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par
Tom Gurney BSc (Hons) est spécialiste de l’histoire de l’art depuis plus de 20 ans

E-mail : tomgurney1@gmail.com / Téléphone : +44 7429 011000

Chop Suey : introduction

Les plus grandes lettres de Chop Suey, d’Edward Hopper, appartiennent à une enseigne à l’extérieur du restaurant. Ses formes rouges et blanches coupées par le cadrage montent près d’une fenêtre, détournant l’attention des deux femmes à la table proche vers le monde commercial au-delà. Les femmes sont assez proches pour partager un repas ou une conversation, mais la pièce lumineuse fournit étonnamment peu d’indices de l’une ou l’autre activité. Une théière est présente ; une histoire développée est plus difficile à trouver.

Hopper peint cette huile sur toile en 1929. Mesurant 32 sur 38 pouces, elle devient une œuvre majeure de la collection Barney A. Ebsworth avant sa vente aux enchères de 2018. [1] Le tableau est souvent abordé par ses personnages mystérieux, mais l’architecture et l’enseigne méritent autant d’attention. Une grande partie de son énergie se joue autour des personnes plutôt que dans une action sans équivoque entre elles.

En bref

  • ArtisteEdward Hopper [1]
  • Date1929 [1]
  • Techniquehuile sur toile [1]
  • Collection / noticeNot asserted [1]

Cette œuvre dans la carrière d’Edward Hopper

Sommaire

  1. Une table partagée par deux femmes
  2. D’autres clients, une autre profondeur
  3. L’enseigne à l’extérieur
  4. Un titre sino-américain dans une rue américaine
  5. Lumière du jour et couleur anguleuse
  6. Quand les lettres deviennent une forme architecturale
  7. Le bas de la fenêtre et le manteau suspendu
  8. Un restaurant sans repas visible
  9. Vêtement et présence publique
  10. Des femmes clientes plutôt qu’une histoire individuelle inventée

Une table partagée par deux femmes

Les deux femmes du premier plan occupent les côtés opposés d’une table blanche. La femme de face porte du vert et un chapeau sombre ombrage son front. Sa compagne nous tourne le dos, sa tête devenant une forme bleue arrondie au-dessus d’un pull plus pâle. Leurs positions donnent un accès inégal : un visage peut être examiné, tandis que l’autre reste largement soustrait au regard.

Cette asymétrie importe davantage que le simple fait qu’il y ait deux personnes. On peut scruter l’expression de la femme de face sans pouvoir la confronter à une réponse entièrement visible. Même si l’on imagine une conversation, son échange est incomplet depuis notre position.

Leurs corps rencontrent aussi la lumière différemment. Le visage pâle et le décolleté de la femme de face ressortent fortement au-dessus du vêtement vert. Le dos de sa compagne offre une zone plus large de couleur plus discrète, épaules et bras définissant sa manière d’être assise. Les deux figures participent au même cadre sans devenir des formes équivalentes.

La table les réunit, mais la surface blanche visible entre elles reste importante. Leurs mains n’établissent pas d’action commune manifeste. Hopper rend la compagnie physiquement possible tout en laissant ouverte la nature de la relation.

L’agencement n’est pas tout à fait celui d’un portrait privé rendu public. La tête de la femme de face s’inscrit parmi des zones de couleur plus grandes et plus affirmées : vêtement vert dessous, bleu et blanc au-delà de la fenêtre voisine et architecture chaude à droite. Son visage est une destination importante pour l’œil, mais sa force vient de son insertion dans ce motif environnant. L’isoler par un détail recadré produirait une rencontre différente.

Le dos de sa compagne rend la table proche plus convaincante dans l’espace. L’épaule et le chapeau chevauchent le cadre au-delà, établissant un corps intermédiaire entre nous et la fenêtre. Ce corps ne sert pas seulement à soustraire une seconde expression. Sa place au premier plan aide à comprendre la distance entre la table proche et le mur du fond.

Les deux positions décrivent aussi différentes manières possibles d’être vu au restaurant. Une personne peut être très visible pour une compagne en face et presque illisible pour quelqu’un assis derrière. Hopper fait éprouver cette inégalité au spectateur au sein d’un même duo. L’espace social de la pièce est constitué de plusieurs lignes de regard dont nous ne partageons que certaines.

C’est ce double travail, social et de composition, qui rend la seconde femme indispensable. La retirer ne rendrait pas simplement le tableau plus solitaire. Cela changerait l’orientation de la table, la profondeur du premier plan, le rythme des couleurs autour de la figure de face et la connaissance partielle accessible à l’observateur.

D’autres clients, une autre profondeur

Une seconde table apparaît plus loin à gauche. Un homme est montré de profil, tandis qu’une autre figure est en partie coupée par l’architecture environnante et le bord de la vue. Ce groupe plus petit empêche les femmes du premier plan d’être les seules occupantes du restaurant.

Les clients du fond occupent un autre registre visuel. Leurs formes sont plus sombres et plus comprimées, avec moins d’espace pour examiner leurs gestes. Ils établissent la profondeur de la pièce et son usage social sans développer un épisode séparé.

Cet intérieur est sélectionné dans un établissement plus vaste. Le tableau ne montre ni la cuisine, ni l’entrée, ni toutes les tables. Sa concentration sur deux groupes ne doit pas passer pour un relevé complet de la clientèle.

Les groupes ne forment pas non plus une chaîne de communication évidente. On peut déplacer l’attention d’une table à l’autre, mais les personnes ne s’organisent pas visiblement autour d’un événement commun. La pièce contient plusieurs histoires possibles à la fois, aucune assez développée pour s’imposer.

L’enseigne à l’extérieur

L’enseigne verticale apporte une forme inhabituellement puissante de langage dans l’image. On peut lire la partie visible du nom du restaurant, tandis que le reste dépasse la vue choisie. Son échelle implique une enseigne conçue pour attirer les passants dans la rue en dessous.

La notice de Franklin Kelly dans le catalogue de la National Gallery place le tableau parmi les sujets familiers de restaurants urbains et associe l’enseigne élevée à un établissement à l’étage. [2] L’image donne une place dans cet établissement plutôt qu’une vue complète de sa façade depuis le trottoir.

Le fond rouge et les lettres pâles de l’enseigne s’imposent visuellement. De petites formes répétées autour des lettres ajoutent un rythme mécanique, différent des contours plus doux des visages et des chapeaux. La publicité devient l’une des présences les plus voyantes du tableau, bien qu’aucun client ne soit montré y réagissant.

Le cadrage est tout aussi important. Une enseigne complète servirait peut-être surtout d’étiquette d’identification. Ici, les lettres deviennent aussi des formes logées dans la grande structure de la fenêtre. On les lit et on observe leur motif simultanément.

Un titre sino-américain dans une rue américaine

Les mots de l’enseigne appartiennent à l’histoire de l’entrepreneuriat sino-américain autant qu’à la composition de Hopper. L’historien Charles W. Hayford retrace le développement du chop suey par l’adaptation de la cuisine chinoise à la clientèle américaine et rejette un récit pittoresque unique de son invention. Il donne aux restaurateurs et cuisiniers sino-américains un rôle actif dans la création d’une culture alimentaire urbaine largement reconnue. [3] Le titre ne doit pas être traité comme le nom d’un objet inexplicablement étranger déposé dans une scène américaine par ailleurs refermée sur elle-même.

Haiming Liu examine de même la restauration comme une négociation entre entreprise immigrée, attentes locales et exclusion raciale. Il montre comment les restaurants de chop suey dépassent Chinatown et participent à l’alimentation métropolitaine ordinaire. [4] Cette histoire concerne les conditions qui rendent un tel restaurant familier ; elle n’identifie pas les propriétaires de la pièce particulière inventée par Hopper.

Le tableau rend cette présence culturelle voyante par les lettres plutôt que par un plat soigneusement décrit. On lit une offre commerciale plus aisément qu’on n’examine ce que consomment les clients. L’enseigne s’adresse à un public extérieur, tandis que les personnes à l’intérieur occupent leurs petits intervalles. La culture des restaurants sino-américains apparaît à la fois comme une catégorie publiquement annoncée et comme un cadre d’usage individuel.

Cette distinction élargit les questions sociales que peut soutenir la toile. La visibilité de l’enseigne n’est pas celle du travail qui fait fonctionner le restaurant. Cuisiniers et propriétaires n’ont pas besoin d’apparaître pour que l’établissement dépende d’eux. La vue sélectionnée par Hopper accorde une grande attention picturale aux clients et laisse largement hors cadre la production du restaurant. Reconnaître cette sélection enrichit l’image sans prétendre que le tableau documente ses travailleurs invisibles.

La pièce se concentre sur des clients particuliers dans cette histoire plus vaste de l’immigration. Son titre peut cependant ouvrir cette histoire et montre que l’intérieur américain apparemment ordinaire était déjà un lieu de rencontre culturelle.

Lumière du jour et couleur anguleuse

La fenêtre au fond à gauche contient des zones frappantes de bleu pâle, de bleu plus sombre et de blanc. Leurs bords se croisent en angles, créant un motif très différent des verticales plus stables des boiseries.

Ces formes extérieures ne sont pas un simple fond accessoire. Elles rivalisent avec les clients pour l’attention et étendent les parties les plus claires au-delà de la peau et du linge de table. La ville apporte couleur et géométrie autant qu’un cadre social.

Les entourages de fenêtre plus chauds maintiennent en place les zones froides. Bruns, oranges et tons dorés forment un cadre architectural substantiel autour des personnes. La distinction entre intérieur chaud et extérieur froid est forte sans être parfaitement uniforme.

La lumière sur la femme du premier plan participe aussi à cet agencement. Son visage se remarque par son rapport aux formes sombres et claires voisines. La visibilité ne produit pas nécessairement l’intimité psychologique : un visage bien éclairé peut rester difficile à interpréter.

L’historienne de l’art Carol Troyen attire particulièrement l’attention sur le contraste entre un motif extérieur animé et un intérieur relativement retenu. [5] Ce contraste invite utilement à détourner provisoirement le regard des figures. L’immobilité apparente du tableau dépend d’une composition environnante active.

Automat Edward Hopper
Comparer : Automat, 1927.

Quand les lettres deviennent une forme architecturale

L’enseigne change lorsque l’attention passe de la lecture au regard. Lues comme langage, ses lettres identifient le type de restaurant. Vues comme forme peinte, ce sont des figures pâles sur fond rouge, interrompues par les limites de la toile et les encadrements. Hopper les utilise comme informations sans soumettre leur poids visuel à leur signification.

Leur agencement relève aussi de deux positions de regard différentes. Une enseigne en saillie est destinée à être vue depuis la rue, où sa hauteur et sa force annoncent un commerce. Le spectateur du tableau la rencontre obliquement et de près, depuis l’intérieur. Un objet conçu pour une vue publique lointaine devient un grand voisin tronqué des clients.

L’effet est presque un renversement d’échelle. Un visage exige une attention soutenue malgré son importance pour un observateur humain ; une lettre peut s’imposer avec relativement peu de regard. Le tableau renvoie l’œil d’un type de reconnaissance à l’autre. On cherche une expression chez la femme et un nom sur l’enseigne, tandis que les surfaces colorées appartiennent toujours à une composition commune.

Les motifs extérieurs lumineux fonctionnent encore autrement. Ils offrent des fragments architecturaux plus faciles à saisir comme couleurs obliques que comme rue continue. Langage, ressemblance humaine et motif partiellement abstrait coexistent dans le même angle vitré. La simplicité apparente du cadre est donc trompeuse : il offre plusieurs informations visuelles distinctes sans laisser l’une expliquer toutes les autres.

C’est pourquoi la publicité ne doit pas être écartée comme détail de fond. Sa force contribue à déterminer la manière dont les femmes sont vues. Leurs gestes discrets se déroulent près d’un objet dont la fonction publique est d’attirer l’attention, ce que sa forme peinte continue à faire.

Le bas de la fenêtre et le manteau suspendu

La partie basse de la fenêtre droite contient une zone dorée à motifs. Elle interrompt une simple vue à travers le verre clair et introduit une autre surface où s’accumulent marques et couleurs. Ses détails se comprennent moins aisément que les grandes lettres au-dessus.

La fenêtre devient ainsi plus complexe qu’une ouverture transparente. Elle combine vues dehors, divisions architecturales et zones attirant l’attention comme surfaces peintes. Le sentiment du restaurant se construit à partir de ces différentes informations visuelles.

Un manteau pend près de la femme du premier plan. Sa couleur chaude et ses longs plis verticaux se distinguent des corps assis. Il ajoute un signe d’occupation sans introduire une autre personne dont il faudrait interpréter le visage ou les actions.

Ces détails donnent à la pièce un aspect utilisé. Ils ralentissent aussi notre parcours : une forme apparemment humaine devient un vêtement, une fenêtre devient en partie un plan à motifs et une publicité devient une suite de lettres coupées. Le cadre ordinaire récompense les examens répétés.

Un restaurant sans repas visible

La théière rouge offre un objet reconnaissable sur la table proche. Son corps arrondi diffère du contour plus tranché de la table blanche, donnant au premier plan un petit accent concentré.

Pourtant, le tableau ne rend pas d’abord compte de la consommation de nourriture. Des assiettes d’un plat nommé n’expliquent pas le titre, et le métier des femmes ne se déduit pas d’une commande de déjeuner. Ce que l’on voit le plus clairement est l’espace où pourrait se dérouler un repas.

La distinction protège l’image d’une lecture littérale trompeuse. Un nom de restaurant ne dit pas ce que ces clients ont commandé, si un plat vient d’être débarrassé ni depuis combien de temps ils sont assis. Ce sont des questions plausibles, non des faits fournis par la toile.

Par comparaison avec Tables pour dames, dont la présentation au premier plan rend visibles nourriture et service, Chop Suey se concentre sur les clients et l’architecture qui les entoure. La table blanche devient un intervalle entre les corps plutôt qu’une nature morte encombrée.

La table pâle relie des objets de tailles très différentes. La théière est une petite forme compacte ; les deux figures assises créent de plus grandes interruptions autour de la surface ; une zone lumineuse au-delà de la fenêtre appartient à une tout autre distance. La lumière relie ces passages à travers le tableau sans effacer leurs fonctions pratiques distinctes.

La table est particulièrement efficace parce que son contour n’est pas un rectangle neutre présenté de face. Ses bords orientent le premier plan et le corps de la femme proche empêche d’en examiner clairement l’ensemble. Il faut comprendre la surface par les portions visibles autour de ses bras et épaules. Un objet familier est à la fois établi et en partie caché par ses usagers.

Le rapport entre son dos pâle et la table est tout aussi important. Leur proximité pourrait aplatir les formes ensemble, mais les variations de couleur, de contour et les passages sombres voisins distinguent corps et meuble. L’image peut simplifier ce qu’elle montre sans faire lire chaque zone claire comme la même substance. Peau, vêtement, table et lumière du jour remplissent des fonctions différentes dans une gamme restreinte de clarté.

Ces distinctions donnent au tableau une vie visuelle indépendante d’une conversation imaginée. On peut suivre un contour autour d’une épaule, sur le bord de la table et vers l’enseigne sans apprendre un nouveau fait sur la relation des femmes. Le temps du regard est fécond, car le tableau fournit des rapports entre surfaces que la désignation du sujet n’épuise pas.

Vêtement et présence publique

Chapeaux et vêtements ajustés distinguent les femmes comme des personnes occupant un cadre public, dont l’apparence est préparée pour la ville au-delà de la fenêtre. Leurs habits restent assez précis pour compter sans identifier un métier.

Cette distinction est particulièrement importante lorsqu’on voit dans l’image les possibilités nouvelles offertes aux femmes. L’histoire des restaurants explique pourquoi ce type de rencontre devient intéressant comme sujet. Elle ne suffit pas à faire des deux personnes des secrétaires en pause déjeuner ni à établir leurs pensées sur leur indépendance.

Les grandes formes des vêtements ont aussi un rôle de composition. Le vert équilibre les boiseries chaudes, le chapeau bleu se détache de la fenêtre dorée et le dos plus pâle reçoit un autre accent que le torse de face. La mode est visible comme couleur et forme avant de servir de preuve à une interprétation sociale.

Le catalogue de Christie’s identifie Jo Hopper comme modèle pour les trois figures féminines. [1] Un modèle commun n’oblige pas à voir un reflet littéral, des jumelles ou un portrait de Jo dînant avec elle-même. Un modèle peut fournir plusieurs poses tandis que la peinture donne à chaque figure une place et un rôle différents.

Des femmes clientes plutôt qu’une histoire individuelle inventée

L’exposition de Patricia Junker Edward Hopper's Women, organisée au Seattle Art Museum en 2008–2009, place Chop Suey au centre d’un groupe consacré aux femmes occupant de nouveaux espaces sociaux dans la ville. Sa présentation relie ces images à la présence croissante des femmes dans le travail urbain quotidien et la vie publique. [6] Ce cadre historique est plus précis que l’affirmation générale selon laquelle chaque figure calme de Hopper serait solitaire.

Liu fournit un contexte contemporain concret par un article de journal de 1925 cité dans son étude, qui décrit des dactylographes, des employées du téléphone et des vendeuses déjeunant dans des restaurants chinois. [4] Il établit la plausibilité de telles clientes dans le monde des restaurants connu de Hopper. Il ne peut attribuer aux femmes du tableau l’un de ces métiers au seul motif qu’elles portent des vêtements à la mode.

Leur visibilité constitue elle-même une partie importante du sujet. Elles occupent une table à part entière, avec un autre duo au fond plutôt qu’un chaperon voyant contrôlant la scène. La composition demande une attention soutenue à leur présence, tout en donnant peu d’informations pratiques sur la journée qui les a amenées là.

Cette présence ne se réduit pas nécessairement à une célébration simple de la liberté. La pièce offre une occasion de se rencontrer tout en rendant les clients visibles aux inconnus. Chapeaux, vêtements et retenue corporelle peuvent servir à la fois la présentation publique et le confort privé. Hopper ne décide pas quelle considération compte le plus pour chacune.

L’interprétation historique est ici la plus forte lorsqu’elle conserve cette complexité. Savoir que la vie urbaine des femmes changeait explique l’importance possible de l’occasion ordinaire. Cela n’exige pas une biographie fictive où elles partagent un employeur, des difficultés financières ou une déception amoureuse. Leur statut de clientes est visible ; leur participation à une transformation sociale plus vaste est une question que le tableau aide à explorer.

La question d’un véritable restaurant

Le cadre a suscité la recherche d’un emplacement exact. L’essai de la vente de 2018 examine des rapprochements proposés avec des restaurants de Portland, dans le Maine, et le Far East Tea Garden près de Columbus Circle à New York. [1] Ces propositions doivent rester distinctes d’un intérieur identifié avec certitude et inchangé.

Mobilier, vêtements, vitrage, boiseries, enseigne et vaisselle rendent le restaurant aisément reconnaissable. Leur familiarité rend tentante une reconstitution littérale. Mais un cadre convaincant peut être assemblé, ajusté ou remémoré plutôt que copié depuis un point de vue fixe.

Le titre est moins précis géographiquement que New York Restaurant. Il nomme le type d’établissement par la nourriture annoncée. La scène acquiert ainsi une précision culturelle sans fournir d’adresse.

La position élevée de la fenêtre et la grande enseigne éclairent le rapport d’un tel lieu à la rue. Ce sont des indices visuels utiles même si le prototype précis reste indéterminé. Identifier le type d’espace peut être plus sûr que revendiquer une pièce exacte.

New York Restaurant Edward Hopper
Comparer : New York Restaurant, vers 1922.

John Sloan et une autre salle de restaurant

Kelly rapproche l’œuvre du tableau de John Sloan Chinese Restaurant de 1909, précisant qu’il était reproduit à côté d’un article écrit par Hopper sur Sloan en 1927. [2] Le lien situe le sujet de Hopper dans un intérêt existant pour la restauration urbaine ordinaire.

Dans le tableau de Sloan, des groupes de clients et un chat au sol occupent un intérieur plus largement décrit. Tables, meubles et personnes s’accumulent dans la salle. Comparer les œuvres rend particulièrement visible la sélection de Hopper : femmes proches, table blanche et grande fenêtre forment un agencement compact, avec peu d’activité périphérique.

La comparaison n’impose pas de conclure que Hopper a copié une disposition. Elle montre comment deux peintres rendent un restaurant lisible par différentes répartitions de figures et d’objets. Le sujet est partagé, tandis que l’expérience visuelle change.

Kelly souligne aussi l’importance des formes simplifiées et des couleurs fortes dans le tableau de Hopper. [2] On peut suivre directement cette idée dans la table, l’enseigne, les divisions de fenêtre et les bandes extérieures. Objets reconnaissables et motif affirmé occupent la même toile.

Un peintre écrivant sur un autre peintre

L’engagement publié de Hopper envers Sloan donne à la comparaison plus de substance qu’une ressemblance découverte par des spectateurs ultérieurs. Les notes du catalogue de Kelly identifient son article sous le titre “John Sloan and the Philadelphians”, publié dans The Arts en 1927, et précisent que Chinese Restaurant y était reproduit. [2] Deux ans avant de réaliser Chop Suey, Hopper participait à une discussion publique sur le peintre dont la scène de restaurant fournit aujourd’hui une comparaison utile.

Il importe de préciser la nature du lien. Une reproduction dans un article démontre disponibilité et engagement. Elle ne prouve pas que Hopper souhaitait corriger une composition par une autre ni que la toile ultérieure illustre un argument de sa prose. Les tableaux restent des œuvres indépendantes avec des agencements différents de personnes et d’espace.

La comparaison devient surtout féconde lorsqu’elle revient aux décisions visuelles. Sloan accumule des tables occupées dans son intérieur ; Hopper concentre son groupe proche à côté d’une fenêtre dominante. Le caractère public du restaurant peut être rendu par de nombreuses rencontres ou par le rapport entre clients, architecture et enseigne. Ce qui change est la répartition de l’attention, plutôt que le simple choix de peindre la vie ordinaire.

L’intérêt de Hopper pour Sloan complique aussi l’image d’un observateur entièrement autonome, détaché des autres artistes. La pièce calme s’élabore dans une carrière comprenant écriture, expositions et échanges professionnels. Sa retenue ne naît pas dans un vide culturel. Plusieurs peintres disposaient de sujets urbains reconnaissables, chacun pouvant en faire un ordre pictural différent.

Ce que les dessins ne nous disent pas

Le catalogue de 2018 cite la déclaration de Carter Foster en 2013 selon laquelle aucun dessin préparatoire n’était connu pour Chop Suey, Automat ou House by the Railroad. [1] Cette absence rapportée limite les transformations que l’on peut reconstituer. Elle ne prouve pas que le tableau soit apparu sans observation ni préparation.

La toile achevée reste une preuve de décisions : cadrage, emplacement de la table, séparation des figures et portion d’enseigne révélée. On peut étudier ces choix sans inventer des esquisses perdues ni une succession de poses imaginées.

Une comparaison avec Automat est particulièrement révélatrice. Sa fenêtre noire renvoie des lumières réfléchies dans l’intérieur ; ici, le verre met en évidence enseigne extérieure et lumière du jour. Une cliente seule devient un duo, sans qu’une personne de plus rende la relation entièrement lisible.

La collection et la vente de 2018

La provenance de la vente signale le tableau chez les Reed en 1950, les Cohen en 1968 et Ebsworth à partir de 1973. [1] Ces mentions décrivent son histoire de collection ; elles ne fournissent pas de biographies pour les femmes à table.

Le 13 novembre 2018, Christie’s vend Chop Suey à New York pour 91 875 000 dollars, frais acheteur compris. Le résultat officiel indique un acheteur anonyme. [7] Ce chiffre appartient à cette vente documentée, et non à une estimation actuelle ou à une révélation de l’identité du propriétaire présent.

L’ampleur de cette attention ultérieure peut facilement dominer l’analyse. Dans l’image, l’attention passe entre des éléments d’échelles très différentes : visage sous un chapeau, petite théière et lettres conçues pour attirer les gens dans la rue. L’enseigne annonce le lieu public plus fortement que les femmes ne se dévoilent. Regarder entre ces éléments conduit d’une conversation possible au grand motif urbain de couleurs, de commerce et de lumière.

Une image transportable et un objet irremplaçable

La vente de 2018 appartient à l’histoire moderne du tableau, mais le prix n’explique pas ce qui se passe entre les femmes et l’enseigne. Les données monétaires décrivent un échange de propriété. L’image décrit une autre rencontre commerciale, où théière, table blanche et publicité voyante placent les personnes dans un établissement largement invisible.

La reproduction introduit une autre distinction. La composition reste reconnaissable à petite échelle, car grandes zones colorées et lettres affirmées conservent leur organisation. Dans une petite image, la tête de la femme de face peut sembler inhabituellement vide, tandis que l’enseigne s’identifie presque sans effort. Sur une plus grande surface, les variations autour de la tête retiennent davantage l’attention, et le rapport entre corps et architecture environnante devient plus facile à suivre.

Les proportions de la toile comptent aussi. C’est une vue étirée horizontalement, mais beaucoup moins panoramique que Nighthawks. Le duo du premier plan occupe une grande partie de sa hauteur. Les femmes ne sont pas réduites à de petites habitantes d’une pièce éclairée bien plus vaste. L’architecture les presse de près, insistant particulièrement sur leur rapport physique à la table, au mur et à la fenêtre.

Cet ajustement serré est l’une des réussites durables du tableau. L’enseigne promet un lieu public que l’on peut nommer ; les femmes le rendent humain sans le rendre entièrement explicable. Les deux reconnaissances restent côte à côte. On sait plus facilement ce qui est annoncé que ce qui se passe entre les personnes entrées.

Répertoire des œuvres et des études

Ce répertoire documenté comprend des œuvres achevées et des études identifiées séparément. Il ne constitue pas un catalogue raisonné complet. Les titres liés ouvrent les articles ; les études sans lien sont identifiées par leurs numéros d’inventaire. Les aquarelles conservent leurs techniques documentées, et les estampes originales restent distinctes des reproductions.

156 œuvres

TitreDateTechnique
(Bridge and Embankment) (70.1298)1906huile sur bois
(Jo Sketching at Good Harbor Beach) (70.1129)1923–1924aquarelle et craie fabriquée sur papier
(Manhattan Bridge) (70.1098)1925–1926aquarelle et crayon graphite sur papier
(Rooftops) (70.1114)1926aquarelle et crayon graphite sur papier
(Seated Male Model, Bent Over) (70.1277)vers 1902–1903huile sur toile
(Self-Portrait) (70.1254)1903–1906huile sur toile
(Solitary Figure in a Theater) (70.1418)vers 1902–1904huile sur panneau
5 A.M.1937huile sur toile
Adam's House1928aquarelle et fusain sur papier
American Village1912huile sur toile
Apartment Houses1923huile sur toile
Approaching a City1946huile sur toile
August in the City1945huile sur toile
Automat1927huile sur toile
Barber Shop1931huile sur toile
Blackwell's Island1928huile sur toile
Bridge on the Seine1909huile sur toile
Piste cavalière1939huile sur toile
Burly Cobb's House South Truro1930–1933huile sur toile
Soir à Cape Cod1939huile sur toile
Matin à Cape Cod1950huile sur toile
Chair Car1965huile sur toile
Chop Suey1929huile sur toile
City Roofs1932huile sur toile
Coast Guard Station1929huile sur toile
Compartment C, Car 2931938huile sur toile
Conference at Night1949huile sur toile
Corn Hill1930huile sur toile
Dawn in Pennsylvania1942huile sur toile
Pharmacie1927huile sur toile
Early Sunday Morning1930huile sur toile
East Side Interior (70.1020)1922Etching
East Wind Over Weehawken1934huile sur toile
El Palacio1946aquarelle et crayon graphite sur papier
Eleven A.M.1926huile sur toile
Evening Wind1921etching
Excursion into Philosophy1959huile sur toile
First Row Orchestra1951huile sur toile
Freight Car at Truro1931aquarelle sur graphite sur papier
Gas1940huile sur toile
Girl at a Sewing Machinevers 1921huile sur toile
Gloucester Harbor1912huile sur toile
Ground Swell1939huile sur toile
Haskell's House1924aquarelle sur graphite sur carton
High Noon1949huile sur toile
Hill and Houses Cape Elizabeth Maine1927aquarelle sur crayon graphite
Hills South Truro1930huile sur toile
Hotel by a Railroad1952huile sur toile
Hotel Lobby1943huile sur toile
Chambre d’hôtel1931huile sur toile
Hotel Window1955huile sur toile
House by the Railroad1925huile sur toile
House by the Squam River1926aquarelle sur graphite sur papier
Le Bistro ou The Wine Shop1909huile sur toile
Le Pont des Arts1907huile sur toile
Le Pont Royal1909huile sur toile
Le Quai des Grands Augustins1909huile sur toile
Lighthouse and Buildings Portland Head1927aquarelle sur crayon graphite sur papier
Lighthouse Hill1927peinture à l’huile
Manhattan Bridge Loop1928huile sur toile
Model Sittingvers 1902peinture à l’huile ; support non précisé
Soleil du matin1952huile sur toile
New York Movie1939huile sur toile
New York New Haven and Hartford1931huile sur toile
New York Office1962huile sur toile
New York Pavements1924–1925huile sur toile
New York Restaurantvers 1922huile sur toile
Night Windows1928huile sur toile
Nighthawks1942huile sur toile
October on Cape Cod1946huile sur toile
Office at Night1940huile sur toile
Office in a Small City1953huile sur toile
Pennsylvania Coal Town1947huile sur toile
Gens au soleil1960huile sur toile
Portrait d’Orleans1950huile sur toile
Queensborough Bridge1913huile sur toile
Coucher de soleil sur la voie ferrée1929huile sur toile
Railroad Train1908huile sur toile
Route dans le Maine1914huile sur toile
Room in Brooklyn1932huile sur toile
Room in New York1932huile sur toile
Rooms by the Sea1951huile sur toile
Chambres pour touristes1945huile sur toile
Route 6 Eastham1941huile sur toile
Soleil au balcon1960huile sur toile
Autoportrait1925–1930huile sur toile
Self-Portrait with Hat (70.1903)vers 1918, tirage posthumepointe sèche
Seven A.M.1948huile sur toile
Soir Bleu1914huile sur toile
South Carolina Morning1955huile sur toile
Stairway at 48 Rue de Lille Paris1906huile sur bois
Étude pour 5 A.M. (70.153)1937craie fabriquée sur papier
Étude pour 5 A.M. (70.429)1937craie fabriquée et crayon graphite sur papier
Étude pour Approaching a City (70.869)1946craie fabriquée et fusain sur papier
Étude pour August in the City (70.158a-b)1945craie fabriquée sur papier
Étude pour August in the City (70.159)1945craie fabriquée sur papier
Étude pour Bridle Path (70.220)1939craie fabriquée sur papier
Étude pour Bridle Path (70.235)1939craie fabriquée sur papier
Étude pour Compartment C, Car 293 (70.430)1938craie fabriquée sur papier
Étude pour Compartment C, Car 293 (70.431a-b)1938craie fabriquée et fusain sur papier
Étude pour Conference at Night (70.170)1949craie fabriquée sur papier (recto); encre de machine à écrire sur papier (verso)
Étude pour Conference at Night (70.174)1949craie fabriquée sur papier (recto); encre de machine à écrire sur papier (verso)
Étude pour East Wind over Weehawken (70.249)1934crayon graphite sur papier
Étude pour East Wind over Weehawken (70.252)1934craie fabriquée et fusain sur papier
Étude pour Evening Wind (70.343a-b)1921craie fabriquée sur papier
Étude pour First Row Orchestra (70.841)1951craie fabriquée et fusain sur papier
Étude pour Gas (70.263)1940craie fabriquée sur papier
Étude pour Ground Swell (70.339)1939craie fabriquée, fusain et crayon graphite sur papier
Étude pour Hotel by a Railroad (70.199)1952craie fabriquée sur papier
Étude pour Hotel by a Railroad (70.427)1952craie fabriquée sur papier
Étude pour Hotel by a Railroad (70.428)1952craie fabriquée sur papier
Étude pour Hotel Lobby (70.117)1942craie fabriquée et crayon graphite sur papier
Étude pour Hotel Lobby (70.839)1942craie fabriquée et fusain sur papier
Étude pour Hotel Window (70.161)1955craie fabriquée, crayon graphite et crayon de couleur sur papier
Étude pour Morning Sun (70.243)1952craie fabriquée sur papier
Étude pour Morning Sun (70.244)1952craie fabriquée sur papier
Étude pour Morning Sun (70.290)1952craie fabriquée sur papier
Étude pour Morning Sun (70.291)1952craie fabriquée et crayon graphite sur papier
Étude pour New York Movie (70.273)1939craie fabriquée sur papier
Étude pour New York Movie (70.274a-b)1938 ou 1939craie fabriquée et fusain sur papier (recto); craie fabriquée sur papier (verso)
Étude pour New York Movie (70.455)1939craie fabriquée et fusain sur papier
Étude pour New York Office (70.822)1962craie fabriquée sur papier
Étude pour Nighthawks (70.192)1941 ou 1942craie fabriquée sur papier
Étude pour Nighthawks (70.193)1941 ou 1942craie fabriquée sur papier
Étude pour Office at Night (70.340)1940craie fabriquée et fusain sur papier
Étude pour Office at Night (70.341)1940craie fabriquée et crayon graphite sur papier
Étude pour Pennsylvania Coal Town (70.198)1947craie fabriquée sur papier
Étude pour Pennsylvania Coal Town (70.229)1947craie fabriquée et fusain sur papier
Étude pour Rooms for Tourists (70.438)1945craie fabriquée et fusain sur papier
Étude pour Rooms for Tourists (70.848)1945craie fabriquée et fusain sur papier
Étude pour Route 6, Eastham (70.369)1941craie fabriquée et crayon graphite sur papier
Étude pour Route 6, Eastham (70.854)1941craie fabriquée et crayon graphite sur papier
Étude pour South Carolina Morning (70.162a-b)1955craie fabriquée sur papier (recto et verso)
Étude pour The Sheridan Theatre (70.969)1937crayon graphite sur papier
Étude pour Two on the Aisle (70.128)1927craie fabriquée sur papier
Étude pour Two on the Aisle (70.129)1927craie fabriquée sur papier
Étude pour Yawl Riding a Swell (70.439)1935craie fabriquée et crayon graphite sur papier
Summer Evening1947huile sur toile
Summer Interior1909huile sur toile
Soleil dans une pièce vide1963huile sur toile
Sunlight in a Cafeteria1958huile sur toile
Soleil sur les brownstones1956huile sur toile
Tables pour dames1930huile sur toile
Les contrebandiers1925huile sur toile
The Camel's Hump1931huile sur toile
The Circle Theatre1936huile sur toile
The City1927huile sur toile
The Lighthouse at Two Lights1929huile sur toile
The Long Leg1935huile sur toile
The Mansard Roof1923aquarelle sur graphite sur papier
Le cinéma Sheridan1937huile sur toile
Tramp Steamer1908huile sur toile
Two Comedians1966huile sur toile
Two on the Aisle1927huile sur toile
Valley of the Seine1909huile sur toile
Western Motel1957huile sur toile

Questions fréquentes

Quand Chop Suey a-t-il été réalisé ?

Edward Hopper a réalisé Chop Suey en 1929. [1]

Quelle est la technique de Chop Suey ?

La technique documentée est l’huile sur toile. [1]

Que peut-on observer dans Chop Suey ?

Les plus grandes lettres de Chop Suey, d’Edward Hopper, appartiennent à une enseigne à l’extérieur du restaurant. Ses formes rouges et blanches coupées par le cadrage montent près d’une fenêtre, détournant l’attention des deux femmes à la table proche vers le monde commercial au-delà. Les femmes sont assez proches pour partager un repas ou une conversation, mais la pièce lumineuse fournit étonnamment peu d’indices de l’une ou l’autre activité. Une théière est présente ; une histoire développée est plus difficile à trouver.

Discussion

Revenez sur les images et les idées étudiées dans Chop Suey. Ces pistes de la rédaction invitent à partager vos observations.

Regards des lecteurs

Piste de la rédaction · Observation rapprochée

Quelle limite, quel geste ou quel changement de lumière retient d’abord votre attention dans Chop Suey?

Piste de la rédaction · Comparaison

Comparez Automat avec Chop Suey. Quelle différence visuelle compte le plus dans votre lecture ?

Piste de la rédaction · Un second regard

Quel détail regarderiez-vous de nouveau après avoir lu « L’enseigne à l’extérieur » ?

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Références

  1. Christie's, Chop Suey, 1929, An American Place: The Barney A. Ebsworth Collection, 2018, lot 12B, description de l’objet, provenance et essai de catalogue ; la déclaration de Carter Foster en 2013 sur les dessins connus est transmise par cet essai. Consulter la source.
  2. Franklin Kelly, Chop Suey, dans Twentieth-Century American Art: The Ebsworth Collection, National Gallery of Art, 2000, pages 136–139, notice de catalogue 30 et notes. Consulter la source.
  3. Charles W. Hayford, “Who’s Afraid of Chop Suey?”, Education About Asia 16, n° 3 (hiver 2011). Article complet et neuf notes consultés ; adaptation culturelle et entrepreneuriat dans la restauration, et non identification de l’établissement de Hopper. Consulter la source.
  4. Haiming Liu, “Chop Suey as Imagined Authentic Chinese Food: The Culinary Identity of Chinese Restaurants in the United States”, Journal of Transnational American Studies 1, n° 1 (2009), DOI 10.5070/T811006946. Introduction et sections choisies sur le développement des restaurants, PDF p. 2–11, et notes 37–38 ; l’article de journal de Bertram Reinitz de 1925 est transmis par Liu. Consulter la source.
  5. Carol Troyen, It was never about the food, The Magazine Antiques, 2016, discussion des motifs intérieurs et extérieurs de Chop Suey. Consulter la source.
  6. Patricia Junker, Edward Hopper’s Women, présentation de l’exposition, Seattle Art Museum, 13 novembre 2008–1er mars 2009. Vue d’ensemble complète de la commissaire ; le catalogue d’accompagnement intégral n’a pas été consulté. Consulter la source.
  7. Christie's, An American Place: The Barney A. Ebsworth Collection Evening Sale, résultats officiels, New York, 13 novembre 2018, vente 17448, en-tête et lot 12B ; les prix réalisés comprennent les frais acheteur. Consulter la source.
  8. Notice de collection ou de catalogue, American Village, 1912 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
  9. Notice de collection ou de catalogue, Soir Bleu, 1914 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
  10. Notice de collection ou de catalogue, House by the Railroad, 1925 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
  11. Notice de collection ou de catalogue, Automat, 1927 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
  12. Notice de collection ou de catalogue, Early Sunday Morning, 1930 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
  13. Notice de collection ou de catalogue, New York Movie, 1939 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
  14. Notice de collection ou de catalogue, Nighthawks, 1942 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
  15. Notice de collection ou de catalogue, Morning Sun, 1952 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
  16. Notice de collection ou de catalogue, Second Story Sunlight, 1960 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
  17. Notice de collection ou de catalogue, Two Comedians, 1966 ; technique et identité selon l’article lié. Consulter la source.
  18. Whitney Museum of American Art, Study for Route 6, Eastham, 1941, numéro d’acquisition 70.854 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  19. Whitney Museum of American Art, Study for Conference at Night, 1949, numéro d’acquisition 70.170 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  20. Whitney Museum of American Art, Study for First Row Orchestra, 1951, numéro d’acquisition 70.841 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  21. Whitney Museum of American Art, (Bridge and Embankment), 1906, numéro d’acquisition 70.1298 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  22. Whitney Museum of American Art, (Seated Male Model, Bent Over), vers 1902–1903, numéro d’acquisition 70.1277 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  23. Whitney Museum of American Art, Study for Morning Sun, 1952, numéro d’acquisition 70.244 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  24. Whitney Museum of American Art, Study for Morning Sun, 1952, numéro d’acquisition 70.243 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  25. Whitney Museum of American Art, Study for Two on the Aisle, 1927, numéro d’acquisition 70.128 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  26. Whitney Museum of American Art, Study for New York Office, 1962, numéro d’acquisition 70.822 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  27. Whitney Museum of American Art, Study for Two on the Aisle, 1927, numéro d’acquisition 70.129 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  28. Whitney Museum of American Art, Study for Pennsylvania Coal Town, 1947, numéro d’acquisition 70.229 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  29. Whitney Museum of American Art, (Rooftops), 1926, numéro d’acquisition 70.1114 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  30. Whitney Museum of American Art, Study for South Carolina Morning, 1955, numéro d’acquisition 70.162a-b ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  31. Whitney Museum of American Art, (Self-Portrait), 1903–1906, numéro d’acquisition 70.1254 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  32. Whitney Museum of American Art, (Manhattan Bridge), 1925–1926, numéro d’acquisition 70.1098 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  33. Whitney Museum of American Art, (Solitary Figure in a Theater), vers 1902–1904, numéro d’acquisition 70.1418 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  34. Whitney Museum of American Art, Study for Approaching a City, 1946, numéro d’acquisition 70.869 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  35. Whitney Museum of American Art, Study for August in the City, 1945, numéro d’acquisition 70.159 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  36. Whitney Museum of American Art, Study for Compartment C, Car 293, 1938, numéro d’acquisition 70.430 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  37. Whitney Museum of American Art, Study for Compartment C, Car 293, 1938, numéro d’acquisition 70.431a-b ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  38. Whitney Museum of American Art, Study for East Wind over Weehawken, 1934, numéro d’acquisition 70.252 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  39. Whitney Museum of American Art, Study for East Wind over Weehawken, 1934, numéro d’acquisition 70.249 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  40. Whitney Museum of American Art, Study for Evening Wind, 1921, numéro d’acquisition 70.343a-b ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  41. Whitney Museum of American Art, Study for The Sheridan Theatre, 1937, numéro d’acquisition 70.969 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  42. Whitney Museum of American Art, Study for New York Movie, 1939, numéro d’acquisition 70.455 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  43. Whitney Museum of American Art, Study for New York Movie, 1939, numéro d’acquisition 70.273 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  44. Whitney Museum of American Art, Study for New York Movie, 1938 ou 1939, numéro d’acquisition 70.274a-b ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  45. Whitney Museum of American Art, Study for 5 A.M., 1937, numéro d’acquisition 70.153 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  46. Whitney Museum of American Art, Study for 5 A.M., 1937, numéro d’acquisition 70.429 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  47. Whitney Museum of American Art, (Jo Sketching at Good Harbor Beach), 1923–1924, numéro d’acquisition 70.1129 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  48. Whitney Museum of American Art, Study for August in the City, 1945, numéro d’acquisition 70.158a-b ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  49. Whitney Museum of American Art, Study for Morning Sun, 1952, numéro d’acquisition 70.291 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  50. Whitney Museum of American Art, Study for Morning Sun, 1952, numéro d’acquisition 70.290 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  51. Whitney Museum of American Art, Study for Office at Night, 1940, numéro d’acquisition 70.340 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  52. Whitney Museum of American Art, Study for Office at Night, 1940, numéro d’acquisition 70.341 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  53. Whitney Museum of American Art, Study for Hotel by a Railroad, 1952, numéro d’acquisition 70.427 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  54. Whitney Museum of American Art, Study for Hotel by a Railroad, 1952, numéro d’acquisition 70.199 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  55. Whitney Museum of American Art, Study for Hotel by a Railroad, 1952, numéro d’acquisition 70.428 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  56. Whitney Museum of American Art, Study for Hotel Lobby, 1942, numéro d’acquisition 70.117 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  57. Whitney Museum of American Art, Study for Hotel Lobby, 1942, numéro d’acquisition 70.839 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  58. Whitney Museum of American Art, Study for Conference at Night, 1949, numéro d’acquisition 70.174 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  59. Whitney Museum of American Art, Study for Hotel Window, 1955, numéro d’acquisition 70.161 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  60. Whitney Museum of American Art, Study for Pennsylvania Coal Town, 1947, numéro d’acquisition 70.198 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  61. Whitney Museum of American Art, Study for Route 6, Eastham, 1941, numéro d’acquisition 70.369 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  62. Whitney Museum of American Art, Study for Bridle Path, 1939, numéro d’acquisition 70.220 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  63. Whitney Museum of American Art, Study for Bridle Path, 1939, numéro d’acquisition 70.235 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  64. Whitney Museum of American Art, Study for Ground Swell, 1939, numéro d’acquisition 70.339 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  65. Whitney Museum of American Art, Study for Yawl Riding a Swell, 1935, numéro d’acquisition 70.439 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  66. Whitney Museum of American Art, Study for Rooms for Tourists, 1945, numéro d’acquisition 70.848 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  67. Whitney Museum of American Art, Study for Rooms for Tourists, 1945, numéro d’acquisition 70.438 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  68. Whitney Museum of American Art, Study for Nighthawks, 1941 ou 1942, numéro d’acquisition 70.193 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  69. Whitney Museum of American Art, Study for Nighthawks, 1941 ou 1942, numéro d’acquisition 70.192 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  70. Whitney Museum of American Art, Study for Gas, 1940, numéro d’acquisition 70.263 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  71. Whitney Museum of American Art, Self-Portrait with Hat, vers 1918, tirage posthume, numéro d’acquisition 70.1903 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  72. Whitney Museum of American Art, East Side Interior, 1922, numéro d’acquisition 70.1020 ; notice de l’objet précis. Consulter la source.
  73. Art Institute of Chicago, Selected Chronology for Edward Hopper ; chronologie de la formation, des voyages, des expositions, de New York et de Truro. Consulter la source.
  74. Emily C. Burns, Spectral figures: Edward Hopper’s empty Paris, chapitre 5 de Empty Spaces: Confronting Emptiness in National, Cultural and Urban Histories, 2019 ; chapitre et notes consultés intégralement. Consulter la source.
  75. Charles Brock, Regionalism and Folk Art, National Gallery of Art ; essai et deux notes consultés intégralement. Consulter la source.