur toile |
| The Mansard Roof | 1923 | aquarelle sur graphite sur papier |
| Le cinéma Sheridan | 1937 | huile sur toile |
| Tramp Steamer | 1908 | huile sur toile |
| Two Comedians | 1966 | huile sur toile |
| Two on the Aisle | 1927 | huile sur toile |
| Valley of the Seine | 1909 | huile sur toile |
| Western Motel | 1957 | huile sur toile |
Questions fréquentes
Edward Hopper a réalisé Chop Suey en 1929. [1]
La technique documentée est l’huile sur toile. [1]
Les plus grandes lettres de Chop Suey, d’Edward Hopper, appartiennent à une enseigne à l’extérieur du restaurant. Ses formes rouges et blanches coupées par le cadrage montent près d’une fenêtre, détournant l’attention des deux femmes à la table proche vers le monde commercial au-delà. Les femmes sont assez proches pour partager un repas ou une conversation, mais la pièce lumineuse fournit étonnamment peu d’indices de l’une ou l’autre activité. Une théière est présente ; une histoire développée est plus difficile à trouver.
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Regards des lecteurs
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Références
- Christie's, Chop Suey, 1929, An American Place: The Barney A. Ebsworth Collection, 2018, lot 12B, description de l’objet, provenance et essai de catalogue ; la déclaration de Carter Foster en 2013 sur les dessins connus est transmise par cet essai. Consulter la source.
- Franklin Kelly, Chop Suey, dans Twentieth-Century American Art: The Ebsworth Collection, National Gallery of Art, 2000, pages 136–139, notice de catalogue 30 et notes. Consulter la source.
- Charles W. Hayford, “Who’s Afraid of Chop Suey?”, Education About Asia 16, n° 3 (hiver 2011). Article complet et neuf notes consultés ; adaptation culturelle et entrepreneuriat dans la restauration, et non identification de l’établissement de Hopper. Consulter la source.
- Haiming Liu, “Chop Suey as Imagined Authentic Chinese Food: The Culinary Identity of Chinese Restaurants in the United States”, Journal of Transnational American Studies 1, n° 1 (2009), DOI 10.5070/T811006946. Introduction et sections choisies sur le développement des restaurants, PDF p. 2–11, et notes 37–38 ; l’article de journal de Bertram Reinitz de 1925 est transmis par Liu. Consulter la source.
- Carol Troyen, It was never about the food, The Magazine Antiques, 2016, discussion des motifs intérieurs et extérieurs de Chop Suey. Consulter la source.
- Patricia Junker, Edward Hopper’s Women, présentation de l’exposition, Seattle Art Museum, 13 novembre 2008–1er mars 2009. Vue d’ensemble complète de la commissaire ; le catalogue d’accompagnement intégral n’a pas été consulté. Consulter la source.
- Christie's, An American Place: The Barney A. Ebsworth Collection Evening Sale, résultats officiels, New York, 13 novembre 2018, vente 17448, en-tête et lot 12B ; les prix réalisés comprennent les frais acheteur. Consulter la source.
- Notice de collection ou de catalogue, American Village, 1912 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
- Notice de collection ou de catalogue, Soir Bleu, 1914 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
- Notice de collection ou de catalogue, House by the Railroad, 1925 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
- Notice de collection ou de catalogue, Automat, 1927 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
- Notice de collection ou de catalogue, Early Sunday Morning, 1930 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
- Notice de collection ou de catalogue, New York Movie, 1939 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
- Notice de collection ou de catalogue, Nighthawks, 1942 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
- Notice de collection ou de catalogue, Morning Sun, 1952 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
- Notice de collection ou de catalogue, Second Story Sunlight, 1960 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
- Notice de collection ou de catalogue, Two Comedians, 1966 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Route 6, Eastham, 1941, numéro d’acquisition 70.854 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Conference at Night, 1949, numéro d’acquisition 70.170 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for First Row Orchestra, 1951, numéro d’acquisition 70.841 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, (Bridge and Embankment), 1906, numéro d’acquisition 70.1298 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, (Seated Male Model, Bent Over), vers 1902–1903, numéro d’acquisition 70.1277 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Morning Sun, 1952, numéro d’acquisition 70.244 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Morning Sun, 1952, numéro d’acquisition 70.243 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Two on the Aisle, 1927, numéro d’acquisition 70.128 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for New York Office, 1962, numéro d’acquisition 70.822 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Two on the Aisle, 1927, numéro d’acquisition 70.129 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Pennsylvania Coal Town, 1947, numéro d’acquisition 70.229 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, (Rooftops), 1926, numéro d’acquisition 70.1114 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for South Carolina Morning, 1955, numéro d’acquisition 70.162a-b ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, (Self-Portrait), 1903–1906, numéro d’acquisition 70.1254 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, (Manhattan Bridge), 1925–1926, numéro d’acquisition 70.1098 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, (Solitary Figure in a Theater), vers 1902–1904, numéro d’acquisition 70.1418 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Approaching a City, 1946, numéro d’acquisition 70.869 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for August in the City, 1945, numéro d’acquisition 70.159 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Compartment C, Car 293, 1938, numéro d’acquisition 70.430 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Compartment C, Car 293, 1938, numéro d’acquisition 70.431a-b ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for East Wind over Weehawken, 1934, numéro d’acquisition 70.252 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for East Wind over Weehawken, 1934, numéro d’acquisition 70.249 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Evening Wind, 1921, numéro d’acquisition 70.343a-b ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for The Sheridan Theatre, 1937, numéro d’acquisition 70.969 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for New York Movie, 1939, numéro d’acquisition 70.455 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for New York Movie, 1939, numéro d’acquisition 70.273 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for New York Movie, 1938 ou 1939, numéro d’acquisition 70.274a-b ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for 5 A.M., 1937, numéro d’acquisition 70.153 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for 5 A.M., 1937, numéro d’acquisition 70.429 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, (Jo Sketching at Good Harbor Beach), 1923–1924, numéro d’acquisition 70.1129 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for August in the City, 1945, numéro d’acquisition 70.158a-b ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Morning Sun, 1952, numéro d’acquisition 70.291 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Morning Sun, 1952, numéro d’acquisition 70.290 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Office at Night, 1940, numéro d’acquisition 70.340 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Office at Night, 1940, numéro d’acquisition 70.341 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Hotel by a Railroad, 1952, numéro d’acquisition 70.427 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Hotel by a Railroad, 1952, numéro d’acquisition 70.199 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Hotel by a Railroad, 1952, numéro d’acquisition 70.428 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Hotel Lobby, 1942, numéro d’acquisition 70.117 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Hotel Lobby, 1942, numéro d’acquisition 70.839 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Conference at Night, 1949, numéro d’acquisition 70.174 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Hotel Window, 1955, numéro d’acquisition 70.161 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Pennsylvania Coal Town, 1947, numéro d’acquisition 70.198 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Route 6, Eastham, 1941, numéro d’acquisition 70.369 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Bridle Path, 1939, numéro d’acquisition 70.220 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Bridle Path, 1939, numéro d’acquisition 70.235 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Ground Swell, 1939, numéro d’acquisition 70.339 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Yawl Riding a Swell, 1935, numéro d’acquisition 70.439 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Rooms for Tourists, 1945, numéro d’acquisition 70.848 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Rooms for Tourists, 1945, numéro d’acquisition 70.438 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Nighthawks, 1941 ou 1942, numéro d’acquisition 70.193 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Nighthawks, 1941 ou 1942, numéro d’acquisition 70.192 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Study for Gas, 1940, numéro d’acquisition 70.263 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, Self-Portrait with Hat, vers 1918, tirage posthume, numéro d’acquisition 70.1903 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Whitney Museum of American Art, East Side Interior, 1922, numéro d’acquisition 70.1020 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
- Art Institute of Chicago, Selected Chronology for Edward Hopper ; chronologie de la formation, des voyages, des expositions, de New York et de Truro. Consulter la source.
- Emily C. Burns, Spectral figures: Edward Hopper’s empty Paris, chapitre 5 de Empty Spaces: Confronting Emptiness in National, Cultural and Urban Histories, 2019 ; chapitre et notes consultés intégralement. Consulter la source.
- Charles Brock, Regionalism and Folk Art, National Gallery of Art ; essai et deux notes consultés intégralement. Consulter la source.


